Dans un exercice de contrition exécuté en public sur le plateau télé de la chaine LCI, le maire de Béziers vient de faire son mea culpa. Il revient sur ses propos concernant les migrants syriens auxquels il avait déclaré « vous n’êtes pas les bienvenus ».

Chose étonnante pour un chrétien revendiqué, cet acte de contrition ne se passe pas dans le secret du confessionnal mais sur un plateau télé à une heure de grande écoute. Les plus perspicaces d’entre nous remarqueront qu’en matière de déclarations, les caméras sont omniprésentes, elles suivent, voire précèdent les états d’âme du maire de Béziers.

Elles étaient présentes lors de la déclaration aux Syriens, qui fut largement relayée par la communication municipale.

Elles étaient présentes lors de la déclaration aux Ukrainiens, qui est largement diffusée par les médias hexagonaux.

Changement d’échelle donc. Le maire d’une sous-préfecture de province qui n’avait pas pignon sur médias, peut donc, quelques années après sa faute initiale, exécuter un double salto arrière en prime time.

Une certaine presse adore ces flagellations publiques d’homme politique. Ça fait tellement vrai, tellement sincère. C’est aussi tellement vendeur.

Des journalistes dignes de ce nom auraient pu demander au maire de Béziers s’il pensait que les déclarations précédentes émises publiquement relevaient aussi de la faute :

- « la police municipale a un nouvel ami » (le revolver),

- « il suffit de voir les photos de classe pour s’apercevoir que le grand remplacement est à l’œuvre »

- « ne pas compter les prénoms musulmans, c’est nier la réalité » . . .

Les plus incisifs des mêmes journalistes auraient pu demander à la veille du deuxième anniversaire de la mort de Mohamed Gabsi, pourquoi le maire n’a pas eu de parole de compassion pour sa mémoire et sa famille et pourquoi le 19 mars prochain, pour le soixantième anniversaire des accords de paix en Algérie, les drapeaux seront mis en berne à Béziers et le chanteur officiel de l’OAS sera invité dans une salle municipale.

Que le maire de Béziers passe son temps à surfer sur l’émotion est une chose, qu’un fan club médiatique applaudisse chacune de ses pirouettes en est une autre.

Ironie du sort pour le maire de Béziers, c’est sa base électorale biberonnée au populisme le plus vil qui prend ses distances. Il suffit de lire les commentaires du compte tweeter ou de l’article de Midi libre pour se dire qu’il va être difficile de faire le grand écart entre Macron et Zemmour.

Eh oui monsieur le maire, même les plus grands surfeurs se vautrent dans les vagues.