Chers amis antiracistes, chers amis antifascistes, chers amis amoureux inconditionnels des deux rives de la Méditerranée . . .Bonjour ! Soixante-quatre ans, il aura fallu attendre soixante-quatre ans pour que l’État français reconnaisse qu’un avocat algérien ne s’était pas suicidé pendant la guerre d’indépendance en Algérie. 

Entre secret défense et mensonge d’État le chemin est long pour arriver à la vérité historique. Pendant tout ce temps la thèse officielle qui prévalait était celle du suicide. Il faut dire que pour le pays des droits de l’homme le meurtre d’Ali Boumendjel faisait tâche. Jeune et brillant avocat du bureau d’Alger, Ali Boumendjel avait choisi de défendre les indépendantistes algériens condamnés à mort par les tribunaux militaires. Fils d’instituteur kabyle, Ali Boumendjel aurait pu être aux yeux de l’État français un modèle d’intégration. Ce n’était ni un poseur de bombes, ni un ‘’fellagha’’; il avait simplement choisi de faire son métier d’avocat. Un an avant la parution et la saisie du film "La question", le glaçant témoignage d’Henri Alleg sur la torture en Algérie, la nouvelle de la mort d’Ali Boumendjel le 23 mars 1957 provoque un séisme qui traverse toute la société française. René Capitant, ancien ministre du général De Gaulle et ancien professeur de Boumendjel, suspend ses cours en guise de protestation. L’écrivain et résistant Vercors renvoie sa légion d’honneur au président Coty, avec ces mots : « ce n’est plus d’honneur que mon pays se couvre mais d’opprobre. ». Le général De Bollardière demande à être relevé de son commandement. Le secrétaire général de la préfecture d’Alger Paul Teitgen annonce sa démission. Plus près de nous en 2001, Paul Aussaresses, le vieux commandant parachutiste alors en poste en Algérie, revendique dans ses mémoires la responsabilité du meurtre de Boumendjel. Il indique qu’après 43 jours d’interrogatoires et de tortures, Boumendjel a été précipité du sixième étage du toit terrasse d’un immeuble dans le vide. Cet assassinat a ensuite été maquillé en suicide.

Ce qu’a fait un tortionnaire même pas repenti, reconnaître les faits, le baron noir a été incapable de le faire. Sur son compte tweeter début mars 2021 il indique : « Macron reconnaît l’assassinat d’Ali Boumendjel. La France fait repentance toute seule dans son coin ». On admire au passage l’éloge de l’immobilisme, du statu quo et de l’intérêt supérieur de la nation : matrice du mensonge d’État. Dans la rhétorique Baron Noirienne on sent poindre, l’air de pas y toucher, l’ineptie de s’enfermer une soixante cinquième année (et plus si affinité) dans le secret d’État. Bizarre évolution de celui qui fut l’un des fondateurs de Reporter Sans Frontières. L’autre donnée de ce tweet est la réaffirmation de la prééminence des parties génitales sur le bulbe rachidien. Les catholos extrême droitistes pourraient dire que dans rachidien il y a Rachid et que Rachid c’est un prénom arabe.

Chers amis amoureux des deux rives de la Méditerranée, pour le Baron Noir la politique c’est simple : il y a ceux qui ont des couilles et ceux qui n’en ont pas. Le mensonge d’État ça n’existe pas, c’est un truc de gonzesse, un truc d’eunuque. La repentance c’est pareil, ça n’existe pas, c’est aussi un truc de gonzesse et d’eunuque. Dans le psychisme Baron Noirien se repentir c’est céder, se coucher, se faire niquer. L’emmerdant du raisonnement c’est que les pro de l’État fort qui ne font jamais acte de repentance, c’est les mêmes qui suicident leurs opposants. Suicider ses opposants dans un État autoritaire, c’est une marque de fabrique, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Chers amis amoureux des deux rives de la Méditerranée, c’est quand même bizarre que quelqu’un qui se revendique chrétien et qui nous bassine avec les racines chrétiennes de la France exècre autant un des fondements de sa religion : l’acte de repentance. C’est vrai ! mais le Baron Noir est un chrétien tendance djihadiste. Même l’archiprêtre de Béziers l’a repéré quand il a dit de lui que c’était  « un drôle de paroissien ».

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