Notre ami Clo s’est montré particulièrement inspiré pendant la période du confinement et du déconfinement. Parmi toute sa pertinente production ce dessin évoque les manifestations mondiales en réaction à la mort de George Floyd. Il fait allusion aux centaines de policiers et de soldats de la garde nationale aux USA qui se sont agenouillés en signe de solidarité avec les manifestants. Et aux députés démocrates qui ont déposé le 8 juin une proposition de loi pour réformer la police américaine.

Certains préféreraient qu’on ne fasse pas le lien avec la mort de Mohammed Gabsi à Béziers. Pourtant cette mort est survenue aussi pendant le confinement lors d’une interpellation ici de la police municipale chargée de faire respecter l’arrêté de couvre-feu du maire. Un homme est mort car il était hors de chez lui à 22h30. Et qu’il n’avait pas ses papiers d’identité sur lui.

Dans le code de déontologie de la police municipale les articles 9 et 10 déclarent que dans cette situation le recours à « la contrainte » est rendu possible à condition de rester « strictement nécessaire et proportionnée ». Ni l’état du contrevenant ni la nature du manquement ne justifiaient une telle réponse. Et les mots ici ne peuvent être que faibles.  Robert Ménard a axé toute sa politique sur la sécurité en triplant le nombre d’agents relevant du département de la sécurité publique. Il lançait encore le 20 mars un appel à recrutement de 9 gardiens brigadiers et gradés de police municipale. C’est au maire que revient également de définir le champ d’intervention de la police municipale. La plupart des communes leur confèrent un rôle à dominante préventive. L’acharnement avec lequel la police municipale exerce son pouvoir de contrôle sur les populations les plus précaires depuis 6 ans ne pouvait que conduire à commettre une faute, qui a été fatale pour Mohamed Gabsi. Quand on sait que la police municipale pour être recrutée suit une formation initiale d’une durée de seulement 6 mois avec une obligation de 10 jours seulement de formation continue tous les 5 ans, on a froid dans le dos. Pour autant le maire de Béziers n’a exprimé aucune sympathie à l’égard de la famille. Quand des parents avaient accusé deux atsem de maltraitance à l’égard des enfants dans une école de Béziers au printemps 2019, il avait aussitôt suspendu les agentes à titre conservatoire alors même qu’aucune plainte n’avait été déposée. Ici rien de tout ça. Pas un mot, pas de suspension. Au contraire Robert Ménard se vante des 40 000 contrôles exercés dans la ville de Béziers pendant le confinement. Et sa femme de député en fait de même à l’Assemblée. Ouh, ouh, Monsieur Ménard, on se réveille, un homme est mort dans votre ville. A genoux, Monsieur le maire, A genoux.   

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