1er mars. Lors du débat d’orientation budgétaire de l’agglomération Béziers-Méditerranée, trois taxes ont été évoquées:

une nouvelle taxe Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) qui s’appliquera aux propriétaires; une taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et une surtaxe sur le prix de l’eau et l’assainissement. Mais dans le journal dirigé par Robert Ménard en date du 1er mars, (et distribué gratuitement à 75000 exemplaires), le maire justifie ces taxes en accusant l’ancienne équipe dirigeante de l’Agglo, aujourd’hui dans l’opposition, d’avoir caché des chiffres pour les laisser à la charge de la nouvelle Agglo. La une du journal montre un couple visiblement surpris d’adultère avec ce titre « l’ancienne Agglo prise sur le fait ».


Devant tant de manipulation, l’ancien président de l’Agglo, Frédéric Lacas (maire de Sérignan), Florence Taillade (présidente du collectif Ensemble pour le Biterrois) et Bernard Auriol (maire de Sauvian) ont organisé une conférence de presse afin de rétablir la vérité.
Florence Taillade a expliqué qu’elle était « atterrée par le journal de Ménard. Sur la forme et sur le fond… Il oublie délibérément qu’il était, en tant que vice-président, associé à toutes les décisions prises et qu’il a voté tous les budgets et comptes de l’agglomération. » Frédéric Lacas complète : « Comme son ami Robert Gély (vice-président chargé des finances dans l’ancienne équipe) qui est toujours en charge du budget… ». Il y a pire. Sur la taxe Gemapi, Bernard Auriol  précise : « J’avais abordé cette question en 2019 mais c’est Robert Ménard et Robert Gely qui avaient milité contre cette nouvelle taxe » car « c’était l’année qui précédait les élections municipales. Pourtant quand il y a une catastrophe, il faut bien anticiper ce genre de problème ».
Pour les deux autres taxes, soit, elles ne pouvaient pas s’appliquer légalement sans connaître le coût réel du service ou le nouveau schéma directeur pour l’eau et l’assainissement. Pour conclure, Frédéric Lacas est lui aussi écœuré par ces propos. Il pense que Robert Ménard « n’arrive pas à assumer le fait d’imposer des taxes à la population, alors pour se défausser, il essaie de faire porter sa responsabilité sur un tiers ». Bref, Robert Ménard a beau se plaindre, il est tout aussi responsable de la situation que ses prédécesseurs.

3 mars. Le décret de dissolution de Génération identitaire est paru au Journal officiel. Il repose sur deux arguments principaux : « un discours de haine incitant à la discrimination ou à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion » et « par sa forme et son organisation militaires… le caractère d’une milice privée ». Cela dit, le Conseil des ministres a justifié sa décision en détaillant certains actes ou phrases que les lecteurs de ces « faits et méfaits de l’extrême droite » ont régulièrement entendus ici à Béziers. Cela commence par ces mots : « L’acte fondateur de l’association s’inscrit dans l’occupation, en 2012, du chantier de la grande mosquée de Poitiers par plusieurs dizaines de militants se revendiquant de Charles Martel ou encore de la Reconquista ». Nous rappellerons à ce sujet que Robert Ménard était président du comité de soutien aux membres de Génération identitaire poursuivis par la justice dans cette affaire. Ensuite le décret précise que « l’association présente l’immigration et l’Islam comme des menaces que les Français doivent combattre et entretient délibérément un amalgame insidieux entre, d’une part, les musulmans ou les immigrés et, d’autre part, la « racaille », les « assassins » ou les terroristes, en visant ainsi à attiser le ressentiment d’une partie de la population à l’encontre des étrangers ou des Français d’origine étrangère. » Ou encore à « vouloir entrer en guerre contre tous ceux qui veulent nous arracher nos racines et nous faire oublier qui nous sommes ». Voilà le genre d’association que soutiennent le couple Ménard et toute l’extrême droite française. Il faut aussi rappeler que Brenton Tarrant, auteur de la tuerie de Christchurch en Nouvelle-Zélande, en 2019 (51 morts dans deux mosquées) était « membre bienfaiteur » de Génération identitaire.

5 mars. Dans le quartier de St Jean-de-Libron, les odeurs de la déchèterie étaient parfois insupportables. Robert Ménard jugeait que cette décharge était « une folie, un vrai scandale, mais que la situation changerait dès son arrivée aux affaires de l’Agglo ». Aussi, au cours d’une rencontre avec les habitants de ce quartier, Henri-Pierre Fabre, directeur de département déchèterie à l’agglomération de Béziers a expliqué que « le centre d’enfouissement ne fonctionne toujours pas comme prévu notamment pour les déchets organiques qui, en fermentant, dégagent des biogaz nauséabonds. » Robert Ménard a précisé que « l’usine de Valorbi continuait à recevoir des milliers de tonnes de déchets venues d’autres communautés de communes et de plusieurs entreprises privées spécialisées dans le ramassage des ordures ! À un prix inférieur à ce que cela nous coûtait ! Et c’est le contribuable qui payait la différence… Nous sommes en train de renégocier tout cela. Dans tous les cas, l’Agglo ne veut plus payer. Traiter les déchets des autres, c’est fini, ils n’apportent plus rien ici. » Du côté des riverains on notait une amélioration (à l’initiative de l’ancienne Agglo) mais « les craintes par vent fort et de pluie sont toujours là ». D’autres voudraient que la décharge disparaisse comme Robert Ménard l’avait revendiqué quand il n’était pas encore le président de l’Agglo. « Mais ça, ce n’est pas à l’ordre du jour » a expliqué Robert Ménard ce jour-là… En effet, le site va continuer à recevoir les déchets jusqu’en 2029.

5 mars. La mairie de Béziers a annoncé, à la grande surprise des parents et des enseignants, l’installation d’un club de billard dans la grande salle d’activité de l’école élémentaire Jean-Jaurès, quartier de l’Iranget. "C’est l’incompréhension", assure Jean-Christophe Llanta, président de l’association de parents d’élèves. « Cette salle sert énormément… en particulier aux élèves en situation de handicap ». Même son de cloche pour Thérèse Blanc, directrice de l’établissement : « nous la retirer constituera forcément un manque puisqu’elle est très utilisée, pour les activités sportives, la danse ou le théâtre. » De plus, cette décision entraînera également la suppression d’une douzaine de places de parking réservées au personnel. Face à cette levée de bouclier, la municipalité a expliqué tranquillement que « l’installation de l’association Béziers Billard Club est prévue pour septembre 2021 et [que]nous espérons que ce partenariat avec une école de la ville permettra de faire découvrir le billard, sport méconnu, aux enfants de l’école. » Et de poursuivre : « Ce type de partenariat existe depuis plusieurs années à Béziers avec la pétanque ou le rugby (ASBH) », tout en précisant que « la salle en question était très peu utilisée ». Ce que dément formellement la directrice de l’école. Encore une fois, la mairie préfère imposer ses choix sans vraiment tenir compte des enseignants et parents.

6 mars. Une bonne nouvelle. La Coordination antifasciste Occitanie (CA0) regroupant plusieurs syndicats et associations, vient de se créer à Toulouse. Une charte, un tract et affiche sont en cours de rédaction. 

9 mars. Selon L’Opinion, journal proche du MEDEF, Louis Aliot, Jean-Paul Garaud et Robert Ménard se sont rencontrés pour sceller les modalités de leur entente aux élections régionales et départementales… Pour ce journal « Louis Aliot ouvre la voie à droite et Marine Le Pen l’emprunte convoitant à fond l’électorat des Républicains pour 2022 ». Cela dit, selon deux sondages parus récemment sur les intentions de vote pour les Régionales en Occitanie, si dans tous les cas de figure, c’est Carole Delga (PS) qui arrive en tête au 1er tour avec 28% des voix, l’extrême droite obtiendrait avec la liste RN de Jean-Paul Garraud 26% (sans une liste concurrente de Robert Ménard). Pour le deuxième tour avec ou sans les écologistes, Carole Delga l’emporterait aussi facilement. Le journal précise tout de même que le maire de Béziers est connu par 67% des personnes sondés alors que Jean-Paul Garraud ne l’est que de 7%. En revanche au décompte des mauvaises opinions, Ménard arrive en tête avec 30%. Pour finir la journaliste pense que Robert Ménard devra se contenter de quelques cantons dans le département avec l’aide du RN.

10 mars. Depuis le 28 février, le service Culture de la Ville de Béziers a lancé une initiative « La culture à Béziers s’invite chez vous ». Chaque jour la page Facebook de la ville propose une petite vidéo d’un artiste, d’une compagnie ou d’un extrait de spectacle. Alors que toute l’activité culturelle est à l’arrêt complet, l’idée est intéressante même si la culture à Béziers se résume souvent à la Lyre biterroise ou à Daniel Guichard. Cela dit, pour annoncer cette initiative, le service culture l’a illustrée de la photo d’une femme de dos, en débardeur et short assez moulant, ouvrant une fenêtre. Comme si la culture à Béziers avait besoin d’un attrait sexué pour être valorisée et ce, à quelques jours de la journée internationale des droits des femmes. En fait, le machisme « ménardien » très répandu dans le journal de la ville est toujours à l’œuvre.

13 mars. Contre la loi « Sécurité Globale », une manifestation de 2000 personnes, s’est déroulée à Montpellier et des rassemblements se sont tenus à Sète et à Béziers. À Béziers les manifestants réclamaient en plus, la libération de Max.
Ce même samedi, il y a eu également à Béziers une manifestation du Colbac contre les corridas mais aussi un rassemblement de 200 forains sur les Allées Paul Riquet venus réclamer de pouvoir de travailler. Bien entendu, devant la fameuse grande roue, « l’emblème du maire » qui tourne à vide, le couple Ménard est venu les soutenir, histoire de faire dans la récupération. Alors, galvanisé par ce soutien, Jean Dubois, patron de la fameuse Grande Roue et ami du maire, a appelé la municipalité à « faire de Béziers, la capitale de la fête foraine ».

15 mars. Le Midi libre publie un reportage sur les usines Seveso dans le département. Ainsi, on apprend que Béziers et Villeneuve-lès-Béziers concentrent trois usines classées « seuil haut » dans la zone du Capiscol. Mais pour les maires de ces deux villes « ces usines sont dans le paysage depuis si longtemps que dans l’inconscient collectif, les gens vivent avec ». Et Robert Ménard de préciser : « Depuis que je suis maire jamais je n’ai pas vu des gens me faire part directement de leurs craintes. Et puis, il y a tellement de précautions prises que ça rassure les gens ». Conclusion du journal régional « Et donc tant qu’il n’y a rien… »

15 mars. Le journal de propagande de Robert Ménard s’émerveille que le Centre universitaire Du Guesclin (antenne biterroise de l’université Paul Valéry de Montpellier) va s’agrandir et pouvoir, d'ici deux petites années, recevoir jusqu'à 400 étudiants supplémentaires. Pour le maire de Béziers « ces étudiants supplémentaires dans la ville représentent plus de vie, plus de peps dans nos rues, de nouveaux consommateurs aussi, bref, une véritable émulation pour la plus ancienne cité du pays ». Et d’annoncer dans la foulée que « des travaux sont programmés pour 2022, 2023. Pour un coût global de 7,6 millions d’euros HT. » Une récupération de plus car si l’Agglo a bien reconstruit l’IUT en le transférant du quai Port-Neuf au Champ de Mars, elle n’a pas participé à l’installation du Centre Du Guesclin financé par l’université avec l’aide de l’État et de la région.
Dans ce même numéro le journal réitère ces accusations contre le Midi Libre à propos d’un article sur la Villa Rey. Robert Ménard dénonce « Une information fausse, diffusée sciemment » car « certains journalistes de Midi Libre n’ont que faire de la réalité. Ils n’ouvrent pas les yeux, n’informent pas. Ils suggèrent, ils combattent, ils militent. »
Il s’en prend aussi aux gens du voyage… Suite à plusieurs interdictions d’une aire dédiée aux Gens de voyages et des occupations illégales le journal montre les dégradations avec photos à l’appui et explique, sans même donner le point de vue des gens du voyage, que « la remise en état coûtera, vous coûtera (l'argent ne tombe pas du ciel) au moins 100 000 euros ». L'article se termine par cette phrase « Vous avez dit ras-le-bol ? ».
En fait, pour en savoir plus, il faut lire un article de Médiapart. Il nous apprend que sur l’aire de Béziers, une femme avait été hospitalisée en novembre dernier parce qu’elle avait le Covid, et c’est pour cette raison que les familles ont réclamé «15 jours, un mois de plus, le temps qu’on guérisse». Or l’eau et l’électricité ont été coupées. «On les remettait, ils les coupaient, on les remettait, ils les recoupaient… On est restés 15 à 20 jours comme ça. Les enfants ont dû dormir dans la voiture chauffée.»

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