Itinéraire d’un gangster politique. Dans les laboratoires de l'extrême droite. Cette rubrique rend compte des attaques menées par l’extrême droite contre les libertés et le vivre ensemble. Pour ce numéro d’EVAB nous allons évoquer les liens entre l’extrême droite et le gangstérisme.

par Didier

Les gangsters et autres pervers ont toujours profité des régimes totalitaires pour exercer leurs penchants.


Paul Touvier est un de ces gangsters. Sa particularité est d’avoir profité de son statut de chef de la milice lyonnaise pour abolir les limites entre activisme, antisémitisme et gangstérisme politique. La carrière de gangster politique de Paul Touvier commence et finit à Nice. Le 22 février 1942 dans les arènes antiques de Cimiez le Service d’Ordre Légionnaire (S.O.L) est créé. Cette organisation paramilitaire dévouée au maréchal Pétain est dirigée par Joseph Darnand qui deviendra le chef de la milice française. Ce 22 février 1942 à Cimiez, mille légionnaires jurent dans une mise en scène digne des nazis de "lutter pour la civilisation chrétienne, contre le bolchévisme, la lèpre juive et la franc maçonnerie". Paul Touvier fait partie de ces mille légionnaires.

Secrétaire général du S.O.L pour la Savoie, il est remarqué par Darnand pour son zèle vis-à-vis des juifs et des résistants. Fin 1943 il devient le responsable du deuxième service (renseignement et répression) de la milice, d’abord pour Chambéry, puis à partir de janvier 1944 pour toute la région Lyonnaise. Touvier va alors profiter de sa place dans la hiérarchie de la milice, de ses liens avec la Gestapo pour extorquer les prisonniers et inculpés qui passent dans ses services. Parallèlement il pille les appartements des Juifs qui sont envoyés vers les camps de la mort.

En janvier 1944 il arrête et assassine Hélène et Victor Basch fondateurs de la L.D.H. Au moment de leur assassinat ils sont âgés de 80 ans. A la même période il est directement impliqué dans l’exécution de 7 otages juifs qu’il a personnellement sélectionnés. Considérablement enrichi il prend la fuite à la Libération. En 1947 il est arrêté à la suite du cambriolage d’une. . . boulangerie. Comme il bénéficie d’une fausse identité, il est relâché par la police.
Avec l’aide du courant traditionaliste de l’église catholique il est nourri, logé et planqué pendant près de 40 ans. Condamné à mort par contumace à Lyon en 1946 et à Chambéry en 1947 il est malgré tout protégé par les courants traditionalistes de l’église catholique.

En 1971 G. Pompidou alors président de la république lui accorde sa grâce présidentielle, il revient vivre en famille à Chambéry. Les crimes contre l’humanité étant imprescriptibles, cette grâce présidentielle est juridiquement annulée.
Anticipant une nouvelle arrestation Touvier retrouve la clandestinité et les courants traditionalistes qui l’ont protégé. La cavale de Touvier s’arrête le 24 mai 1989. Il est arrêté déguisé en curé sous le pseudonyme de Lacroix (!) dans l’enceinte du prieuré St Joseph dans le vieux Nice, prieuré qui est bien sûr géré par le courant traditionaliste.

Finalement jugé et incarcéré, Touvier meurt d’un cancer à la prison de Fresnes le 17 Juillet 1996.

Complice du fuyard pendant près de 40 ans l’église traditionaliste n’a jamais été inquiétée pour avoir hébergé un condamné à mort pour crime contre l’humanité, dans ses abbayes, monastères et autres chartreuses. Au moment où les traditionalistes retissent des liens politiques avec l’extrême droite ( manif pour tous, PMA, avortement, interdictions de spectacles culturels), au moment ou le couple Ménard affiche ostensiblement ses liens avec la communauté traditionaliste de Puimisson et un confesseur privé membre de l’Opus Dei, il serait opportun de demander pourquoi pendant près de 40 ans les traditionalistes ont hébergé un condamné à mort pour crime contre l’humanité sans être inquiétés.

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