17 500 personnes ont été internées à Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales entre 1941 et 1942 : 53 % de républicains Espagnols, 40 % de Juifs, 7 % de Tziganes. 2300 Juifs ont été déportés dans les camps de la mort. A partir de 1961 21 000 Harkis y sont regroupés.

Par Didier

Le camp d'internement de Rivesaltes est aujourd'hui devenu un lieu de mémoire qui invite à se souvenir que les premiers convois d'internés arrivent au mois de janvier 1941 dans ce qui est alors un camp d'entraînement militaire.

Entre 1961 et 1964 plus de 21 000 Harkis transitent par le camp de Rivesaltes


Rivesaltes, c'est la première construction en dur, elle est pensée pour durer et gérer durablement crise migratoire et enfermement. Pour le régime vichyste il fallait régénérer la société de l'intérieur, rassembler les citoyens qualifiés de "purs" autour des valeurs travail, famille, patrie et exclure les citoyens dits "impurs". Ces figures de l'anti-France comme disait Pétain étaient déjà les étrangers, les migrants, qu'ils soient économiques ou politiques. A partir de l'été 1942, au nom de la collaboration avec l'occupant nazi, le régime Pétainiste va accepter de cogérer la solution finale en France. Entre août et novembre 1942 près de 10 000 Juifs de la zone sud sont livrés aux nazis avant l'occupation militaire de celle-ci. Neuf convois partiront de Rivesaltes vers les camps de la mort, ce qui apparente le rôle du camp de Rivesaltes à celui de Drancy dans la banlieue parisienne. Rivesaltes devient le centre interrégional de déportation.


Déjà, à cette époque, des associations comme la Cimade engageaient des recours juridiques, des assistances humanitaires en associant actions légales et illégales. Entre 1961 et 1964 plus de 21 000 Harkis transitent par le camp de Rivesaltes. Rejetés par l'Algérie et le gouvernement Français ils vont attendre de longs mois d'être essaimés dans toute la France pour vivre une vie de parias.


rivesaltes2Si le vingtième siècle a été celui des guerres, des camps, des déplacements forcés de population, le début du vingt-et-unième siècle lui ressemble étrangement, même si les guerres ne se déroulent plus sur le sol Européen. Notre siècle est celui des déplacés économiques, politiques, environnementaux. Face aux déplacements de populations actuels, les mêmes questions sont en jeu : le rejet et l'enfermement ou l'accompagnement ? Ces questions doivent être traitées immédiatement à partir de deux axes complémentaires :
- Le règlement des questions économiques, politiques et environnementales dans tous les pays d'origines,
- L'aide et le soutien dans les pays d'accueil.

 

Transformer l'Europe en forteresse ne peut pas être un projet politique.

Si nous ne voulons pas, dans 50 ans, d'un prochain mémorial à la gloire du rejet et de l'exclusion, c'est maintenant qu'il faut agir en solidarité avec tous les migrants !