"Un président autoritaire remettra à leur vraie place les corps dits intermédiaires (syndicats, partis). Il dirigera la nation pour le peuple, et directement avec lui" (Tweet de Robert Ménard le 26 novembre 2020). Petit commentaire de texte… On savait Robert Ménard autoritaire mais on avait encore quelques doutes sur son adhésion aux thèses fascisantes.

En premier lieu, la "remise à leur place" des syndicats et partis est une caractéristique des pouvoirs ultra-autoritaires, des mouvements fascistes et nazis : la lutte pour la disparition des syndicats en est une constante et le discrédit jeté sur les partis constitue une stratégie d'accession au pouvoir et de gouvernement sans partage.

Ensuite, le président devrait, selon Robert Ménard, notre contempteur de la démocratie et des fondamentaux républicains, "diriger la nation pour le peuple et directement avec lui" ; on reconnaît là le lien direct et mythique que le chef espère nouer avec son peuple ; cette relation est de la nature de celle que Mussolini et Hitler ont instaurée avec "leur" peuple.

Un pays, un peuple, un chef…(1)

Enfin, on soulignera, pour le commentaire stylistique, l'utilisation de l'indicatif ("un président remettra" ; "il dirigera la nation") au lieu d'un conditionnel qui aurait signifié que le propos relevait d'une hypothèse que Robert Ménard appelle de ses vœux mais qui n'est heureusement pas inscrite dans un quelconque "destin" de la France.

"Pardon de vous le dire", Robert Ménard, mais les syndicats existent, comme les partis politiques, et, dans leur immense majorité, ils continueront de s'opposer à toute dérive fascisante quel qu'en soit leur promoteur.

(1) en allemand : Ein Land, ein Volk, ein Fürher

 

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