9 février. Visiblement dans le Gard, la lutte contre l’extrême droite s’affirme bien plus que dans l’Hérault. Le préfet a fait interdire la crèche dans la mairie de Beaucaire dont le maire Julien Sanchez est un élu RN. Le tribunal administratif de Nîmes, saisi par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), a annulé la décision du maire qui supprimait les repas sans porc dans les cantines de la ville. Le maire a indiqué sur les réseaux sociaux qu'il entendait faire appel de ce jugement.

10 février. Alliée et amie de Robert Ménard, la maire de la droite extrême de Montauban, Brigitte Barrèges, a été condamnée pour détournement de fonds publics à douze mois de prison avec sursis, 15 000 € d’amende et surtout à une peine de 5 ans d’inéligibilité. De fait, elle ne pourra pas se présenter aux élections à venir ni exercer ses mandats de maire, de présidente de l’Agglo et de conseillère départementale. Le président du tribunal a justifié son jugement en expliquant « La démocratie, y compris au niveau local, ne peut fonctionner que si les représentants se conduisent de façon exemplaire et respectueuse des intérêts de tous…Le détournement de fonds publics commis par Mme Barrèges a eu nécessairement pour effet de tromper les électeurs montalbanais ». Brigitte Barrèges va faire appel et Robert Ménard va devoir chercher quelqu’un d’autre pour présenter une liste commune aux élections régionales…
Cela dit, il semblerait qu’entre le maire de Béziers et Marine Le Pen il y ait un certain apaisement. En effet, Emmanuelle Ménard a préparé le terrain et rencontré la présidente du RN à l’Assemblée nationale. Cette rencontre aurait été « courtoise et productive », les échéances électorales à venir y ont été évoquées. Alors, à l’extrême droite y aura-t-il deux listes concurrentes ? Histoire à suivre donc.

12 février. L’organisation extrémiste fascisante, Génération Identitaire, a reçu la demande de dissolution de la part du ministère de l’Intérieur Gérald Darmanin. Génération Identitaire est défendue par Gilles-William Goldnadel, bien connu à Béziers pour avoir défendu plusieurs fois Robert Ménard. L’avocat déclare que pour lui : " C’est une injure à la démocratie ». Visa 13 a publié un communiqué pour dire que « la dissolution de groupes fascistes est toujours une bonne nouvelle, cela entrave leur capacité de nuire et met à mal leur discours nationaliste et xénophobe… mais la dissolution n'a jamais permis d'éteindre, voire de diminuer l'idéologie que prône l'extrême droite. L’exemple de Génération Identitaire est emblématique car sa création découle de la dissolution d'Unité Radicale (UR) à la suite de l'attentat manqué en août 2002 contre Jacques Chirac alors Président de la République. Cela a d'ailleurs permis aux cadres d'Unité Radicale d’adapter leur discours de façade : abandon des références fascistes et de l’apologie de la violence, en prônant d’une part le rejet de l'immigration et de l'Islam et d’autre part l'exaltation de la fierté ethnique et culturelle que les Européens devraient retrouver." D’ailleurs pour Visa 13, ce projet de dissolution a un caractère évidemment électoraliste car le « projet de loi sur le séparatisme n'a pas intégré dans son champ d’application les groupes radicaux d’extrême droite, ce qui était pourtant recommandé par la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale ! » Et le communiqué de préciser : « Enfin il est quand même assez cocasse de voir qu'un Ministre de l'intérieur qui a une politique des plus répressives envers les migrant.es et les groupes militant.es solidaires, qui a lui-même participé à la revue officielle (Politique Magazine) de l'Action Française, groupe inspiré par Charles Maurras et prônant la restauration nationale, souhaite dissoudre un mouvement qui est islamophobe, anti- migrant.es. ». Et de conclure : « Seule une riposte sociale d’ampleur et unitaire pourra mettre un coup d’arrêt à la montée du fascisme ! ». D’ailleurs, une pétition circule où l’on voit que toute l’extrême droite soutient ce mouvement fascisant et dénonce ce projet de dissolution. On y trouve Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal, Thierry Mariani, Louis Aliot, (évidemment) Robert Ménard et sa femme, plus quelques uns des amis du maire de Béziers comme André Bercoff (animateur sur Sud Radio), Ivan Rioufol (journaliste), Charles de Meyer (cofondateur de SOS Chrétiens d’Orient), Jean-Philippe Poisson (Parti chrétien- démocrate), Pierre Cassen (Riposte laïque), Richard Roudier (Ligue du Midi) ou encore Jean- Yves Le Gallou. Enfin pour l’autre grand ami de Robert Ménard, Eric Zemmour, « la dissolution de Génération Identitaire est un scandale politique. On veut criminaliser la critique de l'immigration ».

13 février. Le rassemblement de soutien à Max, enfin autorisé par la préfecture, a pu se tenir devant le théâtre de Béziers. Il y avait environ 150 personnes pour protester contre l’arrestation de ce jeune, condamné à 18 mois de prison dont 9 fermes et contre la loi « Sécurité globale ». Plusieurs intervenants du comité de soutien se sont exprimés à commencer par le syndicat Solidaires du Biterrois, la Libre pensée de Béziers et bien d’autres. L’élu communiste Nicolas Cossange a rappelé que le nouveau sous-préfet de Béziers, Pierre Castoldi, a été chef de cabinet de Brice Hortefeux au ministère de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale dans le gouvernement de François Fillon/Sarkozy. Faut-il rappeler que Brice Hortefeux a été condamné alors qu’il était ministre de l’Intérieur pour injure raciale après avoir dit, lors d’une université d’été de l’UMP, à propos des personnes d’origine arabe : « quand y en a un, ça va, c’est quand y en a beaucoup que ça pose problème. ». Le rassemblement s’est terminé par l’intervention très émouvante des proches de Max et toute l’assistance a réclamé avec eux, sa libération. Une collecte a été organisée pour l’aider dans sa défense.

13 février. Une manifestation du Colbac (Comité de liaison du Biterrois pour l’abolition de la corrida) s’est tenue devant les Arènes de Béziers, afin d’interdire l’entrée des corridas aux mineurs ainsi que leurs formations à l’école taurine de Béziers. Quand le Colbac a voulu reprendre leur banderole accrochée aux grilles des arènes, elle avait été subtilisée par les pro-corrida à l’intérieur des Arènes. Après une demi-heure des pourparlers avec la police nationale le Colbac a pu récupérer la banderole.

15 février. La justice administrative a donné raison au Préfet des Pyrénées-Orientales suite à la réouverture des 4 musées à Perpignan. Les musées qui selon la mairie avait reçu 2000 personnes, ont dû fermer de nouveau. Cela dit, le coup de pub a quand même permis à Louis Aliot de se faire passer pour un « grand défenseur de la culture » (sic), lui qui avait fait de la culture un levier lors de la conquête de la ville en 2020. Selon Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, « la culture a permis de le notabiliser. Il avait exposé durant des mois son envie de contrebalancer la désindustrialisation de la ville par une intensification de la politique culturelle.». Louis Aliot tente ainsi de faire oublier l’épouvantail de la gestion du FN (Front national) des années 1990.

16 février. Cela commence à se bousculer pour les élections. Gilles Phocas, secrétaire départemental de Debout la France (parti d’extrême droite de Nicolas Dupont-Aignan), annonce que son parti cible les cantons de Cazouls-les-Béziers, Pézenas, Frontignan, Mèze, Sète et Mauguio pour les prochaines élections départementales.

19 février. Il y a plusieurs semaines, La Pieuvre du Midi a interviewé les conseillers municipaux d’opposition des villes qui apportent un soutien à Robert Ménard au sein de l’Agglo. Ainsi, on apprend que lors des élections municipales, l’opposante au maire de Villeneuve-les-Béziers, Delphine Ferrères-Valat, a négocié avec la liste de Jean-Pierre Marc (soutenue par Robert Ménard). Elle explique maintenant que cela l’a desservi et que « Jean-Pierre Marc voulait absolument prendre la tête d’une liste commune parce que c’était Robert Ménard qui le souhaitait ». Cette union n’a pas abouti. Delphine Ferrères-Valat a obtenu 24,6 % des voix, loin derrière les 52,53 % du maire actuel, Fabrice Solans, mais devant la liste de Jean-Pierre Marc qui n’a eu que 22,86 %. Autre interview intéressante, celle d’Alexandre Dumoulin, opposant au maire de Boujan-sur-Libron, Gérard Abella. Il explique que « personne dans la commune n’a été dupe du soutien de Gérard Abella à Robert Ménard au sein de l’Agglo car il avait déjà participé à différents meetings avec le maire de Béziers ». Aujourd’hui, ajoute-il, les conseils municipaux sont rapidement menés et « l’opposition n’est pas du tout associée aux décisions du maire. Tout est décidé avant, en bureau municipal. Le conseil n’est là que pour prendre acte, pour entériner ce qu’un homme, seul, a décidé… On n’a jamais été au courant pour la mutuelle et la seule fois où l’on nous a demandé de nous exprimer c’est sur l’implantation des éoliennes à Pussalicon, une commune hors de notre agglomération ». Pour lui, « le pouvoir de Gérard Abella à Boujan ressemble à s’y méprendre à une dictature ». Même chose avec l’opposant Olivier Palanque face au maire de Cers, Didier Besson, le « protégé » de Robert Ménard. Lui aussi explique que les conseils municipaux sont vite expédiés. Non seulement « il est très difficile d’intervenir ou de poser une question lors d’un conseil municipal. Et quand on arrive à en poser une, on n’a jamais de réponse » mais en plus « ils sont très espacés. Le dernier s’est déroulé le 30 novembre 2020 et le prochain aura lieu en mars… Même les courriers ou les courriels qu’on a envoyés sont souvent sans réponse ». Lors des Conseils municipaux, l’opposition n’est jamais associé aux décisions . Quant au sein même au sein du conseil communautaire de l’Agglo « on découvre les positions du maire soit dans la presse soit dans les rapports du maire… Jamais avant ! ». À Alignan-du-Vent, l’opposant au maire de cette commune, Geoffey Boulade, explique également que les séances du conseil municipal sont vite expédiées comme à Boujan et à Cers. « À croire que les copains de Ménard ont tous décidé d’appliquer la même méthode… » Lui aussi découvre les sujets le soir du conseil municipal et il ajoute : « Quand on a vu que le maire, Christophe Pastor, était responsable de la culture à l’Agglo, on a souri, lui qui a supprimé des heures à la médiathèque de notre ville, lui qui a donné 0 euro de budget pour le renouvellement des bouquins, lui qui aurait embauché des amis pour assurer l’accueil, ça laisse augurer une belle politique culturelle. » Pour Geoffey Boulade, le masque est tombé. « Christophe Pastor est un maire d’extrême droite ». Alors, il n’a pas été surpris de son soutien à Robert Ménard car « les méthodes de cet homme sont autoritaires », « Il est même intransigeant, il n’y a qu’à voir comment il s’en est pris à un employé municipal. Ils en sont venus aux mains et c’est la directrice générale des services qui a dû intervenir pour les séparer. Je crois même que l’employé a porté plainte ». Sinon, « comme il gouverne seul, on ne sent pas de solidarité dans son équipe ». Enfin, à Corneilhan, William Quinard (battu au deuxième tour avec 41, 41% des voix par Bertand Gelly) explique lui aussi que les conseils municipaux ne sont que des chambres d’enregistrement. D’ailleurs le nouveau règlement intérieur indique que « toutes les questions doivent être présentées avant et ce sera à la discrétion du maire de les sélectionner, d’accepter d’y répondre… ou pas ». William Quintard précise aussi qu'« on sent bien la « patte » Ménard derrière ce procédé ». Pour lui, le maire Bertand Gelly a « un fonctionnement assez autocratique. C’est lui qui décide de tout et pour tout le monde… Lui qui se disait apolitique appartient en fait à l’extrême droite comme les Ménard ». Bref, la démocratie dans les villes des maires pro-Ménard semble très éloignée de la réalité.

20 février. Marche de soutien à Gwendoline, cette jeune fille dont l’agression filmée et violente par 3 autres filles issues de la communauté gitane, avait circulé sur les réseaux sociaux. Il y avait 250 personnes à l’appel d’Alice, une jeune fille qui avait elle-même subi des violences, pour dire stop à toutes les violences gratuites. Le couple Ménard étaient venus avec leurs écharpes tricolores pointant au deuxième rang de la manifestation, juste derrière Alice et Gwendoline. Belle opération de récupération politique. Il y avait aussi de nombreux élus municipaux de la majorité du maire de Béziers, la consigne avait dû être transmise. Mais il y avait aussi Thierry Antoine (élu EELV), des militants de SOS Racisme et les représentants de la communauté gitane de 5 grandes villes de l’Hérault pour dénoncer les faits et tous les amalgames qui avaient circulé sur les réseaux sociaux.

21 février. Un collectif de riverains de Montpellier nord-Hôpitaux-Facultés, s'oppose à l'installation d’un centre d’accueil pour mineurs isolés. Ils dénoncent le flou qui entoure l’installation future de mineurs non accompagnés (MNA) sur les 5 000 mètres carrés sur le domaine de la Blanquette. Pour Thierry, porte-parole du collectif : « Des tranchées ont été creusées mais toujours pas de permis de construire ! On trouve porte close. Personne ne nous répond, on ne nous reçoit pas au département ». Le collectif insiste : « Contrairement à ce qui a été affirmé, il ne s’agit pas d’une solution provisoire mais bien la confirmation du "stockage" de 50 mineurs (on appréciera le terme employé pour des humains ?) pour 5 années dans des conteneurs, sur un terrain ne possédant ni tout à l’égout ni eau et électricité mais, surtout, sans accompagnement éducatif et sans protection contre la tentation de l’argent facile à deux pas de centres commerciaux ». En fait c’est encore l’amalgame avec la délinquance qui est mis en avant…. Alors que l’aide sociale à l’enfance du Département doit obligatoirement prendre en charge ces mineurs non accompagnés… Encore une fois, il semble que la misère soit moins pénible au soleil… mais un peu plus loin.

24 février. Robert Ménard, sur France-info, critique pour la première fois Louis Aliot, le maire de Perpignan. Peut-être que les élections régionales et départementales de juin prochain vont accroître la rivalité entre les deux maires d’extrême droite de la région ? En effet, et contrairement au maire RN de Perpignan qui voudrait « repousser le confinement dans sa ville », Robert Ménard estime que « cela ressemblerait à une grave erreur ». D’ailleurs, ajoute-t-il «si demain la situation devait encore se dégrader à Béziers », il n’hésiterait pas à « prendre des mesures comme à Dunkerque ou Nice ». Sauf qu’il oublie, encore une fois, que ce n’est pas lui qui a ce pouvoir de décision mais les préfets.

25 février. Le policier mis en examen dans la mort de Mohamed Gabsi a demandé l’aménagement de son contrôle judiciaire auprès du juge d’instruction. Résultat, il peut donc maintenant retravailler (comme ses deux autres collègues) à Béziers sauf dans la police municipale. Ainsi, Robert Ménard, au lieu des les suspendre va les reclasser dans des services municipaux… Cette situation est déjà assez ignoble mais de plus, leur avocat a déclaré dans le Midi Libre : « Nous estimons qu’il n’est pas sain que la famille Gabsi cherche absolument à les voir sans que nous comprenions le sens de ces actes ». Par ces mots, on inverse les rôles et on stigmatise la famille de Mohamed Gabsi comme étant la source des problèmes alors qu’elle ne cherche qu’à réclamer « Justice pour Mohamed ! ».

26 février. Une nouvelle association nommée « Café des Arts et du Bonheur » dont le but est de « promouvoir et de veiller à la défense de la dignité et des droits fondamentaux de la personne humaine, en particulier en venant en aide à des personnes handicapées » s’est créée le 1er décembre dernier. Quatorze jours plus tard, elle reçoit une subvention du conseil municipal de Béziers de 15 000 euros. Le 18 décembre, nouveau soutien du CCAS de Béziers d’une subvention exceptionnelle de 64 000 euros. Enfin, le 21 décembre, c’est l’agglomération qui lui accorde encore 10 000 euros d’aide. En 3 semaines cette association a reçu la jolie somme de 89 000 euros. En fait, rien d’étonnant à Béziers car il s’agirait de la version biterroise des « cafés joyeux » créés par la fondation « Emeraude Solidaire » plus connue pour son soutien à de nombreuses organisations catholiques traditionalistes, de la « Manif pour tous » et des mouvements anti-avortement.

27 février. Nouvelle conférence de presse du comité de soutien à Max qui rassemble une quinzaine d’organisations. Les intervenants sont revenus sur les faits. "La manifestation du 30 janvier avait été déclarée en sous-préfecture et autorisée. La préfecture n’a indiqué à aucun moment que le fait qu’elle soit sonore pose le moindre problème ». Alors, le comité se demande : « Qui a donné l’ordre de saisir le matériel sono après la manif ? ». En guise de réponse le comité avance l’idée du « traquenard tendu aux jeunes, parce que tous les éléments étaient réunis pour qu’il se passe ce qu’il s’est passé. Il y a la volonté que les jeunes ne participent pas aux manifestations ". Un appel à signer pour la libération de Max a été lancé et une demande d’audience va être déposée auprès du sous-préfet de Béziers. En attendant, les organisations vont de nouveau se mobiliser le 13 mars, toujours contre la loi Sécurité globale et en soutien à Max.

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