Cette interview de Denise Barreiros a été réalisée dans le cadre de notre émission radio mensuelle du 16 décembre que vous pouvez réécouter en podcast.

KD : Bonjour, Denise Barreiros, tu as fondé l’association Là-Bas Théâtre avec ton compagnon, Pierre Astrié. Tu es comédienne et Pierre comédien et écrivain. Peux-tu nous dire quand, dans quelles circonstances vous avez décidé de sa création, et quels étaient les buts que vous poursuiviez ?

DB : L’association Là-Bas Théâtre, on l’a créée dès notre arrivée du Brésil, en 1993.

On a fait quelques prestations en bibliothèques, des lectures de contes brésiliens. Ensuite, l’association est restée en sommeil pendant plusieurs années, parce qu’on travaillait avec une autre équipe et c’est en 2001 que la compagnie Là-Bas Théâtre est née, avec le statut juridique d’association loi 1901, et donc nous allons avoir 20 ans, on va essayer de fêter ça. L’association est là pour étayer une compagnie théâtrale, exactement. La compagnie a gardé depuis sa naissance les 2 principaux principes qui nous animent, à savoir la création de spectacles, mais aussi la transmission, l’éducation artistique, culturelle, et ces deux axes se sont toujours nourris l’un de l’autre jusqu’à maintenant. Sauf que depuis 2015, l’éducation artistique prend de plus en plus de place dans l’éducation culturelle, à savoir créer des manifestations spectaculaires qui intègrent et font travailler ensemble des artistes professionnels du spectacle vivant avec des amateurs.


KD : Comme tu dis, je suis allée à vos ateliers impro, lectures, l’action transmission ne démérite pas.
DB : Non seulement ça ne démérite pas, et ça nous importe de le faire, et depuis 2015, on a créé ce projet Parcours, qui rassemble toutes les activités liées à la transmission. Depuis 2020, le projet Parcours a été un peu déplacé, c’est le Parcours Nouveau vers des espaces partagés. Depuis 2 ans, nous avons un local de travail, de répétitions, de manifestations artistiques, et ce local permet l’implantation de nos activités dans son quartier.


KD : Ce local est sis boulevard de la Liberté, en plein centre-ville populaire. Peux-tu nous dire ce qui s’est passé avant Là-Bas, comment vous vous êtes rencontrés et ce que vous avez vécu au Brésil ?
DB : Alors, on s’est rencontrés à Rio, Pierre a vécu 19 ans au Brésil, on a fait du théâtre ensemble, on avait déjà une compagnie là-bas. En 92, on a décidé de venir en France et on a tout recommencé ici.


KD : Et vous ne regrettez pas d’être venus habiter à Béziers ?
DB : Mon pays me manque beaucoup, on se tient au courant de ce qui s’y passe, et c’est très triste, c’est lamentable, c’est même incompréhensible, mais je pense que là, on commence à remonter la pente.Làbasthéâtre2


KD : Et de quoi vit Là-Bas Théâtre, quelles sont les subventions que vous recevez ?
DB : La compagnie Là-Bas Théâtre se place dans le secteur du théâtre subventionné, parce qu’on considère que la culture doit être un service public, on considère donc notre action comme un service public, et les subventions comme une délégation de service public. Mises à part les subventions, on pratique des sessions de spectacles, de lectures et aussi, on est soutenu par nos adhérents qui sont assez nombreux et paient leurs cotisations.


KD : De quelle façon et à quel degré avez-vous souffert de la crise sanitaire et culturelle qui a caractérisé 2020 ?
DB : Ah, c’est très dur. Pendant le premier confinement du mois de mars, on espérait les reports de tout ce qu’on n’a pas pu faire. Il faut dire que, au printemps, on a l’aboutissement de tout le travail qui a été fait depuis le début de l’année. On avait encore cette fenêtre de la rentrée pour reprogrammer ce qui n’avait pas pu être fait. Sauf qu’en novembre et décembre, on n’a pas pu réaliser nos projets, et on espère qu’en janvier et février, on va y arriver, parce que nous, on a travaillé toute l’année, à répéter, adapter, retravailler les projets pour les réaliser plus tardivement, ça veut dire changer d’artiste parce qu’il n’est plus disponible à une date décalée, ça rajoute du travail. Le deuxième confinement est encore plus dur parce qu’on a de moins en moins de marges pour notre calendrier. Il y a eu un point positif, c’est qu’en septembre, quand on a rouvert la salle, on a senti qu’il y avait eu un renouveau dans le public, en attente de rencontres, d’échanges, et, comme on avait beaucoup investi notre vitrine, on a vu beaucoup d’habitants du quartier, de passants pousser la porte de ce lieu. C’est une raison de joie, mais aussi une frustration supplémentaire puisqu’on a dû arrêter, on va voir ce que ça va donner pour janvier et février…


KD : Merci beaucoup, Denise, d’avoir pris sur ton temps pour participer à cette émission Envie à Béziers sur Radio Pays d’Hérault en nous parlant de cette belle association qui irrigue puissamment la culture à Béziers. Pour plus d'informations sur le Là-Bas théâtre, c'est ici.

 

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