En décidant ces derniers jours de maintenir l’enfouissement de 44 000 tonnes de déchets dangereux en Alsace la soi-disant ministre de la transition écologique en rajoute côté incompétence gouvernementale. 44 000 tonnes de cyanure, arsenic, amiante, mercure . . . vont donc rester dans une ancienne mine de potasse à 500 mètres sous terre en Alsace dans la commune de Wittelsheim près de Mulhouse.

Stocamine restera donc le seul site français de stockage souterrain de déchets ultimes non radioactifs, et restera dans l’histoire l’exemple type de l’arnaque écologique et politique.
Lorsque le site minier est reconverti en 1999, les pouvoirs publics font une promesse : les déchets industriels seront stockés de manière "réversible". Trois ans après seulement, en 2002, ces mêmes pouvoirs publics prennent prétexte de l’incendie d’une des galeries pour commencer à dire que l’évacuation des déchets toxiques est " difficile à réaliser". Pendant ces trois années d’exploitation, plusieurs incidents auraient dû engager la "réversibilité" de l’enfouissement. Il n’en a rien été :

- Depuis presque 20 ans les gouvernements successifs ont nommé commissions d’enquêtes sur commissions d’enquêtes,
- Depuis presque 20 ans des galeries se sont affaissées ou se sont effondrées.

Bilan de l’inaction gouvernementale : les 44 000 tonnes de déchets toxiques sont stockées au-dessus de la nappe phréatique alsacienne du bassin rhénan, enclenchant une véritable bombe à retardement. Dans un futur proche la moindre infiltration pourrait avoir des conséquences irréversibles sur l’immense étendue qui fournit l’eau potable de la plaine du Rhin. Pourtant, un rapport d’information parlementaire commandé par Nicolas Hulot en septembre 2018 recommandait d’extraire les déchets toxiques. Pourtant, un autre rapport du bureau de recherches géologiques indiquait au même moment la faisabilité des opérations de déstockage de la mine, et estimait à 7 ou 8 ans la durée de ces opérations. En 2019, le ministre aux homards François De Rugy enterre les opérations de déstockage compte tenu de leur coût.
Avant la décision de Barbara Pompili de maintenir l’enfouissement des déchets toxiques, ses ex-camarades d’EELV lui indiquait qu’ils ne se satisferait pas "d’un retrait partiel de 20 ou 25 % des déchets".


Que vont-ils faire maintenant qu’ils savent que tous les déchets resteront enfouis ? Que vont faire les élus locaux abusés ? Que vont faire les populations alsaciennes ? Quelles solidarités nationales, internationales, peuvent être construites face à ce scandale d’État ? Répondre à ces questions est une urgence nationale. Pour l’écologie et pour la démocratie.
La pression sur le gouvernement doit devenir aussi forte que celle qui s’exerce en ce moment même sur les galeries de mine !

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