Par Visa

VISA ( Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) est une association syndicale qui se veut être un outil d'information et de réflexion pour toutes les forces syndicales qui le souhaitent afin de lutter collectivement contre l'implantation et l'audience de l'extrême droite dans le monde du travail.
Vous trouverez dans cette nouvelle rubrique, tenue et signée par Visa, une chronologie des actions intentées par l'extrême droite localement.

Début janvier.

Yvan Vialette, délégué CGT mairie, explique dans le journal La Marseillaise les changements intervenus à la mairie ces derniers mois. "Les agents municipaux ont un traitement mensuel, qui est indiciaire, et un régime indemnitaire, également mensuel.

L'ancien DGS de Couderc, Jean-Pierre Galan, avait mis en place un régime de primes basé sur le poste. Les Indemnités de fonction de sujétions et d'expertise (IFSE) vont de 9, pour les agents de catégorie C, à 1, pour les cadres A. Là, ils vont mettre en place des paliers à l'intérieur de ces IFSE. Pour la catégorie C, cela va de 90 € à 280 €, pour la directrice des services, cela va de 820 € à 2 900 €.

" Très égalitaire ces primes... Le syndicaliste dénonce cette mise en place : "Elle va se faire dans la plus grande opacité. C'est la porte ouverte à un clientélisme encore plus important qu'il ne l'était déjà. En plus, si le maire veut vous muter, il peut vous changer d'IFSE et vous perdez de l'argent. Ils ont dit que personne ne perdra 1 €, mais ils ont toujours dit que l'enveloppe serait fixe.

Donc, s'ils veulent augmenter des gens au niveau du mérite, il va bien falloir qu'ils prennent de l'argent quelque part." Autre prime qui divise, le Complément indemnitaire annuel (CIA). "Il sera effectif en 2019 et il sera mis en place au "mérite" sans aucune transparence dans l'attribution. Le mérite, ce n'est pas seulement de faire son boulot correctement.

Il faut aussi rester jusqu'à 19 h le soir, c'est faire le boulot du copain qui est absent, c'est porter l'image de marque de la Ville à l'extérieur, y compris dans sa vie privée. Comme le maire veut que le CIA soit significatif, une minorité va se gaver et la grande majorité n'aura rien." Mais ce n'est pas tout "Les primes vont être réduites en fonction du nombre de jours d'absence. Un agent qui est malade trois jours, il aura 3/30e de prime en moins.

La DGS a eu cette phrase magique : "Avec la gastro, on peut venir travailler en se désinfectant les mains avec des lotions alcoolisées. Et si quelqu'un est malade et qu'il ne veut pas perdre d'argent, il n'a qu'à prendre des congés". Et dire que certains pensent que l'extrême droite défend les travailleurs...

8 janvier

Suite à la conférence de presse organisée par Visa 34 à la Bourse du travail, Robert Ménard s'est fendu d'une lettre qu'il a adressée à tous les syndicats, les prévenant qu'il remettrait en cause le contrat signé entre la mairie et les syndicats si ces derniers persistaient à tenir des réunions et autres conférences pour faire de la politique.

Seul Solidaires 34 a répondu en disant être en conformité avec ses statuts.... Les autres syndicats ont préféré ignorer ce courrier... Une chose est sûre, c'est que les retentissements inespérés de cette réunion et l'unité qui s'est dégagée entre les quatre syndicats CGT, CFDT, FSU et Solidaire prouvent que le travail lancé par Visa 34 est sur la bonne voie.

9 janvier

Une cinquantaine de policiers à l'appel du syndicat Unité SGP-FO police se sont réunis devant le commissariat pour exprimer leur ras-le-bol et leur colère sécuritaire suscités par des agressions à répétition dont ils se disent victimes. "Nous ne faisons plus peur, regrette Sylvie. « Il faut mettre un coup d'arrêt à la haine anti-flic » assure un autre ou encore « De véritables scènes de guet-apens et d'agressions sauvages ont eu lieu contre nos collègues. Cela ne peut plus durer ». Pourtant leur métier est par nature forcément à haut risque, alors comment comprendre que certains policiers disent sans complexe : "Il faut que la peur change de camp ».

Tous ces policiers « veulent renforcer l'arsenal législatif par des peines minimums, des peines plancher pour tous ceux qui agressent les flics et révoquer systématiquement le sursis pour leurs auteurs » alors que nous savons tous que les prisons sont déjà surpeuplées. Comme par hasard, Robert Ménard et sa femme s'étaient joints au rassemblement, ainsi qu'Henri Bec, ancien procureur de la République et aujourd'hui conseiller départemental FN.

10 janvier

Article dans le Midi Libre et aussi dans la Marseillaise le 23 janvier


Depuis trois ans, un groupe de musique aux paroles xénophobes du style « Foutez le camp », « Le grand remplacement », « France, notre terre » appelé les Brigandes, s'est installé au nord de Béziers, dans le petit village de la Salvetat-sur-Agout. Ce groupe est fortement soupçonné de servir de façade à une communauté sectaire dominée par un gourou, un certain Joël LaBruyère qui se fait aussi appeler Elihoé, Mister Kevin ou Joël Barka.

D'ailleurs, une plainte pour « abus de faiblesse », « travail dissimulé » et« violences volontaires » a été déposée contre lui par cinq anciens adeptes dans les Hautes-Pyrénées, là où résidait auparavant le groupe. Ils y décrivent la « totale soumission » exigée par le « chef » aux « monologues interminables » qui amène de jeunes gens à « rompre avec la famille, les amis », contrôle sur les comptes bancaires personnels, capte des héritages... »

Les services de l'État dans l'Hérault ont été informés de la déscolarisation à la rentrée 2017 de cinq enfants du groupe qui prône la formation de « clans » pour lutter contre une « dégénérescence » de la « civilisation européenne » et qualifie l'Éducation nationale de « viol psychique de masse ».

Pourtant ils possèdent un studio d'enregistrement et une boutique juste à côté de la mairie. Là, les membres de la communauté y accueillent le public pour propager leurs idées... Mais fin novembre 2017, le groupe est passé un cran au-dessus au niveau des menaces. Ce jour-là, Thierry Canals, qui milite dans la France insoumise, a été abordé par trois des membres des Brigandes. "Ils m'ont menacé et m'ont dit que si je continuais à parler d'eux, ça allait très mal se terminer pour moi" explique-t'il.

Déjà en juillet dernier, alors qu'il était absent de son domicile, trois hommes gravitant dans l'entourage des Brigandes ont fait irruption dans sa propriété. À sa jeune fille, seule présente ce jour-là, ils ont dit vouloir transmettre "un message" à son père. Thierry Canals, qui a porté plainte en novembre confirme que depuis « J'ai reçu des messages de soutien mais les gens, dans leur majorité, ont peur et ne veulent pas se mettre en avant pour dénoncer leur présence".

Une semaine après cette opération d'intimidation les Brigandes ont fait parler d'eux en frappant le directeur d'un journal d'extrême droite qui les avait accusé d'être "les adeptes d'une secte satanique". Hasard ou coïncidence, les Brigandes ont le soutien du groupuscule identitaire de la Ligue du Midi qui avait saccagé un local d'une association de soutien aux demandeurs d'asile à Montpellier.

18 janvier

Le permis de construire pour la reconversion de l'aile Champeau, attenante au palais des Évêques, a été accordé. Il concerne la réalisation de 12 appartements de grand standing. L'architecte François Thoulouze qui a remporté, avec le promoteur immobilier Les Villages d'Or, l'appel à projets précise : « Actuellement, il n'y a aucune date prévue pour démarrer les travaux. Le permis est valable trois ans. Il peut être renouvelé deux fois pour une durée d'un an. Il faut attendre de voir s'il y a des recours déposés. La période est de deux mois. Ensuite, c'est le promoteur des Villages d'Or, Jean-Luc Estournet, qui décidera à quel moment il va débuter. »

Cela dit, il reste toujours deux recours en suspens : ceux déposés devant le tribunal administratif de Montpellier par « Béziers, notre patrimoine ». Le premier au début 2017, après le vote d'un protocole d'accord et le second après la décision de Robert Ménard de retirer la délibération attaquée et de la remplacer par trois nouvelles concernant les trois sites dont celle de l'aile Champeau. "Une vente à la découpe" que dénonce, avec véhémence, « Béziers, notre patrimoine » en faisant un parallèle avec le recours déposé pour la maison de Jean-Moulin "Là aussi, rien n'est encore fait".

20 janvier

Des représentants de la communauté harkis venus de tout le grand Sud se sont réunis à la Maison des anciens combattants de Montpellier, pour se faire entendre par le gouvernement et dire notamment que "La loi de réinstallation du 26 décembre 1961 qui s'applique aux gens dépossédés de leurs biens sous la souveraineté ou la tutelle d'un État n'a pas été appliquée pour les harkis » Ils estiment aussi qu'ils ont été exclus de la loi du 15 juillet 1970 au titre de rapatriés, c'est pour cela qu'ils en ont assez "des effets d'annonces, au moment des échéances électorales pour rechercher l'électorat harki".

Ils comptent bien le rappeler le 19 mars prochain, lors d'un grand rassemblement devant la sous-préfecture de Béziers. "On appelle tous les harkis de France, leurs amis, leurs sympathisants, à venir à Béziers. On est apolitique, on ne veut aucune récupération. Nos parents se sont battus pour une nation, un pays, une patrie et pas pour un parti politique." Oui mais alors pourquoi venir spécialement à Béziers ? Et pourquoi le 19 mars (jour officiel de la fin de la guerre d'Algérie) ? Une date que le maire refuse de célébrer.

24 janvier

Si à Béziers, les fameuses « soirées culturelles » de ceux qui libèrent leur haine, sont moins nombreuses, il ne faut pas croire que le couple Ménard s'est arrêté de toute perspective. En effet, plusieurs articles de presse ont reparlé des nébuleuses qui travaillent à un rapprochement entre la Droite et l'extrême droite et parmi elle, une structure lancée à l'automne dernier par Nicolas Dupont-Aignan et son mouvement « Debout la France », allié avec Jean-Frédéric Poisson, du Parti chrétien-démocrate et à la député Emmanuelle Ménard, appelé sans rire « Les amoureux de la France ».

Leur but avoué est de travailler à une recomposition du paysage politique et « en finir avec ce terrorisme culturel de la gauche qui empêche ces droites de s'unir ». Dupont-Aignan rêve d'ailleurs à haute voix d'un « programme commun » des droites, à l'image de ce qu'avait réalisé François Mitterrand à gauche « Nous pensons que nos électorats attendent de leurs dirigeants une union », explique t-il.

Alors pour essayer de peser, l'association a entrepris de réunir des personnalités issues d'une galaxie de micro-formations de la droite radicale : le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, aujourd'hui dirigé par Véronique Besse, le Siel (Souveraineté, identité et libertés), dirigé par Karim Ouchikh, ou l'ancien député Christian Vanneste du RPF (Rassemblement pour la France)


Pour autant, hormis l'ancien député de l'Aube Nicolas Dhuicq, qui avait tenu des propos homophobes et proche du régime syrien d'Assad (tiens, tiens, comme les amis de Ménard de SOS Chrétiens d'Orient) aucun autre dirigeant de la droite ne s'est rallié à la stratégie de Nicolas Dupont-Aignan.

Cela dit, le travail de rapprochement des droites passe aussi par des think tank comme Polémia, de l'ancien cadre du FN et MNR, Jean-Yves le Gallou qui a organisé un forum de la dissidence, où l'on retrouvait des anciens cadres du FN comme Bruno Mégret, Martial Bild ou Julien Rochedy, (ancien dirigeant du FNJ) mais aussi des figures des identitaires comme Jean-David Cattin ou Pierre Cassen du site raciste Riposte laïque ou Samuel Lafont (membre de l'équipe de campagne de François Fillon) et enfin le financier Charles Beigbeder, très proche de Marion Maréchal-Le Pen, qui affirmait récemment sur le site Boulevard Voltaire (des Ménard) que si LR et le FN n'arrivaient pas à se relever de leurs crises internes, « il faudrait peut-être les terminer, les euthanasier afin de permettre de faire émerger une nouvelle formation politique qui se substituerait à ces deux grandes formations politiques ».

Un choix qui ferait plaisir à Robert. Cela dit, avec un Wauquiez qui chasse sur les extrêmes, un Philippot qui tente sa chance et un FN qui est resté encore bien implanté, la stratégie de Dupont-Aignan même s'il a décidé d'être tête de liste aux élections européennes de 2019 semble incertaine... Heureusement pour nous...

30 janvier

Le maire Robert Ménard ambitionne d'installer une grande roue, fin juin dans le cadre des travaux de réaménagement en bas des allées Paul Riquet (centre-ville) L'idée avait été lancée au conseil municipal de juillet dernier et la délibération avait d'ailleurs été adoptée sans problème. Mais lors du 1er conseil municipal de l'année, alors que les élus sont appelés à se prononcer sur le choix de l'entreprise qui aura en charge l'exploitation de cette grande roue, plusieurs élus d'opposition dénoncent l'opacité de cette opération.

Pascal Resplandy, élu de droite, "En commission, on nous indique que l'appel à projet a été remporté par la famille Dubois, mais, après vérification, la société exploitante s'appelle SD Animation et a été créée de manière récente en mars 2017, avec, comme représentant légal, un certain Claude Seguie. Ensuite, nous apprenons que l'appel à projet n'a reçu qu'une seule et même candidature. Qu'en est-il de la mise en concurrence ? Pourquoi cet appel d'offres n'a t-il pas été relancé ? Je m'interroge sur toute cette opacité."

Aimé Couquet, conseiller d'opposition communiste poursuit dans le même sens "À la commission d'appel d'offres, on a vu qu'il y avait pour 700 000 € de travaux du cheminement piétonnier, pour le reste, nous ne sommes absolument pas au courant." Effectivement, comme pour ces élus, on peut se demander pourquoi un seul candidat s'est présenté et pourquoi, il s'agit de proches de Jean Dubois, le forain qui a déjà en charge la foire 1900 du Plateau des poètes et de la foire d'hiver des Allées ?

Pour Aimé Couquet « Le maire aurait pu mettre en place une commission d'attribution, mais il a choisi lui-même directement l'exploitant, sans appliquer quelque démocratie que ce soit », souligne l'élu. Un déroulé qui donne l'impression que tout avait été décidé d'avance. De son côté, l'élu socialiste, Jean-Michel Du Plaa, développe "L'ordonnance d'avril 2017 précise que nous devons disposer d'informations sur la société, ses références, son compte d'exploitation, ses obligations sociales et fiscales, nous n'avons rien de tout ça."

Et il s'étonne du faible montant de la redevance de seulement « 400 euros par mois pour une durée de cinq ans, reconductible de façon tacite jusqu'à 20 ans " et de poursuivre : "Dans la délibération du 17 juillet, vous parliez de l'autorisation des Bâtiments de France, sans que ce soit très clairement spécifié s'il s'agissait de l'aménagement du bas des Allées ou de la grande roue.

J'ai peine à croire qu'une autorisation ait pu être donnée avant que le dossier ne soit déposé." Mais pour le maire, Robert Ménard : "L'architecte des Bâtiments de France a donné son accord sur l'ensemble du projet." Et Jean-Michel Du Plaa de rétorquer : "Mais il ne connaissait pas la roue ! » "Mais bien sûr que si, tout était sur les documents du 17 juillet.", c'est nous qui avons indiqué la hauteur de la roue » réplique de l'opposant : "Cela veut dire que vous connaissiez le projet avant même l'appel à concurrence ?"

30 janvier

Autre sujet entendu au Conseil municipal, l'action en justice engagée par Lydia Denimal, ancienne manager du commerce contre la mairie pour "licenciement abusif" en date du 18 octobre dernier.

Pourtant deux ans auparavant, le maire, très élogieux à son égard, l'avait nommée à ce poste pour ses qualités professionnelles. Réponse de Ménard lors du conseil municipal : "Il arrive qu'on se sépare d'un certain nombre de gens. Eh oui, ça arrive, même chez les collaborateurs de cabinet, c'est comme ça.", "Ce n'est pas un licenciement, c'est une rupture de confiance." Et puis, «Je trouvais que la manager du centre-ville ne servait à rien... J'ai embauché Lydia pour ses qualités professionnelles et non pour des renvois d'ascenseurs politiques." Il faisait ainsi allusion à Christine Toulorge, intime de Georges Frêche, que Raymond Couderc avait embauché à ce poste.

Robert Ménard l'avait remerciée peu de temps après son arrivée à la tête de la ville. Selon le Midi Libre du 1er février, des signes avant-coureurs avaient fait leur apparition dès le mois de novembre 2016 car "le maire n'aurait pas apprécié les propos tenus par son époux, commerçant au centre-ville, contre la municipalité". Son mari a d'ailleurs fermé boutique peu de temps après et elle était annoncée en congé maternité ».

1er février

Le nouveau marché couvert de Béziers dans le quartier de La Devèze, devait officiellement être inauguré début décembre devant un beau sapin de Noël; Or l'ouverture s'est faite seulement le 1er février dernier. En cause, selon la SCI du Marché de la Méditerranée qui gère le lieu « certains commerçants du marché de plein air qui ont réservé leur stand n'ont pas effectué les travaux nécessaires à leur installation car elles ne sont pas les mêmes qu'à l'extérieur. »

Il faut savoir aussi que les gestionnaires veulent que chaque commerçant embellisse son espace et que les démarches administratives sont très longues pour les magasins à l'extérieur... Bref, pour l'instant, le marché n'attire pas la clientèle malgré l'inauguration. Pourtant, à l'intérieur des halles de La Devèze, la plupart des stands ont trouvé preneur mais il reste encore des places libres. Financé en grande partie par l'État, ce marché couvert, risque toujours de « tuer » le marché très populaire et bigarré qui avait lieu trois fois par semaine...

6 février

Le maire de Béziers condamné en avril dernier à 2 000 euros d'amende pour incitation à la haine et à la discrimination, a comparu de nouveau devant la cour d'appel de Paris pour ses tweets sur le grand remplacement en cours dans les écoles de Béziers... « Bien sûr qu'il y a un remplacement d'une population par une autre, a réaffirme Robert Ménard. On le constate tous les jours. Et oui : les photos de classe ne ressemblent plus à celles de 1970 ou 1954 »... les sept associations représentées à l'audience considèrent comme "intolérable de s'en prendre à des enfants". En revanche, pour William Goldnadel, l'avocat de Robert Ménard, il est de toute façon "impossible de condamner" son client. "On doit pouvoir discourir librement de problématiques telles que l'immigration", clame-t-il.

Dans un communiqué, La Maison des Potes qui s'était constituée partie civile, a déclaré qu'elle se "battra pour que la peine prononcée par la Cour d'appel soit une peine d'inéligibilité". L'association estime, en effet, que "la provocation à la haine raciste est totalement incompatible avec le préambule de la Constitution de 1946 et, en conséquence, une personne condamnée pour un tel délit ne peut conserver ses fonctions d'élu de la République ni se présenter aux élections." Question posée par une internaute : « Robert Ménard va-t-il payer lui-même les frais de justice qu'entraînent ses propos, y compris la procédure en appel ? »

13 février

Si la municipalité de Béziers à travers son journal de propagande vante dans son numéro du 1er février les 7966 offres d'emplois proposées, elle doit oublier les licenciements.

Ainsi, les salariés du Carrefour Market de Béziers parlent de leur désarroi, en apprenant la fermeture au public de leur enseigne, le 25 février. "Nous nous pensions à l'abri de tout car nous n'étions pas sur la liste des 273 supermarchés dont la fermeture était annoncée. Heureusement, on nous assure que nous aurons un emploi dans un autre commerce biterrois", a confié, à demi rassuré, un salarié.

Mais les salariés sont quand même très inquiets car ils ne savent pas si la fermeture est pour tout de suite ou bien dans plusieurs mois. Même leur propre direction ne peut leur répondre. "Quand on connaît la situation du bassin d'emploi de Béziers, on ne peut que se faire du souci.

Avec la situation que nous sommes en train de vivre, nous nous rendons compte que nous sommes peu de chose pour tous ces gens qui vivent confortablement des bénéfices de Carrefour." "J'ose dire, appuie cet autre salarié, que nous sommes en quelque sorte des denrées périssables. On nous a pris pour faire tourner la boîte. Le commerce va, nous semble-t-il, plutôt bien à la vue des bénéfices du groupe. Mais il y a quelques fruits gâtés, et pour ne pas faire tâche sur l'étal, on nous jette pour que le reste du panier ne pourrisse pas. C'est lamentable !"

14 février

Tout le monde le sait, la police municipale à Béziers : c'est l'enfant chéri du maire. Ce que les biterrois connaissent moins c'est à quel prix ce service municipal est privilégié au détriment d'autres services publics. Mi-décembre 2017 une conférence de presse de VISA 34 révélait, chiffres des comptes administratifs de la ville à l'appui, que les charges de personnel de la police municipale sont passés de 2 135 983 euros en 2013 à 5 218 580 euros en 2016. Soit une progression de 144 % en 3 ans !

En 2014, ces charges de personnel ne pesaient que 2, 35 % du total des dépenses réelles de fonctionnement. Elles ont plus que doublé en 2 ans puisqu'elles atteignent les 5,29 % en 2016 ! Rapportées à l'habitant les charges de personnel de la police municipale sont à 68 euros / habitant en 2016. Elles étaient de 33 euros / habitant en 2014. L'augmentation est là aussi de 131 % en 2 ans !

Dotée de 41 postes en 2013, la police municipale avait 87 postes en 2016. Soit une augmentation de plus de 100 % ! A cela il faut ajouter les 50 ASVP (agent de surveillance de la voie publique). Ainsi, ils sont 137 à porter une tenue dans Béziers (ils n'étaient que 18 en 2014). Pourtant dans la même période tous les autres services de la ville ont vu leurs effectifs diminuer. Le service administratif a perdu 115 postes, le service technique perdu 101 postes et le service social 35 postes !

Pour résumer, Béziers a 1 policier municipal pour 850 habitants, alors que Montpellier a 1 policier municipal pour 1550 habitants. Et encore si on ajoute les ASVP, il y a un policier pour 534 habitants... Dernière information, un nouveau centre opérationnel et de surveillance (COS) avec 70 caméras de surveillance s'est installé place Garibaldi. "Nous avons investi 900 000 € pour augmenter la capacité de cet outil vidéo, explique Robert Ménard. Désormais, le maillage de la couverture est compatible avec les besoins du centre-ville.

Nous allons nous étendre vers la périphérie et les quartiers car nous avons un outil très performant » Et le directeur de la police Municipale, Fabrice Cantelle de s'extasier : « Nous avons désormais un mur d'images très moderne qui peut accueillir 130 caméras." Bref, il y a maintenant 25 personnes qui seront affectées à ce Cos 7 jours sur 7. Question : est-ce que la vie à Béziers est 2 ou 3 fois plus sécure qu'à Montpellier ? En revanche, en 3 ans (2013/2016 ) toutes polices confondues, les recettes des amendes ont augmentées de 412 566 euros.

Soit quasiment une augmentation d'un demi-million d'euros pour atteindre en 2016 la coquette somme de 1 509 002 euros. Et cela risque de continuer de plus belle pour les Biterrois mais cette fois-ci pour les bénéfices d'une entreprise privée Effia car depuis le 1er janvier 2018 les prix de stationnement et les forfaits de post-stationnement (FPS) en zone jaune, pour un stationnement non-payé ou dépassé (PV) passe de 17 euros à 30 euros.

Ce forfait s'élève à 20 € en zone verte. Et il est possible de recevoir jusqu'à trois contraventions par jour.

21 février

Le Sénat examine une proposition de loi, soutenue par le gouvernement, visant à renforcer les contrôles des écoles hors contrat, (comme celle activement soutenu par Ménard du cours Fayet à Béziers). Ainsi, nous apprenons qu'il y a 65.000 élèves scolarisés dans 1.300 écoles hors contrat.

Certes, une goutte d'eau comparée aux 12 millions d'élèves scolarisés au total en France, mais leur nombre ne cesse d'augmenter. La seule obligation de ces écoles, c'est qu'à 16 ans, leurs élèves doivent avoir le même niveau (en maths, en sciences, en français, en Histoire, en langues, etc.) que les autres. Le seul problème, c'est qu'il est difficile aujourd'hui, voire impossible de s'assurer qu'une école respecte le socle commun.

En effet, lorsqu'une personne veut ouvrir une école primaire privée, il suffit d'être bachelier, âgé d'au moins 21 ans, de disposer de locaux et de faire une déclaration en mairie. Or, le maire dispose de seulement 8 jours pour s'opposer à l'ouverture de l'établissement et l'État a un mois. Une fois ce délai d'opposition passé, l'école ne peut être fermée que sur décision de justice. Pourtant, en 2016, l'inspection académique de Versailles avait lancé une série de contrôles inopinés dans 30 écoles hors contrat (aussi bien confessionnelle que laïque).

Résultat : "des contenus erronés, tendancieux" ou des enseignements "évités" ont été constatés. Certaines disciplines comme les sciences, l'histoire ou l'EPS étaient délaissées, par exemple. La proposition de loi de Françoise Gatel vise donc à muscler les contrôles, tant avant l'ouverture des écoles que durant l'année scolaire.

Évidemment les premiers à dénoncer ces contrôles, assez légitimes, sont comme par hasard les amis des Ménard comme le financier, Charles Beigbeder ou Philippe de Villiers mais aussi Anne Coffinier, la directrice de la Fondation pour l'école (liée aux écoles Espérance Banlieues mais aussi aux intégristes catholiques) qui dénonce « un texte liberticide...qui brise l'essor de ces écoles qui constituent une alternative pédagogique à l'Éducation nationale ».

25 février

La députée Mme Ménard a eu droit à une interview dans le Midi Libre. En dehors de son satisfecit, on n y apprend quand même qu'elle est souvent présente dans l'Hémicycle. Le journal Capital la classe 47e parmi les 572 députés les plus assidus et qu'elle s'est « vite employée à expliquer qu'elle n'était pas au Front National, mais soutenue par six partis politiques ».

Dans le journal, elle nous confirme qu'elle et son mari sont d'accord à 70 % avec ce FN et que les désaccord porte sur l'Europe, la retraite à 60 ans ou le maintien des 35 heures, ce qui n'est pas très réaliste ». Ça c'est pour les salariés qui pensent encore que l'extrême droite défend le peuple... Ensuite elle répond assez évasivement sur son très bon salaire de journaliste au site d'extrême droite, Boulevard Voltaire (5 200 € par mois) mais développe en revanche, sur son travail dans les commissions de l'Assemblée Nationale «J'ai été nommée vice-présidente du groupe d'études des villes moyennes. Notre rôle sera de défendre les centres-villes, la problématique du logement, etc. ».

Comme pour son mari, les habitants des autres quartiers de Béziers et d'ailleurs, attendront. Cela dit, l'article du Midi libre aborde surtout la question des GPA et PMA. Concernant les projets de lois à venir, Mme Ménard affirme : « Moi, je privilégie le droit de l'enfant... avant le droit à l'enfant ». Ce qui signifie pour elle, que l'enfant a déjà des droits avant même qu'il y ait eu désir d'enfant. Ce qui est une véritable absurdité car la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui, (GPA) interdite en France, sont faites justement pour les couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfant. Donc le désir d'enfant précède la naissance. Bien sûr, elle refuse catégoriquement « la reconnaissance de ces enfants nés à l'étranger dans un cadre illégal ».

Selon elle : «C'est de la responsabilité des parents engagés dans cette voie illégale, en connaissance de cause. Ils savaient qu'ils ne pourraient pas donner ce droit-là à l'enfant et ce sont les premiers à s'en plaindre !». Enfin, si elle ne dénonce pas frontalement la loi anti-IVG, elle dénonce tout de même «Les féministes qui voudraient inscrire le droit à l'IVG dans la constitution » car pour elle « cela doit rester un droit exceptionnel en fonction des circonstances » et elle poursuit sur le délai de réflexion « Je trouve ça sidérant, lorsque vous achetez un réfrigérateur ou un micro-ondes sur internet, vous avez un délai de réflexion. Mais pas pour un avortement ? Je trouve ça énorme !

C'est quand même la vie d'un gamin qui est en jeu » dixit Mme Ménard. Comme si un fœtus de quelques semaines était déjà un gamin.