Voici quelques chroniques de Visa 34 (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) avec qui Envie à Béziers est partenaire, consacrées à la vie locale biterroise de fin octobre à début novembre qui fut dense.

28 octobre Interview de Bernard Auriol, maire de Sauvian dans La Pieuvre du midi à propos de l’ambiance dans la nouvelle Agglo dirigée par le maire de Béziers

: « Robert Ménard traite les gens avec mépris, il n’a de la considération pour personne, sauf pour lui, voire son épouse… Il faut dire qu’il est entouré de huit vice-présidents qui sont de véritables bras cassés, incompétents. Quand vous voyez qu’il a pris la présidence de l’Office du tourisme, c’est qu’il veut tout centraliser, qu’il n’a confiance en personne. Et puis exclure de ce pôle touristique Sérignan et Valras, il fallait quand même le faire… Cela dit je me rends compte que j’en veux moins à Ménard, qu’aux huit autres suiveurs qui, à une ou deux exceptions près, ont toujours fait semblant. Mais bon, Ménard les tient… par les indemnités.»Sur les huit vice-présidents, il dit par exemple de Gérard Abella (maire de Boujan) : « C’est le parfait navigateur, il l’a fait durant toute sa vie professionnelle, il s’adapte à son interlocuteur, tantôt à gauche, tantôt à droite. Quand vous pensez qu’il se dit « fils de réfugiés espagnols », qu’il l’affiche en étendard et qu’il rejoint l’extrême droite… ça laisse songeur… ». Sur Didier Bresson (maire de Cers) : « C’est un opportuniste… dans le mauvais sens du terme… ». Sur Fabrice Solans (maire de Villeneuve-les-Béziers. Sur Bertrand Gelly (maire de Corneilhan) : « Sans odeur, ni saveur, ni même relief ». Enfin sur Christophe Pastor (maire d’Alignan) : « Qui ? Je ne le connais pas du tout. C’est dire s’il existe. »

30 octobre Suite aux affiches de Robert Ménard récupérant le dessin de Cabu « C’est dur d’être aimé par des cons » et au tweet de mise au point de Charlie Hebdo « C’est dur d’être aimé par Ménard et l’extrême droite », la mairie a vite préparé deux nouvelles affiches. La première représente le tableau de Delacroix « La liberté guidant le peuple » mais la femme dénudée sur la barricade n’a plus sa tête, juste ce titre « La République décapitée ». Évidemment, pour ceux qui n’auraient pas compris, le mot « décapitée » est en très gros caractère. Pour bien comprendre la récupération « ménardienne », il suffit de l’entendre dénoncer le journal satirique : « On aurait pu rêver que l’équipe de Charlie se fasse le défenseur de toutes les libertés d’expression… pas seulement de leurs copains et de leurs idées ». La deuxième affiche est encore plus provocatrice. Elle représente le Christ en croix avec en surimpression, sur les plaies sanguinolentes, l’inscription « Attaques au couteau, va-t-on enfin réagir ?» tout en exigeant « l’expulsion des islamistes ». Robert Ménard poursuit donc sa croisade en suggérant que la chrétienté est la seule victime du terrorisme, oubliant volontairement que les victimes les plus nombreuses de ce fascisme islamique sont avant tout les musulmans eux-mêmes. D’ailleurs, on se souvient de son tweet paru le lendemain de l’assassinat de Samuel Paty : « Ils décapitent nos professeurs et nous on va enseigner l’arabe », désignant ainsi des coupables de culture arabisante alors que l’assassin était d’origine Tchétchène, né à Moscou, parlant plutôt le russe que l’arabe. Ainsi, il alimente une nouvelle guerre de religion actualisée en réclamant sur CNews « de prendre des mesures d’expulsion immédiate des fichés S et autres étrangers connus pour fréquenter les milieux islamistes » et de réclamer en plus, l’ouverture d’un « Guantanamo à la française pour les terroristes français ».

31 octobre Le reconfinement décidé la veille avec l’obligation de fermer tous les commerces dits « non-essentiels » ne passe pas auprès de certains élus. Robert Ménard, comme plus d’une vingtaine de maires en France, a pris un arrêté municipal autorisant tous les commerçants à poursuivre leurs activités : « Je trouve qu’il y a une inégalité totale et absolue à voir des gens interdits de vendre des jouets pour Noël dans leur petite boutique, alors que l’on trouve ces mêmes jouets dans les hypermarchés ». Effectivement ce « deux poids deux mesures » est assez troublant mais quid des risques de contagion et surtout du couvre-feu instauré par le même Robert Ménard en mars dernier. Lui qui, par exemple, se régalait de voir le nombre de PV pour non-autorisation de sortie ou liés au dépassement de l’horaire. Lui qui a osé afficher un panneau dans les rues de Béziers : « si vous voyez cette affiche, c’est que vous êtes peut-être en infraction ». Ce retournement en l’espace de quelques mois ne peut se comprendre que par la volonté de faire parler de lui coûte que coûte et sûrement pas en considérant la santé des habitants. Quitte à faire l’exact contraire de ce qu’il prônait 6 mois plus tôt. A noter que l’on trouve, parmi les autres maires ayant pris des mesures similaires, des maires de gauche, des écologistes, beaucoup de LR (François Boucher maire de Migennes est le premier à avoir pris un arrêté dans ce sens), mais aussi Louis Aliot (RN) à Perpignan, Brigitte Barèges (LR tendance extrême) à Montauban, Jérôme Palmade (LR et ancien FN) à Pia dans les Pyrénées-Orientales et Olivier Clodong, (Debout la France, remplaçant de Nicolas Dupont-Aignan) à Yerres (Essonne). Cela dit, le préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski a déposé le soir même un référé contre la décision de Robert Ménard et confirmé que « les commerçants décidant de rester ouverts s'exposeraient à une amende de 135 euros augmentée à 1500 euros en cas de récidive ». Voulant aller au-delà des lois, le maire a assuré « la ville de Béziers paiera » s’il y avait des PV. Cela dit, ce samedi, il n’y avait pas beaucoup de magasins ouverts et encore moins après le passage des policiers. Au final, il y a eu 5 contraventions dressées.

1er novembre Hommage aux victimes de la Basilique Notre-Dame de Nice, à la sortie de la messe de la Toussaint. L’archiprêtre Bernard Boissezon a remercié « les témoignages d’amitié et de soutien des communautés religieuses juives ou musulmanes qui nous ont écrit. » Et il s’est demandé : « Comment se fait-il que l’Homme, l’être humain capable de si grandes choses soit aussi capable de telle cruauté, c’est le mystère du Mal ». À ses côtés, Robert Ménard et sa femme, la députée Emmanuelle Ménard, de plus en plus potiche en ce moment, a commencé avec ses stigmatisations habituelles sur le « cancer islamiste qui s’étend… et qui s’empare de notre quotidien ». Et d’enfoncer son leitmotiv anxiogène : « Les Français ont peur, pas la moindre parcelle de notre terre n’est épargnée, pas même nos églises, nos cathédrales… » et de dénoncer de nouveau cette « horreur qui arrive, d’un ennemi qui n’est plus à nos portes mais parmi nous, d’un futur terrible si nous ne nous y opposons pas ensemble ». Après ce genre de discours doit-on s’étonner que certains passent à l’acte ? D’ailleurs, on sait qu’un homme avait appelé à « cramer » la mosquée de Béziers en représailles et que les fidèles musulmans d’une commune de l’Eure avaient reçu un message menaçant de leur faire « payer pour la mort de Samuel ». Cela dit, force est de constater que c’est toute l’extrême-droite la plus radicale qui s’engage sur cette voie de la guerre civile. Déjà, le soir du drame à Nice, un tweet de l’Action française dont les membres s’étaient réunis place de la Concorde à Paris pour dénoncer « cette République corrompue… trop complaisante avec nos ennemis », expliquait : « Si toi aussi tu refuses de mourir sans te battre, rejoins-nous ». Même chose sur le site de Jeune nation, où l’on s’interrogeait également pour savoir si l’attentat islamiste de Nice n’est pas le prélude à « la guerre de libération nationale ». Enfin, sur la chaîne Telegram liée au mouvement Génération Identitaire de Damien Rieu, collaborateur de l’euro-député RN Philippe Olivier, on pouvait lire ce message glaçant laissé par un anonyme : « Je suis en train de voir avec un ami si on décide de [se] faire une mosquée. […] Ça sera pas 2-3 morts. ». D’autres extrémistes se sont également lâchés sur Instagram, appelant carrément à la croisade « car Dieu le veut », ou encore, « soit ils nous écrasent, soit nous les écrasons », « il faut maintenant passer à l’action », « si un de mes amis chasseurs a une carabine en trop… ». Autant de messages diffusés qui appellent à la vengeance contre, finalement, l’ensemble des musulmans, puisque certains n’hésitaient pas à expliquer : « Un musulman radicalisé veut vous assassiner tandis qu’un musulman modéré veut qu’un musulman radicalisé vous assassine. ». Haine et violence sont bien les traits communs de tous les extrémistes.

2 novembre Le conseil municipal de Béziers a validé une augmentation de 4,2 millions d’euros pour les travaux de cheminement doux entre le site des Neuf écluses de Fonséranes et le parvis de la cathédrale de St Nazaire. C’est à dire une augmentation de plus de 60% du budget initial voté en 2017. Bien entendu les élus de l’opposition ont demandé les raisons de cette hausse et là encore les réponses ont été plutôt évasives du style « les phases d’études n’étaient pas terminées » ou encore « des travaux annexes ont été ajoutés. » Autre sujet abordé et voté lors de ce conseil municipal : la construction d’un nouveau parking en silo sur la place Charles de Gaulle. Il faut dire que Robert Ménard l’avait largement annoncé sur plusieurs pages dans le journal de propagande de l’Agglo quelques jours plus tôt. Cela veut dire deux choses : premièrement, ce journal est devenu essentiellement un journal de Béziers (les 17 autres villes de l’agglomération apprécieront) et deuxièmement, il sert à présenter les décisions déjà annoncées par Robert Ménard et du coup le conseil municipal devient seulement une chambre d’enregistrement.

4 novembre La justice a donné raison aux préfets qui s’opposaient aux maires des villes comme Béziers, Perpignan, Montauban… qui voulaient maintenir l’ouverture des commerces non essentiels, malgré le confinement. Pour le préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski, « Cette affaire n’aurait jamais dû arriver devant un tribunal. Cet arrêté est contraire au droit, le maire de Béziers se place en situation d’abus de pouvoir. Son pouvoir administratif de maire ne lui permet pas d’aller à l’encontre des règles d’une stratégie nationale de lutte sanitaire. À Béziers le taux de contamination dépasse ceux de la moyenne du département… Et en plus il encourage les commerçants à se placer dans l’illégalité. Ça aussi est illégal. » Surtout que Robert Ménard a dit que la ville allait payer les amendes à leur place. Sauf que le sous-préfet de Béziers, Christian Pouget, avait déjà expliqué que ce n’était pas possible. "L’argent public ne peut pas être employé n’importe comment. Si les amendes étaient payées par la Ville, le préfet saisirait la Cour de discipline budgétaire et financière. Et cela pourrait être qualifié de délit pénal par le procureur » avant d’ajouter : « Robert Ménard peut payer les amendes en son nom propre s’il le souhaite. ». Devant la menace, le maire de Béziers n’a pas insisté. Il a juste proposé d'assurer un service de livraisons mais uniquement pour les commerçants du centre-ville les mercredi et samedi après-midi …(merci pour les autres).

4 novembre Ce même jour, on a reparlé de l’ancien colistier de Robert Ménard, Michel Bousquet. On se souvient qu’il avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour injure raciste envers la députée Lætitia Avia pour avoir dit sur Internet : « Elle s’exprime comme une merde dont elle a la couleur ». Ce jour-là, loin de se repentir, il a osé écrire à propos de sa condamnation sur la page Internet de l’association Choisir Sauvian, association menée par Jacques Nain, suppléant de la députée Emmanuelle Ménard : « dans le contexte actuel, je la revendique comme une médaille. »

7 novembre Si Ménard a voulu, pour des raisons médiatiques, soutenir les commerçants du centre-ville (et pas les autres) il n’a pas pour autant décidé de procéder au stationnement gratuit. Du coup, les « prunes » pleuvent dans le centre-ville.

8 novembre Dans le Midi Libre, le père Bernard Boissezon, archiprêtre de Béziers, parle de la campagne d’affiche de Robert Ménard avec le Christ supplicié : « C’est la provocation habituelle de notre maire. Que l’on fasse un lien entre le Christ souffrant sur la croix et les victimes des attentats, c’est bien vu dans la foi chrétienne. Mais le lien avec les expulsions des islamistes, c’est un raccourci... Cela peut connoter une opposition entre le Christianisme et l’Islam ».

 

 

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