16 mars. Mediapart a publié plusieurs articles dénonçant la présence de soldats affichant leurs sympathies néo-nazies sur les réseaux sociaux. Ces articles sont étayés, notamment, par des photos ou vidéos saisies dans certaines casernes. Une cinquantaine de cas ont été ainsi révélés. Et l’un d’eux est en poste dans l’Aveyron, à la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, installée depuis 2016 sur le plateau du Larzac. La vidéo le montre avec un tee-shirt de la division SS Charlemagne en train de faire un salut hitlérien. Ce même militaire s’en prend également à l’artiste Bilal Hassani par les mots « Zyklon B sa mère », en référence au gaz utilisé par les nazis dans les camps de concentration pour exterminer plusieurs millions de juifs. Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, assure que cette situation ne concernerait que « quelques cas isolés, des dérives individuelles sur un total de 210 000 militaires… mais qu’une enquête interne a été lancée ». Enfin, le colonel Aubry, responsable de la Légion étrangère au Larzac explique : « Je ne veux incriminer personne à ce stade. Je l’ai appris par voie de presse comme tout le monde hier soir. C’est choquant et consternant », a-t-il indiqué. Depuis ce légionnaire a été exclu de l’armée. Cela dit dans le Journal du Biterrois paru le 1er mars, il y a une pub pour cette même Légion étrangère, accompagnée d’une photo de ce colonel qui nous montre du doigt pour savoir si on « est tenté par la Légion ». Dans ce numéro, il explique: "Tout le monde peut venir rejoindre notre réserve opérationnelle, de 17 à 40 ans, avec ou sans expérience militaire » et il ajoute: « Peu importe si vous avez ou non des diplômes, peu importe votre race ou nationalité. Il faut juste avoir le désir de servir la France. » Visiblement ce colonel a des conceptions plutôt racialistes de l’espèce humaine, d’ailleurs il précise : « Nous sommes en contact régulier avec le maire de Béziers qui nous a déjà rendu visite à la base. Il aime notre façon d'intégrer et même d'assimiler des gens venus des quatre coins du monde ! ». Cette façon très encadrée, très militaire, très fascisante doit plaire visiblement au maire de Béziers.

17 mars. La députée Emmanuelle Ménard a écrit à la ministre Roselyne Bachelot pour se plaindre de la disparition des chiffres romains dans les musées au prétexte qu’un nombre grandissant de visiteurs ne sait plus lire la numérotation antique. En ligne de mire le Louvre et surtout le musée Carnavalet. Pour elle, il s’agit d’une destruction et d’un nivellement par le bas. « Ces chiffres font partie de notre héritage, et parce que nos racines ont un sens, ces chiffres doivent être protégés. Notre culture, notre patrimoine ne peuvent être sacrifiés, amoindris, simplifiés au prétexte d’attirer plus de personnes », écrit-elle.
Deux jours plus tard, un billet de la cheffe d’agence du Midi Libre lui répond - en précisant que ces chiffres sont toujours enseignés en primaire et dans les collèges- : « il est certain, au vu des critiques qui s’abattent sur elle, que Roselyne Bachelot a du temps à consacrer aux chiffres romains… Tout comme la députée de Béziers ». Évidemment cela n’a pas plus à la députée qui lui a répondu, via les réseaux sociaux, en reprochant au Midi Libre de ne jamais parler de son travail de députée, alors que pour d’autres les colonnes du journal sont grandes ouvertes. Le surlendemain, nouveau billet d’humeur de la même cheffe d’agence : elle raconte que devant la cathédrale dans sa Lozère natale « nombre d’enfants et de visiteurs parlent de Urbain Vé pour Urbain V ». Et elle rassure la députée que les chiffres romains n’ont pas disparus du musée Carnavalet « pour rendre ses parcours encore plus accessibles, le musée fera côtoyer les deux systèmes de numération et que cela n’entache en rien la culture française ».

19 mars. Un rassemblement organisé par le Mouvement de la Paix s’est tenu devant la rue du Commandant Hélie Denoix de Saint Marc « pour un retour au nom d’origine de la rue du 19 mars 1962 ». En effet en 2015, Robert Ménard a débaptisé cette rue (date du cessez-le-feu en Algérie) pour lui donner le nom de cet officier putschiste. Celui que le maire de Béziers considère comme un « héros français » était directeur de cabinet du général Massu (le tortionnaire de la bataille d'Alger) avant d’avoir occupé, à la tête du 1er Régiment étranger de parachutistes, divers points stratégiques de la ville d’Alger dans une tentative de renverser le gouvernement de la France en avril 1961. Cette année la pose symbolique d’une plaque en carton « Rue du 19 mars 1962 » s’est déroulée tranquillement devant une vingtaine de personnes jusqu’au moment où la police municipale est arrivée. Ces fonctionnaires, dont certains n’hésitaient pas à chercher le contact physique, ont prétendu que le rassemblement était interdit (alors qu’il était déclaré à la sous-préfecture) ou que la distanciation physique n’était pas respectée. Un cameraman a été empêché de travailler : un policier s’est placé délibérément devant son objectif. Heureusement au bout de quelques minutes la police du maire est partie, Quelques militants ont alors pris la parole en revenant sur le rapport de Benjamin Stora qui, malgré certaines critiques, lève la chape de plomb qui recouvrait jusqu’ici ce pan de notre histoire. D’autres se sont souvenus de la peur des familles de voir partir leurs enfants pour faire le service militaire là-bas ou encore du soulagement des appelés du contingent en apprenant la signature du cesse-le feu. Enfin Raymond, enfant en Algérie en 1955, s’est souvenu de cet officier français menaçant son père instituteur de gauche « de lui faire creuser sa propre tombe ! ». Signalons que la mairie de Béziers a mis ses drapeaux en berne car, pour elle, le 19 mars est une trahison. En revanche Bertrand Gelly (maire de Corneilhan et soutien de Robert Ménard à l’Agglo) a participé à une cérémonie pour commémorer ce cessez-le-feu.

21 mars. Les extrémistes ultra violents de la Ligue du Midi ont organisé une conférence en vue de s’implanter à Narbonne. Richard Roudier et son fils Olivier avaient fait le déplacement pour l’occasion. À noter que dans l’assistance, on trouvait Nicole Mina, Conseillère régionale RN de l’Occitanie et ancienne élue de Marsillargues dans l’Hérault. Finalement les liens entre l’extrême droite parlementaire qui se veut respectable et les plus violents des activistes sont toujours bien réels… D’ailleurs, selon leur presse, « L’assistance a pu se délecter des diapositives de l’attaque du local du RAIH (Réseau Accueil Insertion Migrants de l’Hérault) ».

22 mars. À l’appel du "Collectif du 22 mars, ni oubli, ni pardon", une centaine de personnes se sont rassemblées devant la faculté de droit de Montpellier afin d’apporter un soutien aux étudiants agressés par un commando d’extrême droite le soir du 22 mars 2018. L’avocat des parties civiles a rappelé que « 7 personnes seront jugées mais en regardant toutes les images on a le sentiment qu’il y en avait plus ». À noter que l’un des principaux inculpés, le professeur Jean-Luc Coronel de Boissezon, est aujourd’hui enseignant à l’ISSEO, l’école de Marion Maréchal.

23 mars. Un hommage a été rendu, à Trèbes dans l’Aude, aux 4 victimes des attentats terroristes de Trèbes et de Carcassonne de 2018. À Béziers, le lendemain, le maire et le sous-préfet de Béziers ont rendu hommage au seul colonel Arnaud Beltrame. Pourquoi l’oubli des trois autres victimes ? Peut- être que la fascination pour la gendarmerie explique cela ?

24 mars. Au tribunal de Béziers se tenait le procès intenté par la SPA pour interdire les corridas au nom d’une loi contre la souffrance animale. Selon un avocat des amoureux de la tauromachie « l’animal souffre plus en Alaska ou en Bourgogne que chez les Basques ou les Biterrois. Pourquoi ? Au nom de la tradition. » (sic !). Robert Ménard et une centaine de manifestants pro-corridas ont fait face à une dizaine de membres du Comité de liaison biterrois pour l’abolition des corridas (Colbac).
Selon un sondage, 73% des français sont contre les corridas et ils sont encore plus nombreux à se prononcer pour l’interdiction d’assister à ces spectacles pour les mineurs.

25 mars. Après l'attaque par un commando d’extrême droite contre la librairie "la Plume Noire" à Lyon le 20 mars dernier, c’est en pleine séance plénière du Conseil régional d’Occitanie à Toulouse, que plusieurs militants de l’extrême droite royaliste, Action française, vêtus de noir et cagoulés, se sont introduits dans l’hémicycle, en agressant des agents de sécurité et en criant « À mort les islamo- gauchistes ! » Deux personnes ont été interpellées et une banderole a été abandonnée sur place sur laquelle était inscrit : « Islamo-gauchistes : traîtres à la France ». Comme les bâtiments du conseil de Région sont surveillés, on pense que les individus sont entrés par le parking et auraient bénéficié de complicités. D’après le porte-parole du mouvement monarchiste, c’était pour « dénoncer le financement de la grande mosquée de Toulouse, tenue par un islamiste, et le financement de SOS Méditerranée, un organisme de passeurs de migrants déguisé en organisation humanitaire. » Pour la Ligue du Midi, il s’agit de « combattants de notre survie. Nous avons défendu Génération identitaire, pourquoi accabler Action française ? Les réactions des élus gauchistes et gaucho-compatibles nous démontrent par ailleurs le bienfondé de cette intervention, qui a d’évidence déstabilisé les rouges-verts peu habitués à subir ce qu’ils infligent aux autres. C’est en soi une petite victoire qui peut en amener d’autres » … La menace est à peine voilée. En revanche, le syndicat Solidaires Sud Collectivité territoriale de l’Occitanie a souligné à juste titre que « ces images de militants de l'Action française dans un hémicycle régional ne sont pas sans nous rappeler celles des membres du commando de la Ligue du Midi dans l'amphithéâtre de la Faculté de Droit de Montpellier il y a tout juste 3 ans, quasi jour pour jour ». Il faut dire que le lendemain, des étudiants du même mouvement royaliste ont accroché une banderole et allumé des fumigènes sur une coursive extérieure de l’Institut d’études politiques (IEP) de Strasbourg, là aussi pour protester contre l’islamisme. Ils avaient déjà agressé, quelques jours plus tôt, des militants du syndicat Solidaires de cette ville. En agissant ainsi, l’extrême droite montre une nouvelle fois son vrai visage : action violente et volonté de bâillonner la démocratie. Évidemment, le Rassemblement national et Robert Ménard ont dénoncé cet acte mais force est de constater que c’est eux qui alimentent par leurs discours le rejet des populations musulmanes et la haine de la démocratie.

26 mars. Un ancien appelé de la Guerre d’Algérie évoque sur son blog le drame de la rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962, peu de temps après les accords d’Évian. Il écrit : « On aurait dû se réjouir de l’issue d’une situation devenue insupportable …Mais c’était sans compter sur l’OAS, organisation terroriste qui avait développé l’idée qu’il fallait maintenir l’Algérie française, et poursuivre la guerre ». Ils avaient appelé la population à « manifester, bravant l’interdiction. Et ce fut le carnage face aux tirs d’un régiment de tirailleurs algériens. On enregistra des dizaines de morts et un nombre sans doute plus grand de blessés. On peut avoir une pensée émue pour ces pauvres gens qui se sont laissé entraîner par un mot d’ordre irresponsable ». Et l’ancien appelé en Algérie termine son texte ainsi : « À Béziers comme chaque année, un rassemblement a lieu devant une stèle qui rend hommage à quatre assassins de l’OAS, condamnés à mort par la justice et exécutés pour leurs crimes. L’un d’eux, Bastien-Thiry, avait attenté à la vie du chef de l’État ! Ainsi va l’exploitation d’un drame. »

26 mars. À Perpignan, une conférence de presse a annoncé la création officielle d’un VISA 66 dans les Pyrénées-Orientales. Il est composé de 5 structures syndicales : CGT, Solidaires, FSU, la Confédération paysanne et la CNT. En plus de l’élection de Louis Aliot à la tête de la ville, VISA 66 a alerté sur les dangers de l’extrême droite : « Ces temps-ci, on voit des affiches de l’Action française fleurir les murs de Perpignan. Il y a aussi des identitaires… Mais le pire, c’est la progression des idées d’extrême droite dans le monde du travail… Beaucoup de gens disent : "on a essayé la droite et la gauche ils sont pareils." Mais on a également essayé le fascisme. De nombreux habitants du département sont d’ailleurs des descendants de réfugiés espagnols qui l’ont fui. ». En préparation, également, une riposte au congrès national du RN les 3 et 4 juillet prochain « pour montrer qu’il y a une opposition en face ».

27 mars. Comme annoncé lors du débat d’orientation budgétaire les trois taxes ont été votées au Conseil communautaire  par la majorité des maires pro-Ménard. Dans ce budget principal, le fonctionnement représente 112,3 millions d’euros et les investissements 48,8 millions d’euros. Le vice-président aux finances, Bernard Gély, note une baisse des dépenses de fonctionnement avec moins d’externalisation et de communication, une baisse des subventions à l’aéroport et à l’office de tourisme (tiens, tiens). Mais les frais de personnels augmentent de 400 000 euros pour s’établir à 27 millions d’euros. À noter que les maires de Bassan, Espondeilhan et Coulobres, pourtant membres du groupe d’opposition, ont voté pour ce budget.

28 mars. Dans un article intitulé « Qui sont les jeunes fascistes locaux ? », le journal numérique montpelliérain Le Poing  explique que « quelques étudiants montpelliérains ont monté en mai 2020 leur propre groupe, nommé « Jeunesse Saint-Roch » en référence au saint-patron de Montpellier ». Ce groupe, largement contesté, de plusieurs individus « ayant tourné autour de la Ligue de Midi, des royalistes de l’Action française et autres groupuscules nazillons, est composé de deux jeunes de Castelnau-le-Lez, étudiant à l’université Paul-Valéry, ainsi que d’un ex-skin néonazi et de quelques étudiants issus de la haute-bourgeoisie biterroise.».« Les références des membres de la « Jeunesse Saint-Roch » témoignent d’un affligeant mélange de référence au nazisme et au royalisme, d’une pseudo-spiritualité « catho tradi » et païenne, de postures hooligans antisystèmes et de discours pro-police. Cette petite bande a collé dans les rues de Montpellier, trois jours après le meurtre de Samuel Paty, des messages accusant les professeurs d’être complices de l’islamisme… ». Enfin l’article explique que « ce groupe utilise un label « south face » employé aussi par des militants fascistes de Nîmes, d’Avignon et de la région ».

28 mars. Le journal La Pieuvre du Midi révèle quelques idées et méthodes de Robert Ménard sur les réseaux sociaux. Par exemple, sur la page Facebook de la ville, on a une idée très « réac » pour parler des 150 ans de la Commune de Paris : « Alors que la France vaincue par l’Allemagne tente de panser ses plaies, un gouvernement d’extrême gauche installe un pouvoir socialiste dans la capitale. Le drapeau rouge est adopté. La Commune se pense comme une « République universelle » et ouvre donc sa citoyenneté aux étrangers. Elle sépare l’Église de l’État et imagine l’école laïque. L’expérience dure jusqu’au 28 mai 1871, jour où les « Versaillais » écrasent les derniers communards… ». Commentaire du journal : « la naturalisation des étrangers, l’école laïque, la séparation des églises et l’État… Inutile de préciser que rien dans l’oeuvre de la Commune ne peut convenir à l’actuelle majorité municipale ». Ensuite sur la page Facebook de l’Agglo qui rend compte de toutes les visites de Robert Ménard aux autres maires, on apprend qu’il est venu à Sérignan dont le maire Frédéric Lacas est l’ancien président de l’agglomération. Mais, explique le journal La Pieuvre du Midi « … pas plus le photographe de l’agglomération que le rédacteur de l’article ne l’aperçoivent, pourtant le maire de cette ville était bien présent. Ce n’est que sur la page Facebook de Sérignan qu’on le retrouve. ». Dire que Robert Ménard défendait la presse et critiquait le Midi Libre comme étant un journal nord-coréen. Très « petit » comme attitude mais aussi révélateur d’un état d’esprit.

 

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