Voici quelques chroniques de Visa 34 (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) avec qui Envie à Béziers est partenaire, consacrées à la gestion d'extrême-droite de la ville et l'agglomération de Béziers en novembre 2020.

10 novembre Robert Ménard a déclaré devant la cathédrale de la Madeleine le jour de la Toussaint : « L’islamisme a encore frappé notre pays. À Nice, dans une église… l’auteur, un migrant, un migrant tunisien, à peine arrivé dans notre France ouverte aux quatre vents. Depuis, le cancer islamiste s’étend…  L’islamisme s’empare de notre quotidien. L’intolérance gagne du terrain.

Le communautarisme envahit nos rues, nos commerces. Le voile est de plus en plus porté par des filles, des enfants de plus en plus jeunes… Les Français ont peur, pas la moindre parcelle de notre terre n’est épargnée, pas même nos églises, nos cathédrales » et aussi « Aujourd’hui, je vous parle de l’horreur qui arrive, d’un ennemi qui n’est plus à nos portes mais parmi nous. Je vous parle d’un futur terrible si nous n’y opposons pas. Aujourd’hui, il nous faut redevenir Français. Redevenir ceux qui résistent, ceux qui se battent… ». Ce discours guerrier a fait réagir un militant communiste de Béziers en ces termes : « "Tuez-les tous. Dieu reconnaîtra les siens !" On connait la célèbre phrase qu’aurait prononcée Arnaud Amaury, légat du Pape, lors du sac de Béziers le 22 juillet 1209. Eh bien un peu plus de huit cents ans plus tard Ménard, le maire de la ville, se place dans le même registre ! Pour lui, il n’y a pas d’une part les terroristes qui se réclament de l’islam et d’autre part les musulmans qui dans leur masse n’ont rien à voir avec ceux-là. Lors de la Croisade des Albigeois, les Biterrois entendaient exprimer leur solidarité avec leurs concitoyens qui ne partageaient pas la même foi qu’eux. Nous ne sommes pas dans cette tradition de tolérance et la violence du discours de Ménard est à rapprocher de celle d’Arnaud Amaury ou de Simon de Montfort qui commandait l’armée des Croisés ! Les actes terroristes mettent en danger n’importe lequel d’entre nous, quelle que soit son origine ou sa religion. Nous refusons de rallier la croisade actuelle que prêche cet inquisiteur des temps modernes. Nous ne sommes plus au Moyen Age et nous n’entendons pas mettre une croix rouge sur notre habit ».

14 novembre. Lu dans la Pieuvre du Midi : « Au terme d’une consultation lancée par la mairie, Robert Ménard a décidé d’attribuer à la société privée, SHCB, le service de la restauration scolaire et sociale. Du coup, l’ancienne SEM qui était en charge de ce service déclare : « l’Occitane de restauration, détenue majoritairement par la ville, perd donc son principal client et doit mettre la clef sous la porte. Lors du conseil municipal, on a appris que la proposition de l’Occitane de restauration avait été rejetée car elle était arrivée hors délais, pour seulement « quelques minutes de retard » a précisé (sans rire, NDR) Luc Zénon, élu en charge des marchés ! Ce « torpillage » entraine de fait la liquidation de la société sans besoin de reprendre le personnel, tout en espérant reprendre les réserves financières détenues par l’Occitane ». Autre exemple pointé du doigt par le journal sur l’influence du maire au sein de l’Agglo : « Après Ménard et ses messes à la Féria ou sa crèche dans la mairie, il y a maintenant le maire de Corneilhan, Bertrand Gelly (l’élève modèle). Le journal de Béziers révèle que le maire de Corneilhan a décidé de faire revivre la procession de Sainte Céronne ». Cette païenne de Corneilhan convertie à la religion du Christ, décida d’évangéliser le nord de la Gaule au Vème siècle. Hélas pour le maire, l’urgence sanitaire a annulé cette procession… 

14 Novembre. Ça y est le service municipal a commencé les livraisons pour les commerçants du centre-ville de Béziers. Il ne s’agit que de 15 colis chez 6 commerçants pour ce samedi. Cela ne va pas bien loin… Mais c’est une aide au privé et uniquement au service des commerçants du centre-ville et la livraison s’effectue dans toutes les villes de l’Agglo. Question : les commerçants hors périmètre du centre-ville de Béziers et ceux des 17 villes de l’Agglo, vont-ils porter plainte pour concurrence déloyale ?

15 novembre. Interview de Christian Pouget, sous-préfet de Béziers, dans le Midi Libre à propos de l’arrêté pris par Robert Ménard d’ouvrir des commerces non essentiels : « Le Gouvernement fixe un certain nombre de règles. Notamment, quels sont les commerces qui ont l’autorisation d’être ouverts, et ceux qui ne l’ont pas. Et ces textes s’appliquent à tous, également aux maires. Cet arrêté a été pris par une autorité incompétente puisque le maire est incompétent sur le sujet, comme l’on dit en langage juridique. Il n’est pas compétent pour décider si les commerces doivent, ou non, ouvrir. ». Midi libre : « Mais Robert Ménard ne pouvait pas ne pas le savoir ? ». «- Bien sûr. Et je tiens à dire que ce genre de péripétie nous fait perdre, à tous, beaucoup de temps. Et le temps est précieux pour l’utiliser à des choses plus importantes ». Et de citer les chiffres des victimes du Covid 19 dans le département de l’Hérault : « De mars à août, on a eu 160 morts, en six mois. Et en deux mois, en septembre et octobre, on en a eu 271. Et le taux d’incidence – sachant que le taux d’alerte de l’OMS est de 100 pour 100 000, était, fin juillet, de 10/100 000 ; fin septembre, de 100/100 000, et aujourd’hui, de 376/100 000. Pour l’Agglo, il est à 520, et pour la ville de Béziers, il est à 606. Ça c’est la réalité des chiffres. ». Midi Libre : « Quand on a un maire qui flirte parfois avec les lignes, est-ce compliqué de travailler ? » « - Ça nécessite d’être vigilant. Depuis que je suis sur ce territoire, les choses ont toujours été claires : on a systématiquement attaqué au tribunal administratif toute décision qui nous semblait contraire à la loi et à la règle. Et, à chaque fois, on a gagné. Et on le refera à chaque fois ».

 15 novembre. À Paris et à Clermont-Ferrand des rassemblements de catholiques, qui avaient déjà eu lieu le dimanche précédent pour réclamer leur volonté d’assister à leur messe, ont été interdits dans ces deux villes ce dimanche mais curieusement, ils ont été autorisés à Vichy, Nantes, Saint-Malo, Bordeaux, Toulouse et Montpellier. Sauf que ces initiatives « spontanées » sont souvent le fait d’associations proches de l’extrême-droite. Notamment les nationaux-catholiques de Civitas qui estiment que « c’est l’anticatholicisme qui guide bel et bien ce gouvernement » ou encore qu’« il est permis de se rassembler en chantant l’Internationale mais pas en chantant le Je vous salue Marie ». Ce groupe est en lien avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (lefebvristes) tandis qu’à Nantes, ce sont des proches de SOS Chrétiens d’Orient (tiens, tiens) qui organisent la contestation. La mouvance d’extrême-droite tente ainsi de se greffer à un mouvement plus large, comme elle a pu le faire avec les manifestations anti-mariage gay et lesbien de la Manif pour tous.  Et à Montpellier, ils étaient près de 150 catholiques à se retrouver ainsi devant la cathédrale Saint-Pierre.

 16 novembre. À l’opposé de la croisade du maire de Béziers, le groupe Ensemble pour la paix de Béziers réunissant des catholiques, des protestants et des musulmans engagés depuis plus de 10 ans dans un dialogue interconfessionnel, a tenu à s’exprimer suite aux récents attentats de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice. Dans ce texte signé par des catholiques et protestants et une grande partie des imams de Béziers, on peut lire notamment : « Nous nous engageons à faire reculer la haine et le mépris envers l’autre qui ne croit pas comme nous. En effet, c’est à la suite de tels drames que se développe l’amalgame entre la saine croyance et l’inadmissible fanatisme. Nous affirmons que dans le respect de l’esprit républicain, il y a la place pour la liberté d’expression même si parfois son usage peut heurter. En aucun cas, celle-ci ne saurait être remise en question par la violence meurtrière. Cette prise de parole est un appel aux communautés des fidèles dans les églises, les temples et les mosquées pour réaffirmer avec nous, concitoyen-nes, qu’il y a place en France pour chacun et chacune, qu’il est possible de vivre sa foi et ses convictions dans la bienveillance et le respect mutuel. Cet appel invite à renoncer aux réflexes d’exclusion et de discrimination pour s’attacher à désamorcer les idéologies mortifères. » 

18 novembre. Publication du nouvel organigramme de l’Agglo. Le Conseil municipal de Béziers ayant voté la mutualisation des services entre l’agglomération et la mairie de Béziers, Robert Ménard a pris dans son cabinet de la présidence de l’Agglo les mêmes personnes qu’à la mairie de Béziers (histoire de tout contrôler). Ainsi Arthur Bachès cumule les fonctions de directeur de Cabinet de la ville et de directeur de Cabinet de l’Agglo. Même chose pour Alix Rokvam (chef-fe de cabinet de Béziers), Julie Maréchal (responsable du service administratif de Béziers) et Alban Gérard (chargé de mission à Béziers). Autre cumulard au cabinet du maire, et venant de la fachosphère via le Vaucluse, Xavier Fruleux, élu de la Ligue du Sud et ancien chef de cabinet de Marie-Christine Bompard (ex-maire de Bollène).

Bref, 14 postes du secteur communication (le chargé de publication, de la création graphique, le photographe, le chef de projet de communication numérique etc) sont aussi concernés par cette « mutualisation ». C’est une véritable OPA sur l’Agglo. Les autres maires des villes qui ont apporté leur soutien à Robert Ménard doivent être ravis ! Mais ce n’est pas tout : Jennifer Carle cumule le poste de la Directeur Général des Services de Béziers et de l’Agglo, Michel Ramondou est en charge des Grands projets. Il y a encore Lucie Lemaitre au contrôle de gestion, Denis Lemanceau responsable du Département Habitat et solidarité à la ville et à l’Agglo. Dans le style « on contrôle tout », on peut encore ajouter la nouvelle Directrice Générale Adjointe, Françoise Cabrol, qui était auparavant directrice de la voirie de la ville.  Seule nouvelle recrue, Aline Villard qui prend le poste de DGA ressource attractivité (elle était DGS du maire de Barcarès 66). Du côté de la médiathèque communautaire André-Malraux, l’ancienne directrice ayant préféré partir en retraite anticipée, son remplaçant, sans attendre la clôture de l’appel à candidature fixée au 3 décembre, a annoncé dès le 14 octobre sur les réseaux sociaux : « j’ai pris la direction de la Médiathèque André Malraux à Béziers recruté, entre autres par Robert Ménard, homme de culture, de lettres et de dialogue ».

Il s’est d’ailleurs installé sans attendre dans les lieux alors que le poste de directeur n’est pas encore vacant. Bref, le président-maire de Béziers a pris cette décision seul, au mépris de toutes les règles en vigueur. Pas la peine d’examiner les candidats. Or il semblerait qu’un candidat évincé ait adressé un recours. Ménard a dû faire un second appel à candidature courant jusqu’au 12 décembre. Il en a profité pour modifier le profil recherché, permettant ainsi à Stéphane Million de re-postuler en remplissant toutes les conditions requises : avoir un diplôme supérieur professionnel dans le domaine recherché et une bonne culture générale. Il n’est plus nécessaire d’être dans la fonction publique et encore moins dans la filière culturelle.

20 novembre. Au cours du dernier Conseil communautaire, Robert Ménard applique les mêmes méthodes méprisantes envers les élus de l’Agglo qu’envers les élus de la ville de Béziers. Ses partisans ne disent pas un mot et il se moque des opposants. Florence Taillade (présidente du groupe d’opposition Ensemble pour le biterrois) en demandant des explications sur la mutualisation des services entre ceux de l’agglomération et ceux de Béziers dit : « Quand je contacte certains services, mon appel est basculé à l’Hôtel de ville. C’est nébuleux au niveau municipal, d’où parfois notre incompréhension… » Robert Ménard répond d’une manière cinglante : « C’est votre question qui est nébuleuse ». Même chose lorsqu’elle demande pourquoi le local des élus d’opposition a été obligé de déménager en dehors du bâtiment de l’agglomération, il répond méprisant : « C’est un local que l’Agglo loue à la municipalité pour 100 euros par an, et il est très confortable ».

Dans le journal La Pieuvre du Midi, Florence Taillade revient sur cette séance où le président de l’Agglomération l’a traitée plusieurs fois de menteuse : « Vous savez, on ne s’en rend peut-être pas compte, mais Robert Ménard n’est pas un homme qui aime débattre, surtout avec les femmes. Avec lui, ce n’est pas idées contre idées, arguments contre arguments. Dès que l’on ne va pas dans son sens, il s’énerve et n’hésite pas à vous affubler de sobriquets, voire d’insultes. À chaque question, on sent bien qu’il peut déraper… Il méprise autant les élus « amis » à qui il ne laisse que des miettes au niveau des responsabilités, que ses adversaires à qui il ne donne rien, se contentant de les railler ou de les insulter. Moi, je suis restée à ma place et j’ai encaissé mais la prochaine fois, si cela se produit, c’est clair, je me lève et je m’en vais. ». Elle pense aussi « que l’agglomération n’avance plus et que les élus suivent plus le mouvement qu’ils ne l’initient. Nous avions à l’époque des vrais dossiers, de véritables orientations à choisir. Depuis que Robert Ménard a pris la tête de l’Agglo, il n’y a aucune question fondamentale. En fait, il veut gouverner seul, tout seul… » Et comme tout tourne autour de lui et de Béziers, il a fait voter, au cours de ce Conseil, le recrutement de deux agents pour le ramassage des déchets mais dans l’hyper centre de Béziers. Il a juste promis que cela se ferait aussi à Valras car le mécontentement dans cette ville devenait trop important.

21 novembre. Rassemblements contre la loi « sécurité globale » qui vient d’être votée au parlement. Le matin, à l’appel de la LDH et des syndicats comme le SNJ (syndicat national des journalistes) ou encore du Club de la presse de Montpellier, un rassemblement puis une manifestation de plus de 1500 personnes s’est tenue à Montpellier. Houda, la sœur de Mohamed Gabsi, a pris la parole pour expliquer dans quelles conditions, son frère Mohamed est mort le 8 avril dernier. L’après-midi, à Béziers, c’est à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires et des Gilets jaunes) et soutenu par FO, la libre pensée et le comité Justice pour Mohamed, que 300 personnes se sont réunies devant la sous-préfecture pour protester contre cette loi et notamment l’article 24 de cette loi (qui interdit la diffusion d’images de policiers) pour la liberté d’expression, d’informer et plus généralement pour la démocratie. Le collectif « Justice pour Mohamed » a rappelé que sans le droit de filmer la police, personne n’aurait jamais pu savoir que Mohamed était mort entre les mains de la police municipale biterroise pendant le premier confinement.

22 novembre. Comme la semaine précédente une cinquantaine de personnes se sont retrouvées devant la cathédrale Saint-Pierre à Montpellier pour réclamer le retour des messes. Une action relayée comme dans les autres villes de France par Civitas, mouvement d’ultras catholiques intégristes.

23 novembre. Une pétition réunissant maintenant plus de 60% du personnel municipal (920 signatures sur 1500 agents), circule en ce moment au sein de la mairie de Béziers. Cette pétition lancée par les syndicats CGT, CFDT et Autonome (FA-FPT) dont FO s’est désolidarisée, fait suite à la volonté de Robert Ménard de supprimer 15 heures de congés payés, en se basant sur la loi dite de transformation de la Fonction Publique et sur le rapport de la Cour régionale des comptes. Pour l’instant, le maire fait la sourde oreille à cette contestation. Il a répondu à Nicolas Cossange (opposant PCF à la mairie de Béziers) que « c’était indécent de ne pas faire un effort dans la situation actuelle » et qu’« en six ans il n’y a pas eu une seule journée de grève pour des motifs locaux à la mairie » Pour l’instant, le confinement a un peu bloqué toutes les initiatives… Une chose est sûre, le mécontentement est réel au sein de la mairie.

23 novembre. Suite à l’annonce des projets de la nouvelle direction des Arènes de Béziers, le Colbac (comité de liaison pour l’abolition des corridas) a dénoncé une volonté d’organiser dans les rues de Béziers une « emcierro » (terme espagnol désignant la conduite des taureaux de combat à travers les rues avant d’arriver aux Arènes). Le comité estime que ce projet est « extrêmement dangereux pour la population et les taureaux » et que cela serait une première, car « il n’y avait jamais eu de lâcher de taureaux en France ».

24 novembre. Pour Ménard, le suicide de Christophe Dominici (ex-ailier du XV de France de Rugby) est un drame… « C’était un joueur formidable. Il aimait sincèrement Béziers et nous nous sommes souvent rencontrés ces derniers mois. Pensées à ses proches. » Sauf que de nombreux supporters du club de rugby ASBH se souviennent des propos de ce même maire lorsque le joueur de l’équipe de France avait défendu le projet du rachat du club par des Emiratis, il avait déclaré à l’époque : « Quand nous lui avons demandé des garanties bancaires précises, nous ne les avons pas obtenues si ce n’est que de vagues promesses de la part de banques du bout du monde… Tout le reste est le délire de Christophe Dominici. En faisant croire des choses dont il n’avait pas le début d’une preuve. Monsieur Dominici a fait un mal terrible à ce club et à cette ville... Christophe Dominici n’est plus le bienvenu dans cette mairie. » Le maire de la ville n’est pas à une contradiction près.

24 novembre. Sur CNews, chaine qui laisse de plus en plus de place à l’extrême-droite de notre pays, Robert Ménard a tranquillement réclamé : « Vivement qu'on ait un régime un peu plus autoritaire qui sache taper du poing sur la table ». Pour lui, en matière d’insécurité : « On tolère un certain nombre de choses qui sont intolérables. » Et de dénoncer (est-ce un hasard ?) « La Cour européenne des droits de l'Homme et la Cour de justice de l'Union européenne » avant de vanter les pays les plus réactionnaires de l’Europe comme la Hongrie et la Pologne, « des régimes où on ne se couche pas devant l'Union européenne, des régimes où on préfère son pays à l'Union européenne ». Une référence au blocage par ces deux pays au plan de relance de l’économie prévu par l’UE pour faire face à la crise du Covid-19. Puis il a encore embrayé sur son côté populo-vulgaire mais toujours extrémiste : « Il faut arrêter de nous gonfler avec la démocratie participative », car pour lui et c’est là où il tente de se placer : « Ce que les gens demandent, dans ma ville comme ailleurs, c'est quelqu'un qui (...) fasse ce pour quoi il est élu, qui ne change pas d'avis », a-t-il ajouté. « Les gens en ont marre des eunuques du vocabulaire qui n'appellent jamais les choses par leur nom ». Ce qui est incroyable, avec Robert Ménard, c’est qu’il parle de Béziers comme un propriétaire, à la manière d’un seigneur féodal. Bien entendu il a conclu son discours en affirmant (encore un hasard ?) que le pays a « besoin d'un type autoritaire et mal élevé à la tête de l'État ». D’ailleurs, il aurait déposé un nom de domaine « Ménard 2022 ». Cela dit, suite à cette déclaration, le mouvement Ensemble 34 a publié un communiqué dénonçant le maire de Béziers avec ses mots : « Il confirme ainsi ses ambitions : instaurer un régime de type fasciste en France. Il profite pour ce faire du fait que le gouvernement en place est autoritaire et installe, par ses mesures législatives, les outils qu'un régime fasciste pourra utiliser pour imposer sa politique. ». Et le communiqué poursuit en appelant à la Résistance parce que « les habitantes et habitants de Béziers n'auront donc été que les cobayes d'une expérience qu'il veut, in fine, généraliser et amplifier ».

25 novembre. Après l’assassinat de Samuel Paty, les franges de l’extrême-droite radicale se sont lâchées notamment via internet mais curieusement sans faire beaucoup de bruit… Pourtant dans le département un néo-nazi de 30 ans, résidant à Claret, vient d’être condamné et incarcéré. En effet, les policiers ont découvert chez lui des objets à la gloire du IIIe Reich et de la documentation fasciste comme un tee-shirt de la division SS Charlemagne, sans compter les nombreux messages ouvertement xénophobes et antisémites. À l’origine des faits, la diffusion sur un réseau social de l’horrible photo du professeur d'histoire-géographie, prise par son assassin après le crime de Conflans-Saint-Honorine avec ce commentaire raciste : « Soyez comme Samuel Paty, soyez immigrationniste, soyez décapité ». Au procès, l’homme essayait de cacher le numéro d’un tatouage sur ses doigts « 88 » comme les initiales de « Heil Hitler ».

25 novembre. Décidément l’installation de quelques mineurs isolés (enfants de moins de 18 ans, fuyant les guerres et les drames) pose beaucoup de problèmes dans certaines villes de notre région. On se souvient de la démission de toute l’équipe municipale de St-Bauzille-de-Putois en 2016-2017 dès que la préfecture avait trouvé un hébergement dans cette ville pour accueillir 40 mineurs non accompagnés (MNA) venant de Calais. Puis de l’agression violente des extrémistes de La Ligue du Midi dans les locaux de l’association RAIH (Réseau Accueil Insertion Hérault) en charge des mineurs à Montpellier en juin 2017. Mais aussi de la pétition de la maire de St-Jean-de-Védas fin mars 2020 contre le projet d’un centre pour mineurs puis des dénonciations sur un site identitaire de celui de Palavas en avril dernier. Enfin en octobre, les inquisitions de Franck Manogil (conseiller départemental RN) vis à vis d’une délibération au Conseil départemental, au sujet d’un ancien hôtel à Portiragnes, pouvant accueillir des mineurs en danger, projet retiré des débats car le lieu n’était pas conforme. D’ailleurs, pour dénoncer cette « invasion » de mineurs étrangers, il avait même été jusqu’à publier sur les réseaux sociaux, des photos d’immeuble avec une tente sur le balcon en invoquant que « les jeunes accueillis faisaient venir d’autres migrants chez eux et sous louaient leur balcon ». Mais après vérification, ce sont des balcons d’une résidence HLM et la tente est une tente d’enfants ! Aussi, récemment, après plusieurs travaux dans un ancien hôtel de la Vitarelle, la commission de sécurité avait donné son feu vert au Département pour le transformer en centre d’hébergement temporaire pour mineurs atteints du Covid (et pas forcément tous étrangers). Or la maire de droite de Portiragnes, Gwendoline Chaudoir, appuyée par deux autres conseillers départementaux, Marie-Christine Fabre de Roussac et Sébastien Frey, avait protesté farouchement contre cette installation : « Vraiment, ce bâtiment n’est absolument pas adapté à l’accueil de mineurs ou de qui que ce soit. Il est en bord de Nationale, sans aucune clôture ou moyen de protection par rapport à la route. D’un point de vue sécurité, ce site est inapproprié » estime-t-elle. Or comme par hasard, deux jours après le passage de la commission de sécurité, l’hôtel a été le théâtre d’un début d'incendie. Les pompiers de Béziers sont intervenus et ont éteint plusieurs départs de feu au rez-de-chaussée. L'hôtel était alors heureusement vide. Pour le président du département, Kléber Mesquida : « S’attaquer à un projet de centre temporaire dont la mission est de permettre à nos jeunes enfants de bénéficier d’un hébergement en confinement, … rappelle les heures les plus sombres de notre histoire quand des bâtiments publics étaient incendiés ».

27 novembre. Quelques tweets de Robert Ménard très révélateurs de sa pensée. Lorsque Renaud Camus a vu son compte Amazon et son livre sur Le grand remplacement retiré, le maire de Béziers a dénoncé « un autodafé numérique » et assuré Renaud Camus de son soutien victime d’un autre temps. Peu de temps après, le pape François dit que « la migration n’était pas une menace pour le christianisme ». Là, Robert Ménard a dégainé : « les propos du pape sur l’immigration sont chaque jour plus stupéfiants. Les chrétiens devront compter sur eux-mêmes pour se défendre » déclenchant des réactions haineuses contre le pape du style « traitre », « vendu », « collabo », « converti à l’islam ». Enfin comme la société Décathlon a décidé de ne plus faire de la pub sur la chaine CNews où règne Eric Zemmour car sa ligne éditoriale ne coïncide pas avec les valeurs de la marque, Robert Ménard a fustigé l’entreprise : « Décatlhon entre à son tour dans le jeu de la pensée unique. Cette attitude délirante au service de la pensée unique est très inquiétante pour la liberté d’expression. »

28 novembre. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans toute la France pour dénoncer la loi « Sécurité globale ». Dans notre département, il y a eu 3 manifestations. La plus importante, bien sûr à Montpellier, a réuni plus de 5000 personnes à l’appel du récent collectif « Danger Loi Sécurité Globale », réunissant de nombreux collectifs militants et citoyens. On notait également la présence du collectif Justice pour Mohamed (Gabsi). À Sète, 300-400 personnes ont aussi défilé dans le centre-ville. Enfin, à Béziers, à l’appel de l’intersyndicale et des Gilets jaunes, environ 400-500 personnes se sont réunies pour dénoncer « les violences contre les migrants, contre les journalistes, contre les manifestants et contre les noirs… ». Bien entendu la police municipale a été une nouvelle fois mise en cause dans la mort de Mohamed Gabsi et les manifestants se sont ensuite dirigés vers la permanence de la députée Emmanuelle Ménard qui a évidemment voté la loi. Pour elle, « cette loi va dans le bon sens même si elle ne va pas assez loin notamment en matière de police municipale ! » Sinon, pour elle « le texte permet de protéger les forces de l’ordre des petits voyous qui essaieraient de leur nuire. » Par exemple, elle est très contente « de la suppression du seuil de 80 000 habitants qui empêchait des villes comme Béziers de mettre sa police municipale à la disposition de l’Agglo ». Est-ce à dire que l’on risque d’avoir une police de Robert Ménard dans toutes les villes de l’agglomération ? En fait pour la députée du secteur, il faut surtout « plaindre les policiers qui, à Béziers, auraient été suivis jusqu’à leur domicile ». Et elle ment ensuite (comme le gouvernement) sur le floutage des policiers car pour elle, « ce n’est pas dans le texte de la loi » et elle ose même dire « si cela avait été le cas, je m’y serais opposée ». En fait, elle joue sur les mots car le texte ne s’attaque pas à la possibilité de filmer (relevant du droit à l’information), mais à la possibilité de diffuser ces images. Or justement, à quoi servent des images filmées si on ne peut pas les diffuser ? D’ailleurs à la question sur la possibilité par la police d’utiliser des drones, elle dit sans voir la moindre contradiction avec ses propos d’avant : « Je pense que quand on a rien à se reprocher, on a pas à craindre de se faire filmer »… Alors, de quoi, le gouvernement, la police et les Ménard ont-ils peur ?

 

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