Un dossier sur le thème des élections appelle de nombreuses questions. Notamment celle de « Pourquoi voter ? ». En conséquence, j’ai envoyé dans mon réseau ce questionnement. Vous allez découvrir, pour cette première partie, les réponses d’une vingtaine de personnes qui votent ou pas.

Par Emma


« Je vote parce que c'est un moyen d'expression parmi d'autres, c'est un droit acquis durement, pour défendre la démocratie. » Mafalda.

« Moi je ne suis pas un mouton, je veux voter avec un maximum d’informations. C’est ma responsabilité de citoyenne. » Jeanne Flori.

« Je vote pour participer à la vie sociale, économique et politique et ne pas rester "sur le bord de la route". Parce que c'est un droit. Pour garder l'espoir que l'on peut changer certaines choses par la voie démocratique plutôt que par la force et la violence. Pour soutenir les idées et les hommes qui sont proches de mes idéaux de vie. Pour ne pas céder au pessimisme:" élection, piège à cons"... » Monique.

« Je vote toujours (quand je peux!) parce que c'est un droit et un pouvoir important du citoyen. » Jean-Claude Ricome.

« Je vote pour mettre en place des élus qui prolongent les actions citoyennes des prolétaires pour leur émancipation, à défaut pour améliorer leur sort et pour un monde harmonieux de paix, de justice et d'amitiés. » Raymond.

« Je vote parce que c'est un droit acquis très tardivement par les femmes en France, je vote parce que c'est un devoir pour tout citoyen, pour exprimer ma vision de la société et imprimer ma marque... Je vote sans illusion parce que ce système de représentation ne me satisfait pas. Je vote parfois par défaut pour faire obstacle à une candidature dont je ne veux à aucun prix, je vote avec l'espoir que le vote blanc soit enfin pris en compte Anité.

« Je vote pour exprimer mes valeurs de démocratie (liberté, égalité, fraternité), pour la culture pour tous, pour que la république répare les injustices de naissance, pour que les idées extrêmes de racisme, d'intolérance, de rejet, ne passent pas, pour défendre un monde vivable, une nature durable, pour une société plus humaine, ouverte, solidaire, participative, responsable. » Delphine.

« Je vote car d'autres avant moi se sont battus pour que nous ayons tous ce droit. Mais vu le contexte actuel, je commence à me dire que ça ne sert plus à grand-chose » Cat.

« Pourquoi je ne vote pas :
- en premier lieu, parce que, dans son principe comme dans son origine historique, la représentation est le contraire de la démocratie : la démocratie est fondée sur l'idée d'une compétence égale de tous et le mode normal de désignation est le tirage au sort, tel qu'il se pratiquait à Athènes, afin d'empêcher l'accaparement du pouvoir par ceux qui le désirent. La représentation, elle, est un principe oligarchique: ceux qui sont ainsi associés au pouvoir représentent non pas une population mais le statut ou la compétence qui fondent leur autorité sur cette population: la naissance, la richesse, le savoir ou autres (Voir : Jacques Rancière, l'élection, ce n'est pas la démocratie, le Nouvel Observateur, 28 mai 2012).
- en second lieu, parce que droite et gauche sont des orientations qui ont en commun l'affirmation selon laquelle leur conflictualité apparente doit rester dans des limites constitutionnelles qu'elles acceptent l'une et l'autre. Voter, ce n'est jamais que renforcer une des orientations conservatrices du système existant. Ainsi, ramené à son contenu réel, le vote est une cérémonie qui dépolitise les peuples (Voir : Alain Badiou, voter renforce le conservatisme, Le Monde, 19 avril 2017). » Joël.

« Je partage l'opinion de Joël, même si je pense que les conditions de l'égalité ne sont pas acquises, volontairement pas mises en place voire démolies (comme on le voit dans le système éducatif). Ce qui bien sûr permet de justifier le système de représentation actuel. Mais je ne peux m'empêcher de voter la plupart du temps et surtout au premier tour où peut exprimer une orientation politique. » Mathilde.

« Je vote parce que j'ai toujours espéré que des élus pourraient représenter mes idées. Mais j'en ai trouvé aucun parmi ceux qui ont été élus. Dernièrement je votais plutôt pour voter "contre". Mais je ne sais pas si je continuerai à voter dans la mesure où les votes blancs ne sont pas comptabilisés et que je n'ai plus confiance dans les politiques. » Alicia.

« J’ai du mal ….à ne pas aller voter !! Toujours cette idée que nos aïeux se sont battus pour obtenir le droit de vote et que c’est les respecter que d’aller aux urnes. Sans parler de tous ces peuples qui vivent sous la dictature et qui se battent aujourd’hui pour la démocratie et pour eux, c’est également le droit de vote. Le fait de voter ne rend pas un régime démocratique, on le sait mais existe-t-il une vraie démocratie sans droit de vote ? Alors évidemment, on y va la rage au ventre, sans enthousiasme, en se disant qu’on fait son « devoir » de citoyen ! Ce n’est pas satisfaisant, pas exaltant, décevant même à tous les coups ! Cette impression quand même de participer à une mascarade, à une illusion, à une manipulation ! Mais je me dis que le danger réside surtout dans l’attitude de celles et ceux qui ne font que ça (voter ou ne pas voter). D’autres formes d’expression politique existent, d’autres façons de comprendre le monde, de l’influencer, de se réapproprier sa liberté d’expression, d’opinion, de critiques, de propositions, de combats sont à notre disposition. C’est le plus important et on le sait à « En Vie à Béziers ». Voter ou pas n’est plus la vraie question…. si d’autres mobilisations individuelles ou collectives sont mises en œuvre pour tenter de faire aboutir changements et bouleversements sociaux auxquels on aspire. Je crois que je continuerai à aller voter, sans illusion, pour ne pas me reprocher de laisser aux votants, choisir à ma place !" Robert.

« Je vote pour participer encore un peu à cette pseudo démocratie (sans enthousiasme. Je vote pour toutes celles qui n'ont pas le droit de vote. Je vote comme une citoyenne qui respecte les combats qui m'ont conduite jusqu'à cette urne. Je vote parce que je ne sais pas quoi faire d'autre...pour dire mes colères, mes déceptions, mes inquiétudes. Souvent j'ai envie de dire "et basta !"comme Ferré mais j'y vais quand même :) » Bri.

« Je vote parce que je suis un citoyen qui a le droit de vote et accessoirement je veux pouvoir me plaindre. Si je ne vote pas, je ne me donnerai pas la légitimité de le faire" Julien Cabasso.

« Je vote parce que je crois dans la démocratie et le pouvoir de chacun de changer (un peu) le monde, parce que je préfère agir et avoir des regrets que ne rien faire et avoir des remords. Parce que des gens se sont battus pour les droits de tous et surtout de toutes à s’exprimer.Parce qu’encore aujourd’hui dans le monde, plein de gens ne peuvent pas le faire. Pour faire le colibri!!... » Lolo.

« Pour moi, Marie-Claude Leclerc, je vote parce c’est contribuer à la vie citoyenne, c’est exprimer mon choix dans un système démocratique au regard d un programme choisi. ».

« Je vote parce que, pendant mes premiers 18 ans, j’ai vu mes parents espagnols ne pas pouvoir aller voter en France, faute de ne pas avoir la nationalité française. La République, grâce à « l’élitisme Républicain », m’ayant depuis lors, beaucoup donné, je me considère redevable et le vote est une des façons de la remercier. » Tony.

« Je vote car j'en ai la possibilité et que si je ne l'avais pas, je me battrais sûrement pour l'avoir. C'est un droit et un devoir. Ces 2 mots ont du sens pour moi en termes de citoyenneté. C'est aussi une des possibilités d'exprimer ses idées politiques et de les voir appliquées. Par contre il pourrait être intéressant d'envisager de nouveaux modes de scrutins ainsi que de nouvelles façons de "gouverner" et de rendre la chose publique. Je ne veux plus du tout de politique professionnelle qui mène à des dérives de pouvoir. » Coline.

« Je vote parce que c'est le seul moyen institutionnel légal pour provoquer des changements politiques. Ce qui ne m'empêche pas d'être dubitatif sur les dits changements et le mode électoral." Didier Ribo

« Je reprends mot pour mot la réponse de Didier, en y ajoutant ceci : « c’est actuellement la seule action vraiment non-violente qui nous reste, puisque les autres formes de mobilisation citoyenne (manifs et grèves) impliquent de la part des citoyens une certaine forme de violence – ou de résistance violente - directement causée par la violence de la répression policière. » JP.

« Je vote par devoir de citoyenneté et parce que je m'intéresse à la vie avec un regard humaniste. » Monique.

« Je vote pour essayer de faire avancer des valeurs auxquelles je crois et lorsque personne ne les incarne, je fais mon devoir pour respecter les générations que se sont battues pour avoir le droit de vote. » Renée.

« Je vote pour conserver le droit, la capacité de choisir, avec les autres, les projets et les actes et réalisations de ma cité, dans les domaines divers qui constituent notre existence humaine organisée, civilisée, donc citoyenne. Pour le coup, par le vote, je souhaite nous protéger des intrusions, des manipulations et des violences issues de volontés avides, vénales et inégalitaires. » Patricia Grana.

« Je vote. C’est une joie simple. L’ambiance du bureau de vote est spéciale, Je me sens à la fois plein d’importance, et un peu chez les flics (vos papiers SVP !). Je m’amuse à imaginer pour qui vont voter tous ces gens qui prennent l’air de rien. Et puis c’est l’occasion d’une petite promenade, généralement au printemps, et s'il fait beau, je suis ravi qu’il y ait un deuxième tour... » Clo

« Je vote toujours, l'un des moyens de participer à la vie collective, malgré les défauts du système. Les activités associatives ou syndicales y participent aussi, mais le vote a une influence directe sur le système, et est un moyen, quoique peu efficace, de l'améliorer. Dans certaines circonstances, comme à Béziers, où l'enjeu est crucial pour la vie commune, je pense que ne pas voter est une faute grave, car il faut par tous les moyens empêcher l'extrême droite de nuire... » Jean-François.

« Je vote parce que: La démocratie est une chance, les élections libres et sans contraintes aussi... Je fais mienne la citation de Churchill, selon laquelle la démocratie est le moins mauvais des systèmes. Voter représente un véritable pouvoir, celui de choisir ses représentants politiques, selon ses convictions & valeurs. » Sofia.

 Et maintenant à vous de répondre à la question. Si vous nous envoyez votre texte (entre 2 et 5 lignes), nous pourrons le publier dans le courrier des lecteurs.

 

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