Le 7 avril 2020 sur France 2, Marine Le Pen énonçait dans un lapsus passé bizarrement inaperçu toute l’ambiguïté du R.N dans la période du confinement : « Nous ne nous sommes pas contentés de critiquer les mauvaises décisions de l’exécutif, nous en avons aussi proposé beaucoup.» Toute la problématique du R.N est dans cette formulation : comment profiter de la situation sans se recroqueviller sur son noyau dur complotiste.

Côté sanitaire le R.N. n’est pas armé pour proposer une alternative crédible. Son problème est double : la cheffe est censée tout savoir, les spécialistes désignés sont des apparatchiks. En matière de santé, au R.N, il y en a deux :
- L’une est l’eurodéputée Hélène Laporte. Les mauvaises langues du parti disent que c’est parce que son mari est chirurgien,
- L’autre est l’eurodéputée Joëlle Melin. Elle s’est fait remarquer en postant une vidéo le 28 février où elle disait : « Le COVID 19 déteste la chaleur et la sécheresse, donc n’hésitez pas à vivre dans un air chaud et sec où à renouer avec les vieilles fumigations de nos grand-mères. »
Nous le devinons donc, en matière sanitaire, le R.N appartient à la même internationale de la connerie que Trump et Bolsonaro. Il est simplement plus discret et moins mis en face de ses contradictions puisque lors de l’après crise sanitaire de 2009 il s’était insurgé contre le stockage des masques : le qualifiant de gabegie économique.


Côté sécuritaire le R.N. est sur son terrain de prédilection : la peur.
La stratégie est simple : désigner des boucs émissaires. Il y a bien sur les étrangers, et les illégaux qui passent les frontières mais la cible de prédilection du R.N. dans cette crise sanitaire ce sont les banlieues, ou si l’on traduit : les immigrés. Si le R.N est embarrassé au niveau sanitaire il ne l’est plus au niveau sécuritaire, il suffit pour cela de lire quelques déclarations de ses mentors et affidés :
« Il y a toute une série d’endroits où la police a le plus grand mal à faire respecter les règles de confinement » (Marine Le Pen sur France 2).
« Les zones de non droit dans les banlieues mettent en péril l’ensemble de la population. Si nous sommes en guerre il ne devrait pas y avoir de scrupules à généraliser le couvre-feu ou à faire intervenir l’armée en appui des forces de l’ordre. » (Marion Maréchal Le Pen dans Valeurs actuelles).
« Les tensions montent partout dans les quartiers. Certains pourraient profiter de la situation pour se livrer à des pillages où à des exactions. » (Eric Ciotti dans Nice Matin).
Nous le devinons donc, au R.N., la menace est autant sociale que sanitaire.


C’est le jour d’après qui compte au R.N.
La communication centrale des responsables du R.N. en matière sanitaire et sociale prépare l’intervention sur le terrain des élus et affidés. Partout ils sont à la pointe de la surenchère sécuritaire et ils transcrivent au niveau local les préconisations centrales.
Mais le jour d’après au R.N. c’est celui de la crise économique à venir. Le R.N parie clairement sur le chômage à venir. Sa critique de l’ultra libéralisme mondialisé qui acte la disparition des états nations est réactivée par cette crise. Dans un sondage publié le 2 avril 2020 par le journal patronal Les Echos, il est indiqué que si la pandémie ne profite pas pour le moment au R.N la crise économique, sociale et politique qui va en résulter devrait éclater dans la campagne des prochaines présidentielles.
Pour le R.N. la France, l’Europe et le monde vont sortir ruinés de cette crise sanitaire. Le jour d’après qu’attend le R.N c’est celui qui pourrait faire coïncider la crise économique et politique avec l’élection présidentielle en France en 2022.

 

 

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