Chers amis antiracistes, Chers amis antifascistes, Chers amis amoureux de la langue française… Bonjour ! Le père du petit Robert, Alain Rey, est mort le 28 octobre 2020 à l’âge vénérable de 92 ans. Nous devrions plutôt dire : le père putatif du petit Robert. Tant il semble incongru qu’Alain Rey ait pu enfanter le baron noir. Comment un père qui donne du sens au vocabulaire peut enfanter un fils qui utilise le vocabulaire ?

Tout simplement parce que nous sommes au cœur d’une tragédie grecque antique. Celle où les fils assassinent les pères, comme des prêtres, à l’arme blanche, sur le parvis des temples. Dans cette tragédie antique notre Brutus local ne supportait pas qu’Alain soit le roi. Dans cette tragédie moderne le fils indigne bascule très tôt du côté obscur de la force. Il connait la force des mots, mais il la met au service de l’empire. Sa vie devient une sorte d’antithèse de la vie paternelle.

Enfant, le baron noir fait des conneries à la Devèze et Brusque dans l’Aveyron. Enfant, Alain Rey est deux fois bachelier à 15 ans. Alain Rey rejoint en Algérie l’aventure éditoriale de Paul Robert afin de fonder ex nihilo un dictionnaire de la langue française. Le père géniteur du baron noir rejoint en Algérie les aventuriers de l’OAS et met son imprimerie à leur disposition. Alain Rey est un libre penseur. Le baron noir est un catholique intégriste.

Entre 1993 et 2006 Alain Rey anime la chronique matinale de France Inter « Le mot de la fin ». À partir des années 2000 le baron noir utilise à ses propres fins le pouvoir des mots. Alain Rey est évincé de Radio France, il fonde de nouveaux dictionnaires. Le baron noir est évincé de RSF, il fonde le site à droite toute « Boulevard Voltaire ». Alain Rey ne figeait pas la langue française. Le baron noir ringardise notre idiome national. Alain Rey était un observateur politique du langage. Le baron noir est un utilisateur politique du langage. Là où Alain Rey était un éveilleur, le baron noir est un enrôleur.

Alain Rey aurait dû entamer, de son vivant, un désaveu de paternité envers le petit Robert . . .

Chers amis amoureux de la langue française, Chers amis amoureux de la poésie, le mot de la fin comme disait Alain Rey, je le laisse à Léo Ferré qui disait de son poème ‘’des armes’’ : « des armes et des mots, c’est pareil, ça tue pareil ».

 

 

 

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