Voici quelques chroniques de Visa 34 (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) avec qui Envie à Béziers est partenaire, consacrées à la vie locale biterroise de septembre et octobre 2020.

7 septembre Après avoir favorisé un projet local puis encensé le projet des Émiratis, puis encore changé d’avis en déclarant que ce dernier « n’était que du vent », Robert Ménard a assisté à une assemblée générale extraordinaire de l’ASBH de rugby pour officialiser Jean-Michel Vidal comme nouveau président du directoire du Club et Mickaël Guedj, président du conseil de surveillance. Pour permettre à la ville de devenir actionnaire et avoir la mainmise sur les comptes de l’ASBH, une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) s’est créée afin de gérer le club. Côté finance, Joseph Francis (un Montpelliérain) a apporté une caution de 1 million d’euros pour passer le contrôle des finances. Le club devra le rembourser plus tard. De son côté, Robert Ménard a confirmé que la ville et l’agglomération allaient lui verser chacune 200 000 euros. Et ce, avant même que ces structures ne votent leurs subventions (Pas mal la démocratie selon le maire de la ville !)

11 septembre Sur France Info, le maire de Béziers a abordé la question du séparatisme. "Sur le séparatisme, il faut employer les bons mots. C'est l'islamisme la question. On a un problème avec les bouddhistes, les taoïstes, les juifs en France ? Évidemment pas, il y a un problème avec l'islam", c’est comme cela qu’il glisse sans complexe de l’islamisme à l’islam en général. Et de poursuivre dans la stigmatisation : « À chaque fois qu'un commerce maghrébin se met en place, un bistrot par exemple… les femmes n'y rentreront plus jamais parce qu'elles n'ont pas leur place et elles le comprendront en 10 secondes […] le problème, ce n'est pas tant le terrorisme mais une façon d'être dans la ville et de se comporter, qui n'est pas la même". Finalement, c’est toute sa vision ethnique qui se répand sur l’antenne lorsqu’il révèle : "Je ne supporte pas des femmes voilées dans la ville ».

21 septembre. Comme prévu, après le conseil communautaire (l’Agglo) qui a accordé 200 000 euros à l’ASBH, le maire de Béziers a fait voter au conseil municipal une nouvelle subvention exceptionnelle de 200 000 euros à ce club. Finalement, ces deux instances entérinent toutes les décisions du maire d’extrême droite… L’opposant au maire Christophe Huc a expliqué que « le club de rugby reçoit déjà une subvention annuelle de 900 000 €. Cela représente quatre fois plus que l’ensemble des subventions versées à tous les autres clubs biterrois ». Et de comptabiliser toutes les subventions que ce club a reçu depuis 6 ans : « À cette subvention exceptionnelle, nous devons rajouter celle de l’Agglo, plus la subvention exceptionnelle de 200 000 € votée en avril dernier, celle de 300 000 € de juin 2019, celle de 271 000 € de février 2016. Nous arrivons à un total de 7 271 000 € auxquels il faut rajouter les 5 700 000 € de travaux effectués sur le stade Raoul-Barrière. » Et de conclure : « Nous ne pouvons pas continuer à engager autant d’argent public sans avoir connaissance des conclusions de l’audit financier ». De son côté, Nicolas Cossange a rappelé qu’en 2019, le maire avait fait la promesse de présenter les comptes de l’ASBH. « Or à ce jour, les élus et la population biterroise n’ont toujours pas eu accès à ces comptes ». D’ailleurs, il semblerait que le maire souhaite exonérer le club de rugby de la redevance annuelle pour le stade Raoul Barrière et la brasserie Côté vestiaire. Coût du nouveau cadeau : près de 60 000 euros… Une chose est certaine, c’est le contribuable qui colmate les brèches à chaque fois.

22 septembre. Le journal Mediapart ressort une affaire classée sans suite sur la mort d’un homme à Béziers, après une intervention policière. Quatre ans après les faits, les proches de la victime veulent toujours connaître la vérité sur la mort de Godefroid Djinekou, alors qu’il était en proie à une crise de panique dans les rues de la ville. Les faits se sont déroulés le 22 septembre 2016 et la scène a, en effet, été filmée. Vers 4 h 30 du matin, une équipe de la BAC et deux membres de la police (nationale et municipale) de Béziers interviennent sur la voie publique pour tenter d’appréhender un homme de 46 ans en pleine crise de démence. S’ensuit alors une interpellation musclée qui selon un témoignage montre que « Godefroid est victime d’un plaquage ventral avec genoux sur la colonne vertébrale et clé de bras ». À 4 h 40, les policiers constatent qu’il a perdu connaissance en attendant les pompiers suivis du médecin du Smur qui constate le décès à 5 h 30 après plusieurs tentatives de réanimation. Une expertise médicolégale, réalisée plus tard, montrera que « la victime souffrait d’une insuffisance coronarienne » et que « la contention physique prolongée au sol en décubitus ventral, et l’exposition à du gaz lacrymogène avaient bien joué un rôle dans sa mort ». Ce que confirment respectivement Aimé et Magloire Djinekou, les deux frères de la victime : « Pour moi, ils l’ont aidé à mourir ». Mais pour le procureur de la République de Béziers qui a classé l’affaire, « l’usage nécessaire de cette force était raisonné, proportionné et conforme aux techniques d’interventions professionnelles en vigueur ». Sauf que « l’usage raisonné » a bien contribué à tuer. Pour autant, plusieurs irrégularités ont été signalées, comme par exemple les témoignages des agents étant intervenus ce soir-là qui ne concordent pas. De la même manière, le premier certificat de décès établi était faux, un témoin important a été marginalisé dans le rapport d’enquête et curieusement, les images de vidéo-surveillance sont illisibles ou ont disparu. Comme l’expliquent l’avocat et la famille « cela en dit long sur la façon dont les violences policières sont traitées par la justice en France… » La mort de Godefroid Djinekou à Béziers entre les mains de la police rappelle tragiquement celle de Daniel Prude à New York en mars dernier et surtout celle de Mohamed Gabsi, le 8 avril dernier à Béziers. Suite à ces révélations, le parquet a annoncé sa décision de réouvrir une information judiciaire.

24 septembre. Interviewé sur CNews (chaîne de plus en plus complaisante avec l’extrême droite), Robert Ménard stigmatise à son tour les mineurs isolés (jeunes migrants) afin de rivaliser avec Marine Le Pen. Il ment honteusement en affirmant sans aucune preuve que selon lui « ils seraient majeurs pour la moitié, et délinquants ». Il ajoute que « c’est des mafias qui organisent cela et c’est une source de délinquance phénoménale ». Il ment encore sur un autre chiffre pour dire que « 80 % des demandeurs d’asile viennent pour des raisons économiques » et qu’ils « ne sont pas menacés ». Évidemment, il n’a pas un mot sur Mohamed Gabsi, mais avance encore un chiffre, probablement inventé, en affirmant : « Il y a eu 116 policiers municipaux qui ont été blessés en tentant de faire respecter l’ordre dans ma ville ». Pour finir, Robert Ménard a parlé d’élections et expliqué qu’il allait rencontrer Brigitte Barèges (maire LR de Montauban et ancienne tête de liste de l’UMP en Midi Pyrénées en 2010), sauf que cette rencontre n’a pas été appréciée, ni par le RN, ni par le LR. Alors, il a asséné son nouveau leitmotiv populiste : « Vous savez, nos idées gagneront contre ces 2 partis. Eux, c’est le même sectarisme, la même bêtise, c’est les mêmes nullités, c’est tout ce que l’on déteste… » Et de continuer sur la corde vulgaire : « Quand on voit la connerie des uns et des autres, putain, on va les envoyer balader et on va faire autre chose, sans eux ». À la question sur sa propre candidature aux présidentielles, il a répondu : « Je ne suis pas candidat » mais « on va attendre les régionales » et de désigner, comme par hasard, un candidat qui lui ressemble : « Oui, il faut un aventurier de droite qui bouscule ces états-majors. Il faut renverser la table. On est en train de rechercher cette personne-là et je vous garantis que l’on va la trouver car les Français n’en peuvent plus du jeu politicien ». Le soir même, il était sur France 2 face au premier ministre Jean Castex, et comme à son habitude, a déroulé ses obsessions : insécurité, immigration avant d’affirmer que « le Sous-Préfet de l’Hérault lui a expliqué que s’il voulait mettre la police municipale dans tel ou tel quartier pendant le Ramadan, ce serait de la provocation ». Interrogé par la Pieuvre du Midi, le Sous-Préfet Christian Pouget a répondu : « non, évidemment non. On va dire que c’est une confusion de M. Ménard… » Quant à la Dévèze, le Sous-Préfet a expliqué « qu’il y a des soucis dans ce quartier, mais comme partout en France, ce n’est pas plus compliqué ici qu’ailleurs, ni moins, c’est pareil… »

28 septembre. Sortie du deuxième numéro du Journal du Biterrois et comme on pouvait s’y attendre, le maire de Béziers renoue avec ses habitudes de délations publiques (triste référence). La désignation du coupable est assez claire dans la question posée en titre : « Marchands de sommeil, à qui profite le vivre-ensemble ? ». On sent que le coupable, l’autre, l’étranger est tout désigné… Cela commence avec des photos de personnes à peine floutées et un texte ignoble « Mohammed El H. et sa famille sont propriétaires de sept immeubles et d'une vingtaine d'appartements dispersés sur tout Béziers. Ce sont ce qu'on appelle des « marchands de sommeil ». Leur business est simple ; ils louent leur appartement à des allocataires de la CAF » et, le journal n’est pas à un raccourci près, « c'est l’État qui paye, c’est à dire vous et moi et ça fait des années que cela dure… ». Et de poursuivre sur la dénonciation publique du bouc émissaire idéal version Ménard en désignant deux cafés sur le bas des Allées Paul Riquet, le Bel Canto et le Riquet où sont « installées des terrasses sur le domaine public, sans autorisation de la mairie de Béziers… 312 amendes ont été dressées, mais leurs patrons s’en moquent. Ils se croient manifestement au-dessus des lois de notre pays, dit le nouveau journal de propagande, histoire de souligner qu’ils ne sont pas forcément d’origine française. D’ailleurs, le journal précise que ces deux cafés sont « communautaires » et « on n’a jamais vu une femme consommer un verre ». Répondant à ces affirmations, la gérante du bar affirme dans le Midi Libre, qu’elle n’a jamais reçu le moindre avis d’amendes. « Mon fils avait demandé une attestation d’inscription au registre du commerce avec un justificatif d’assurance » et « j’ai fait une deuxième demande en août, mais sans suite ». Elle affirme n’avoir jamais reçu de courrier « nous expliquant, pourquoi on interdit notre terrasse, alors que nos voisins, sur le même domaine public, en ont une ». Elle a essayé de joindre le maire, mais n’a jamais eu de réponse. « C’est leur droit de nous refuser une autorisation de terrasse mais qu’ils nous disent pourquoi. Soit ls la donnent, soit ils la refusent mais à tout le monde. On est dans un pays d’égalité de droit. ». Quant à la clientèle féminine, elle explique qu’« il y a des femmes qui viennent prendre le café ou le thé dans l’après-midi ». Quant à l’autre café visé dans l’article, le « bel Canto », le gérant raconte : « J’ai acheté le fonds de commerce 25 000 euros et je paie ma location chaque mois à l’agence immobilière, pour mon bar et les terrasses… J’ai investi 60 000 euros de travaux pour rénover le café et maintenant je dois m’attaquer au sous-sol ». Or, le 14 septembre dernier, il a reçu un recommandé de son agence immobilière qui ne veut plus reconduire son bail de 3 ans… C’est pour cela qu’il se dit déterminé à porter plainte. Quant à l’accusation de ne pas servir de femmes, il nie catégoriquement (comme de nombreuses autres personnes). De son côté, l’agence immobilière explique qu’« il y a un climat délétère autour du café et une pétition des riverains a été envoyée au maire pour dénoncer les nuisances sonores mais aussi une activité de trafic de drogue. Et même la police municipale qui affirme que « l’établissement attire une population peu recommandable de dealers » (sic ?) et que les habitants s’inquiètent car « cela dévalorise leurs biens » … Étrange pour une police municipale de considérer les clients d’un café comme potentiellement en infraction sans constater de délit… Autre dénonciation dans ce journal, celle contre l’ancien président de l’agglomération Frédéric Lacas, à propos de la piscine de Sauvian. Selon le journal, il savait que « des malfaçons étaient trop importantes pour ouvrir et malgré tout il a inauguré la piscine dans la précipitation alors qu’il savait pertinemment qu’elle ne fonctionnerait pas pendant des mois ». Ce qui a fait, une nouvelle fois bondir Florence Taillade, élue d’opposition, qui a rétorqué : « Robert Ménard en tant que vice-président de l’agglomération, a toujours voté depuis 2015 pour cette piscine… Et chaque vote était accompagné d’un point sur de situation sur les travaux et le montant des subventions, alors faire semblant de découvrir la situation et s’en offusquer. De qui se moque-t-on ? »

Le 6 octobre. Tiens, tiens, Mme Emmanuelle Ménard a voté, avec les députés LREM, une loi visant à réintroduire pour 3 ans les néonicotinoïdes (insecticides tueurs d'abeilles) dans l’agriculture. Pour info, elle avait participé à la Fête du Miel, le 26 septembre dernier pour défendre les apiculteurs. Juste 10 jours avant de retourner sa veste !

10 octobre Les Ménard(s) ont été les rares élus à défiler à la Manif pour tous à Toulouse, pour s’opposer au projet de loi sur la Bioéthique et la PMA. Dans une tribune de Valeurs actuelles, Robert Ménard a expliqué son point de vue, hallucinant : « La crevette, le moustique ont des droits ; l’enfant a seulement celui d’être trucidé au dernier jour de la grossesse… Pour les enfants qui auront évité la mort, la « loi » a déjà réservé une autre surprise : on a flingué papa… Le bébé pourra naître au milieu de deux mamans ou trois qui sait…Le papa n’est plus qu’une option et être père aura la validité et la longévité d’une appli téléchargeable.. Entre les écolos qui ne veulent pas avoir de gosses pour diminuer le bilan carbone et les marchands de PMA qui pensent déjà au fric qu’ils vont palper, l’avenir est sombre pour les enfants… L’ère de l’euthanasie parachèvera la grande inversion… ».

16 octobre. Le journal biterrois La Pieuvre du Midi a lu le nouveau livre de Robert Ménard, Journal intime de campagne, dont l’inspiration lui est venue lors d’un séjour en Suisse auprès de son ami Oskar Freysinger…. Le journal satirique relève que ce monsieur est à l’origine de la « votation » citoyenne contre la construction d’un minaret, adoptée par 57,5% des suffrages. Il était aussi la vedette des « Assises contre l’immigration » tenue à Paris en 2010, proche également des milieux identitaires et bien entendu un « militant contre le génocide invisible » de l’avortement… Joli parcours !

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