Le maire de Perpignan Louis Aliot a décidé, lors du conseil municipal du 22 septembre 2022, de baptiser une esplanade du nom de Pierre Sergent, un ancien responsable de l’OAS.

Le copier / coller des gestions municipales entre Béziers et Perpignan frise le plagiat entre le maire divers extrême droite de Béziers et le maire extrême droite de Perpignan.

Cette fois-ci, Louis Aliot vient d’imiter Robert Ménard qui, le 15 mars 2015, avait débaptisé la rue du 19 mars 1962 pour la nommer rue d’Hélie Denoix de Saint-Marc, officier parachutiste du putsch d’Alger en 1961.

Dans un curieux numéro de mimétisme, les Dupont et Dupond de Perpignan et Béziers ont choisi deux frères d’armes putschistes Sergent et Saint-Marc.

Deux frères d’armes militaires pour deux frères d’armes politiques : c’est logique.

Pierre Sergent comme Hélie Denoix de Saint-Marc sont des soldats perdus de la République. À ce titre ils ne devraient pas être réhabilités mais dénoncés.

Pierre Sergent et Saint Marc commencent par résister à la collaboration prônée par le maréchal Pétain.

En 1949, ils intègrent la légion étrangère et participent à la guerre d’indépendance de l’Indochine.

En 1954, ils sont mutés avec leurs régiments en Algérie.

En 1961, ils participent à la tentative de putsch militaire en Algérie. Saint Marc se rend ; Sergent rentre dans la clandestinité.

La même année, pendant que Saint-Marc est en prison, Sergent met en place l’OAS métropole qui va organiser des attentats dans l’hexagone.

Sergent est considéré comme déserteur le 20 avril 1961. Le 9 décembre 1961 un mandat d’arrêt est délivré à son encontre pour attentat et complot contre l’État. Le 21 février 1962, le tribunal militaire spécial le condamne à la peine de mort par contumace.

Pendant 7 ans il échappe aux recherches policières grâce aux réseaux de l’OAS. Il bénéficie de la loi d’amnistie n° 68.697 du 31 juillet 1968. Il regagne la France en octobre 1968.

Saint-Marc est condamné à dix ans de réclusion criminelle. Réhabilité dans ses droits en 1978, il reçoit la légion d’honneur le 28 novembre 2011.

Politiquement Saint-Marc n’a pas exprimé d’engagement public.

Politiquement Sergent adhère au Front National en 1985 et reçoit pour mission d’implanter le FN dans les Pyrénées-Orientales.

Lors des élections législatives du 16 mars 1986 il est élu député FN des P.O. Parallèlement il est élu conseiller régional.

En 1989 à Perpignan, pour le FN toujours, il obtient 25 % et 30 % aux deux tours des élections municipales.

Il est enfin élu conseiller régional en 1992, c’est son dernier mandat.

 

À Perpignan et Béziers, Aliot et Ménard n’honorent pas la mémoire de militaires factieux en dépit de leur parcours séditieux mais en raison. Ils maintiennent en cela la tradition putschiste de l’extrême droite en réhabilitant ses exécutants.

Comme leurs idoles Saint-Marc et Sergent, Aliot et Ménard sont des frères d’armes.

 

 

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