Chers amis antiracistes, chers amis antifascistes, chers amis qui êtes amoureux des racines et des branches… Bonjour !

Depuis 2014 et les multiples razzias exercées par le baron noir sur les instances politiques locales (ville, députation, agglomération), la fierté d’être né quelque part est préemptée par l’extrême droite. En quelques années, nous sommes passés de l’affirmation d’une particularité à l’affirmation d’une exclusion.Avant l’arrivée du baron noir le fait d’être né quelque part était ludique, taquin, souvent provocateur. Provocateur, mais pas inquisiteur. On était d’un village, d’une ville, d’un quartier. On brocardait les voisins de l’autre quartier, de l’autre village, de l’autre ville. On brocardait certes, mais pour rire, pas pour de vrai. En ces temps-là, le fleuve Aude s’appelait le Rio Grande. C’était notre frontière, artificielle bien sûr, avec les têtes plates de l’Aude. Les Gabatch descendaient de la montagne pour arrêter de manger des cailloux. Béziers en ces temps-là avait des remparts qui étaient aussi beaux que ceux de Carcassonne. Le fleuve qui coulait à ses pieds charriait de l’or.
On montait à Paris tous les printemps pour devenir champion de France. Nos héros s’appelaient Pepito Navarro, Alain Paco. Du vin coulait des fontaines de la feria. 3 ou 4 cinémas existaient dans le centre-ville. Toutes les musique du monde avait droit de cité. On était de l’Iranget, de la Font Neuve ou du faubourg mais on était de Béziers. On était de Montpellier, de Nîmes, de Carcassonne mais on était Occitan. Les Catalans, les Basques, les Bretons, étaient des frères, victimes comme nous d’un état Jacobin qui nous avait volé notre langue. Les berbères, les kabyles, étaient des cousins éloignés. On allait manifester à Barcelone, à Turin, à Lisbonne, à Gènes. On était de quelque part. mais on était citoyen du monde. On était internationaliste. L’internationalisme c’est l’inverse du nationalisme. C’est penser le monde comme une entité.

Et puis chers amis amoureux des racines et des branches, le baron noir est arrivé. De vrais ennemis ont été désignés. Les arabes, les pauvres, les gitans, les droits-de-l’hommistes, et aussi les pédés. Avec le baron noir les différences c’était plus pour rigoler, c’était pour de vrai. Dans le monde rêvé du baron noir les habitants de la Grangette font la guerre à ceux de l’Iranget. Les têtes plates sont renvoyées en charter de l’autre côté du Rio Grande. Les gabatch de la montagne ne peuvent plus passer à cause des barbelés.
Le baron noir a volé une partie de notre histoire. Il l’a raptée, détournée pour son propre compte et ses petits projets. Il est certes aidé par des barons verts coupeurs de têtes qu’ils estiment mal ajustées. Pourtant plus que jamais, il faut rejeter un Béziers bunkerisé. Il faut recréer un Béziers ouvert sur le monde, comme le fait la tribu de Pierre Perret dans la chanson : « Je suis de Castelsarrasin ».

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