Fondée en 1990 par des volontaires bénévoles, François, Hélène, Maxime et un prêtre, l'ABCR a rempli bravement jusqu'à ce jour et avec obstination les missions qu'elle s'était fixée : 

- aider les étrangers en situation irrégulière, toujours nombreux dans une ville située au croisement des routes de l'Espagne à l'Italie et au nord de la Méditerranée, en face des anciennes colonies françaises, à récupérer leurs droits, à obtenir un titre de séjour selon les voies légales (et on en sait la difficulté puisque cela dépend du bon vouloir de l’État).

- venir au secours des « nomades » Roms pourchassés et refoulés dans des terrains dépourvus de toute viabilité, expulsés de malheureux squats infestés par les rats, assurer tant que cela a été possible la socialisation des femmes et la scolarisation des enfants. Merci, Nadia !

- aider les non-francophones à faire leurs démarches, à remplir les dossiers de plus en plus complexes, assurer une alphabétisation exigée par l’État comme première étape vers la souhaitée mais si difficile « intégration ». « Les populations Roms n'ont pas vocation à s'intégrer » (Manuel Valls, premier ministre, fils d'émigrés espagnols).

- informer, ouvrir les esprits des enfants à l'aide d'ateliers artistiques, de contes, de films et pièces de théâtre dans le cadre de la Semaine d’Éducation Antiraciste annuelle.

L'association recevait pour ce faire des subventions de divers organismes départementaux, régionaux, étatiques lui permettant d'assurer ces missions. Elle se situait dans un réseau militant (Association biterroise de prévention, Réseau éducation sans frontières, Cimade).

Il y eut d'éclatantes victoires chèrement acquises dès les 15 premières années de son existence (succès après la grève de la faim d'ouvriers turcs employés au noir et sans papiers, obtention très difficile d'un titre de séjour pour un réfugié liquidateur de Tchernobyl, etc...).

Puis la situation politique loco-régionale et nationale évolua vers de plus en plus d'impératifs purement financiers, avec tarissement des subventions, de rejet des migrants et des pauvres, d'intolérance, pour culminer avec la dernière municipalité et la dernière présidence de la République.

Pour le maire actuel de Béziers, l'idée même de populations différentes, non blanches, non catholiques, non « gauloises » est une torture. On se souvient de lui, avec son écharpe tricolore, sa police, ses sbires, disant à des familles syriennes accueillies à la Devèze : « Vous n'êtes pas les bienvenues !».

Il est évident que l'ABCR ne l'était pas plus. Il y eut les accusations du JDB de domicilier des clandestins, le scotch sur la boite aux lettres de la MVA alors que l'ABCR domiciliait à cette adresse les personnes que, malgré son obligation, la mairie refusait. La procédure d'expulsion étant d'une pathétique mesquinerie, mais légale, le bureau fut évacué. L'ABCR représentait « un danger pour Béziers »...

Là où le maire a transgressé, c'est quand il a voulu priver l'association de salle de réunion . C'était illégal, mais ça ne fait rien. Le tribunal administratif lui a donné tort et l'a condamné à verser 2 fois 1000€.  Mais ce n'est pas paru dans le JDB, et, rassurez-vous, c'est nous qu'on a payé comme d'hab quand le maire dé...rape.

Ce n'est pas sans rappeler l'expulsion du Secours populaire d'Hénin Beaumont par le sympathique facho Steve Briois. Ils se ressemblent tous, et, pardon (comme il dit volontiers), mais je ne vois pas clairement l'enseignement du Christ dans ces actions intolérantes jusqu'au ridicule alors que not' bon maire se targue de son christianisme et que Madame fréquente l'Opus Dei.

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