Robert Ménard qui ne cache plus son idéologie fascisante prône la limitation de l’État de droit et de la place des corps intermédiaires, parmi lesquels il vise plus particulièrement les syndicats.

Dès sa première mandature, le maire actuel de Béziers, après avoir menacé les syndicats, d’assumer les charges liées à l’utilisation de la Bourse du travail, avait fait disparaître les postes d’agents d’accueil. Il avait proposé l’usage du bâtiment à une école privée qui avait décliné l’offre. Seconde mandature, il annonce officiellement aux organisations leur congé de la Bourse du travail pour y installer les services de police municipale (ironie du symbole), avant de se raviser, les locaux ne convenant pas à cet usage.
4 syndicats recevaient de la mairie une subvention, la Cgt, la Cfdt, Fo et la Fa-Fpt. Même Raymond Couderc, le précédent maire, n’avait jamais remis en cause - malgré quelque vélléité - cette contribution de la ville aux services rendus par les syndicats. Robert Ménard a décidé que la ville de Béziers n’allouerait plus ces subventions aux syndicats. Comme le montre très bien JC, notre chroniqueur de la politique locale, non seulement le maire n’a pas mis au débat du conseil municipal cette décision, mais il a utilisé un subterfuge pour duper les élus. Il n’a pas prévenu les organisations concernées et les a laissées faire leurs demandes, habituées qu’elles étaient de recevoir les subventions depuis la première élection de Robert Ménard avec un an de retard.
L’intersyndicale y compris les syndicats non concernés s’est mobilisée et a rédigé un courrier au maire de Béziers auquel il n’a pas pour l’instant été donné de réponse. Le maire refuse d’ailleurs de réunir le comité de gestion annuel, ce à quoi la convention signée entre les organisations et la municipalité l’oblige. Mépris ou crainte ?
Robert Ménard répond par voie de presse en prétendant que l’usage de la Bourse est une contribution suffisante de la ville, alors même qu’il a déjà décidé de lui attribuer une autre fonction (on lui laisse le plaisir de l’annoncer… Ҫa ne commencerait pas par un A… ?) et de priver les habitants de Béziers et de l’agglomération de cet espace particulier où nombre de syndicats sont réunis pour accompagner les salariés dans les litiges qu’ils peuvent rencontrer avec leurs employeurs. C’est aussi un lieu de contre-pouvoir démocratique par rapport à la législation qui régit le monde du travail.
Il est malheureusement nécessaire en ces temps réactionnaires de rappeler que les droits actuels des travailleurs ont été obtenus grâce à l’action syndicale. Ces droits sont fortement attaqués. Priver les syndicats des moyens de les conserver ou de les renforcer fait partie de ces attaques. Ce dont ne se prive pas Robert Ménard en bon libéral autoritaire. Non décidément, Robert Ménard n’aime pas les travailleurs. Mais les travailleurs ne se laissent et ne se laisseront pas faire.

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