Voici 13 ans que le grand Jacques (Chirac) avait établi un diagnostic sur le réchauffement climatique et l'indifférence des politiques à l'égard de ce problème.

Par Khan Did


Bien avant déjà, dès 1970, l'idée de « finitude » de la planète et de ses ressources avait émergé et on avait osé, alerté par l'accélération de la prédation de la planète, prononcer le détesté et banni ensuite terme de «décroissance».

Mais le vertige technologique, les améliorations initiales des conditions de vie, puis l'instauration d'un système économique ultralibéral axé sur le profit immédiat et consumériste, ont étouffé les alertes écologistes, qualifiées de démoralisantes, infondées et outrancières. Force est bien de constater qu'à l'heure actuelle, avec une hausse de 0,85°C des températures entre 1880 et 2012, une utilisation complète des ressources annuelles de la planète ( la ponction des ressources que la terre peut renouveler est atteinte actuellement depuis la mi-août 1 ), la destruction de 50 % de la biodiversité en 100 ans, nous sommes en pleine folie et en route vers la sixième extinction, la cinquième étant celle de la disparition des dinosaures il y a 250 millions d'années. Notre extinction sera liée aux conditions climatiques incompatibles avec la survie de l'espèce humaine et des gros animaux.

 

Une fois de plus, les fourmis nous survivront…


Le GIEC (Groupe International d'Etude sur le Climat) composé de scientifiques indépendants attire l'attention depuis 10 ans sur le rôle que jouent les humains sur le réchauffement climatique (on le désigne sous le vocable d'Anthropocène : ère humaine) par l'intermédiaire des émissions de gaz à effet de serre (GES) issues de la combustion des énergies fossiles. Celles-ci sont le charbon, le pétrole et le gaz, provenant de la décomposition au cours des millénaires de la matière organique dans le sol et massivement utilisées pour le chauffage, la production d'électricité, les transports, l'agro-industrie, l'élevage et la combustion de la biomasse 2.
Les GES augmentent la température de l'atmosphère terrestre. Ce sont : le gaz carbonique (CO2), x6 dans l'atmosphère entre 2000 et 2011, et + 3 % par an. Le méthane x2.5 depuis 1850. Il a un pouvoir 20 fois supérieur au CO2, mais plus brièvement. Et le dioxyde d'azote, x1.2. Deux sources d'absorption des GES, surtout le CO2 qui est le plus important quantitativement : les arbres,  « puits de carbone », par la photosynthèse, surtout les forêts primaires tropicales. Or, la prédation à des fins de profit, constante, sur les forêts primaires amazonienne, africaine et indonésienne amoindrit cette voie. Et l'océan, qui réabsorbe 90 % du CO2 émis, au prix d'une acidification préjudiciable, avec sa désoxygénation consécutive, aux écosystèmes marins, planctons, coraux, et par conséquent, à la ressource halieutique.

 

Conséquences du réchauffement lié aux GES

Fonte des neiges et glaciers : déjà – 40 % de la calotte du Groenland ; les glaciers perdent 3000 gigatonnes (1 gigatonne = 1000 milliards de tonnes) par an. Bientôt il n'y aura plus de banquise cohérente en été au pôle Nord. Par conséquent, montée des océans, par apport glaciaire, et par dilatation de la couche superficielle sous l'effet de son réchauffement d'un demi-degré. Fonte du permafrost, territoires gelés toute l'année en Sibérie et en Alaska, libérant d'énormes quantités de CO2 et de méthane. Ces deux phénomènes ont une inertie de l'ordre de plusieurs siècles, ils vont donc perdurer puisqu'ils sont enclenchés. La montée du niveau de la mer est d'un demi-cm depuis 1986. Elle sera de 2,9 m si l'on contient le réchauffement à + 1,5°C en 2100, ce qui est le scénario le plus favorable auquel personne ne croit trop. Cela impactera la survie de 137 millions de personnes. Pour +3°C, que certains ont l'impudence d'envisager, ce serait + 6,7 m et 400 millions de personnes. Rappelons que lors de la dernière glaciation, il y a 40 000 ans, avec seulement 5°C de moins que maintenant, une calotte de glace couvrait les 2/3 septentrionaux de la France, la toundra au sud, et la mer était plus basse de 129 m, permettant de passer à pied entre la France et l'Angleterre...

 

Conséquences du réchauffement sur les conditions de la vie humaine

Outre la submersion de nombreux territoires agricoles et villes côtières, sècheresses sévères en pays déjà arides et extension des déserts, déjà visibles en Afrique de l'Est, raréfaction de la ressource en eau douce. Augmentation des précipitations violentes lors de la période de mousson. On a pu voir récemment des dégâts importants, aggravés par la «bétonisation » des villes et zones périurbaines. Elle est liée  à l'augmentation de la température de l'Océan superficiel. Salinisation de l'eau douce et des terres, déjà sensible dans les grands deltas, Nil, Gange.. Et augmentation de la force des cyclones et autres phénomènes violents. Ces phénomènes sont maximaux en zone tropicale et sur l'hémisphère Sud, alors que ce sont les pays « développés» du Nord qui sont responsables. Ceci compromet l'ensemble de l'alimentation humaine. La température terrestre s'est élevée de 0,85°C entre 1880 (début de l'ère industrielle) et 2012, dont 0,72°C entre 1950 et 2012. C'est dire l'accélération du processus.

 

Les scenarii proposés sont
Un «raisonnable» de moins de 2°C en 2100, dont on a vu les impacts majeurs plus haut. Ou un complètement fou, mais malgré tout avancé, de 3°C, voire plus. C'est irresponsable, on ne sait envisager aucune géo-ingénierie adaptée, c'est probablement incompatible avec la survie de l'espèce humaine, surtout avec l'accélération du processus.

Notre maison brule
Diminuer drastiquement les émissions de GES, de 70 % à l'horizon de 2050, donc commencer très vite et très fort.
Arrêter complètement le recours aux énergies fossiles et laisser charbon, pétrole et gaz naturel dans le sol. On voit tout de suite que ce n'est pas «Totalo-compatible» et que la frénésie extractive ne faiblit pas (gaz de schistes, sables bitumineux, profondeurs océaniques), au prix de dégâts gravissimes sur l'environnement et la santé humaine.
Recourir aux énergies renouvelables (soleil, vent, hydroliennes) qui couvrent amplement les besoins (scénario Négawatt (3) modélisé par des scientifiques indépendants).

 

Il va falloir choisir entre le suicide collectif et l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques


Choisir l’efficacité énergétique : ferroutage plutôt que camions pour le fret, isolation thermique des habitations et bâtiments publics, recours à des matériaux renouvelables comme le bois, les fibres de chanvre, de lin, les textiles recyclés, abandon de l'agro-industrie au profit de l'agriculture paysanne sans engrais issus du pétrole, rétablissement des forêts, diminution de l'élevage animal.
Changer nos habitudes de consommation (consumérisme, multiplication des appareils énergivores, alimentation carnée, déchets). Cela s'appelle la décroissance, la simplicité volontaire, et cela rend la liberté.
Résister et se battre : actuellement a lieu la 21ième conférence sur le climat, qualifiée de dernière chance. Les décisions sont urgentes, douloureuses et incontournables. Il faut que les citoyens conscients et responsables, à la différence de leurs gouvernements, se manifestent en masse contre ce que l'on peut qualifier d' «écocide»  pour le profit de quelques uns.


Pour finir, quelques réflexions d'hommes avisés :
"Il va falloir choisir entre le suicide collectif et l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques", Albert Camus
"Le monde contient bien assez pour les besoins de chacun, mais pas pour la cupidité de tous", Gandhi 

 

1): http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/08/13/a-partir-de-ce-soir-la-terre-vit-sur-ses-reserves_4722826_3244.html
2) : biomasse : ensemble de la matière vivante, végétale et animale
3) : http://www.negawatt.org/scenario-negawatt-p130.html

Sources :
Le Monde.fr : les 10 points marquants du dernier rapport du GIEC
Greenfacts.org : changement climatique. Mise à jour GIEC 2013
Résister : Agenda des manifestations sur : ccfd-terresolidaire.org ou Greenpeace, ou WWF
Pétition sur : action2015 .powerli-ne
Communiqué 10 nov 2015 Attac France : https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/precop-l-ecart-entre-2-oc-et-3-oc-s-appelle-un-crime-climatique
coalitionclimat21.org

 




Source : IPCC Climate change 2013

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