Chers amis antiracistes, chers amis antifascistes, chers amis amoureux inconditionnels de la fidélité aux combats qui forgent l’humanité . . . Bonjour ! C’est un constat, nous ne sommes pas tous égaux devant le devoir de mémoire. Mais certains sont plus inégaux que d’autres ! Prenons par exemple au hasard l’exemple du Baron Noir.

Dans un de ses derniers tweets le Baron Noir écrit : « Le 10 mai 1981 Mitterrand arrivait au pouvoir. L’une de ses premières décisions : la régularisation de 130 000 ‘’sans papiers’’. Dire que certains adulent ce chef de l’État ».

Sans aduler Mitterrand et sans être Mitterrandolâtre, le Baron Noir pourrait au moins avoir la reconnaissance du ventre. En 1978 à Béziers le Baron Noir qui milite alors à la Ligue Communiste Révolutionnaire anime une radio libre. Cette radio continue d’émettre malgré l’interdiction du ministère de l’Intérieur. En tant qu’animateur, le Baron Noir est la cible de nombreuses poursuites judiciaires. Lors de l’un de ces procès Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti Socialiste, se porte témoin de moralité à son égard. À défaut « d’aduler » Mitterrand, le Baron Noir pourrait donc se souvenir. Mais se souvenir obligerait à expliquer, et expliquer reste une tâche difficile pour un opportuniste.

Chers amis amoureux inconditionnels de la fidélité aux combats qui forgent l’humanité, nous vous proposons de faire acte de solidarité et de rafraîchir la mémoire qui flanche du Baron Noir. Le nom de la radio libre biterroise défendue et ultérieurement légalisée par Mitterrand était radio Pomarède.

Mais qui était Pomarède ?

Les nouveaux camarades du Baron Noir amoureux inconditionnels de l’ordre, de la sécurité, de la justice, de la police et de l’armée seront ravis d’apprendre que Jean Pomarède était un bandit de grand chemin connu pour être l’auteur de 58 agressions, 35 tentatives de vol, 5 tentatives d’assassinats, 3 assassinats, dans le biterrois entre 1840 et 1842. Si le Pomarède en question sévissait de nos jours les mêmes nouveaux camarades du Baron Noir le qualifierait de terroriste et demanderait la peine capitale à son encontre.

Cette ancienne dévotion pour les bandits de grand chemin d’un nouveau tenant de l’ordre et de la sécurité est peut-être liée au mimétisme entre les deux personnages. Comme le Baron Noir, Pomarède est un enfant turbulent, violent qui n’obéit qu’à son père. Comme le Baron Noir, Pomarède est un spéculateur en tout genre. Comme le Baron Noir, Pomarède avance masqué. Différence notable toutefois : Pomarède a fait du populisme inversé. Le jour de son exécution le 18 février 1843 à Pézenas 50 000 personnes conspuent la canaille de Caux. Aujourd’hui 50 000 personnes conspueraient peut-être ‘’la racaille’’ de Caux, comme disent les mêmes nouveaux camarades du Baron Noir.

Chers amis amoureux inconditionnels de la fidélité aux combats qui forgent l’humanité il reste une question. Comment peut-on passer de la cause des bandits à la cause de la police sans dommages, voire avec intérêts ? Le mieux serait de poser cette question directement à la personne concernée lors de ses multiples apparitions en soutien aux policiers victimes de leur devoir devant les commissariats. En attendant avec délectation ce moment où le passé et le présent du Baron Noir vont se télescoper. Je vous propose de lui dédicacer une chanson de Jeanne Moreau : « J’ai la mémoire qui flanche, je ne me souviens pas très bien ».

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