Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

 

Bien préparé par les deux présidences précédentes, dont une dite « de gauche », le tournant ultra-libéral austéritaire du monarque censé en 2017 nous protéger contre le Front National frappe par sa violence, sa rapidité sidérante et son absolutisme.

Par Khan Did

Toute apparence de démocratie a été abolie, la « concertation » consiste à honorer les partenaires sociaux de l'exposé des décisions prises, la destruction du code du travail élaboré pour protéger les salariés et les indépendants, a été menée par ordonnances, même pas le simulacre d'une présentation à un Parlement pourtant à la botte, même menace pour la SNCF, obligation est faite aux fonctionnaires (feignasses!) de l'Éducation d'appliquer des réformes inégalitaires non encore votées, on démantèle les droits des chômeurs en vertu d'une indispensable formation. On rappelle cependant que seuls 120 000 postes ne sont pas pourvus alors qu'il y a 6 millions de chômeurs.

On trouve que les licenciements financiers qui se multiplient témoignent d'un excellent management

On réduit les APL, alors que plus de la moitié des étudiants sont obligés de travailler pour financer leurs études, on réduit les primes aux handicapés, on supprime le statut des cheminots, car chacun sait que c'est ce statut qui fait arriver les trains en retard, on va noblement déléguer aux Régions, qui n'en ont pas les moyens financiers, les postes déficitaires des TER et des Intercités, et on va privatiser (mais non, voyons!) la SNCF comme la Poste pour pouvoir faire du dumping social. On en a vu les merveilleux effets en Grande Bretagne ...
Pour 100 à 150 millions d'euros espérés en 10 ans, on détruit le service public à grande vitesse c'est-à-dire ce à quoi nous donnent droit nos impôts et on tourne le dos résolument à l'indispensable transition écologique au profit des bus Macron !

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Au sujet de la SNCF, avec une tranquille arrogance, monsieur C. Castaner s'autorise à proférer : « les tabous et les privilèges sont des sujets qu'il faut oser assumer de mettre sur la table. » Sûr que ça va convaincre les Français indignés des salaires des cheminots comparés à ceux bien moindres d'un ministre de la République...
C'est en tout cas la méthode.

Reste la Santé à achever de privatiser et on en voit le résultat dans les EHPAD, les « soins » en Psychiatrie (cf le rapport d'Adeline Azam, contrôleuse des libertés (1)), et à l'hôpital. Vite, la marchandisation des soins, la rentabilité, la compétitivité, la déshumanisation, et déjà nous sommes passés de la première à la quinzième place mondiale pour la qualité de soins (The Lancet 2017). Les conséquences financières et humaines en sont dramatiques. Mais il faut continuer à détruire le service public, et notamment celui, auparavant excellent, de la Santé, de Notre Santé.

Et, « en même temps », on triple le nombre des contrôleurs de chômeurs - ces feignants- on crée des postes pour contrôler les migrants en centre de rétention, on abolit l'impôt sur la fortune en taxant, et encore seulement à 30 % les seuls patrimoines immobiliers, tout en soumettant les retraités, ces privilégiés, à la CSG permettant de supprimer les cotisations sociales des salariés, c'est à dire leur droit à ce salaire différé qu'est la retraite et aux soins de santé.. On fait les lois du MEDEF, on poursuit mollement les fraudeurs fiscaux (sinon, ils s'en iraient, peuchère). On trouve que les licenciements financiers qui se multiplient témoignent d'un excellent management.

Mais on fait, à l'instar du regretté Roi Soleil, les « jeudis de l'Élysée » où le monarque déclame et récite. Nous sommes en monarchie absolutiste.

Allons-nous rester hébétés longtemps à subir une politique encore pire que celles de Thatcher, Reagan ou Schroëder, dont on a vu les conséquences sur l'appauvrissement des classes moyennes et inférieures ? Allons-nous accepter de vivre ce que vivent les Grecs depuis onze ans, et l'ensemble des peuples européens, avec un douloureux échec économique et une destruction sociétale entraînant la montée du fascisme et de la violence ?

(1) : http://www.cglpl.fr/wp-content/uploads/2017/04/Rapport-2016-3es_web.pdf