Déconstruction de l’action politique du maire de Béziers...

Même s’il tente de se faire passer pour un élu à ranger dans la catégorie des diverses droites. Le maire de Béziers reste fondamentalement un élu divers extrême droite :

  • Sa propension à se mettre en scène théâtralement, 
  • Son positionnement permanent d’homme providentiel capable de soulager tous les maux des biterrois, 
  • La force quasi surnaturelle de son intuition personnelle...                                             

Ne relèvent pas que d’un trait de caractère.

C’est aussi un positionnement politique totalement référencé à l’extrême droite. 

Nous vous proposons à partir d’un article écrit par Arsène dans notre journal web (numéro 2), de déconstruire l’action politique du maire de Béziers. 

Un "je" envahissant :

 Le discours égocentrique du maire de Béziers se trahit par un "je" omniprésent et un possessif invasif : "ma ville", "mon quartier"...

L’égocentrisme se double d’un géocentrisme focalisé sur Béziers : avec son "je", le maire incorpore la ville entière qui devient le prolongement de son égo.

C’est un procédé d’autorité les habitants de Béziers se retrouvent à endosser des opinions qui n’engagent que leur maire.

Un appétit d’ogre :

L’appétit du maire est insatiable : les biterrois ne suffisent pas à nourrir son égo. Il doit aussi impliquer <<les gens>> de toute la France dans ses réflexions. 

En utilisant ce terme générique "les gens" le maire de Béziers déborde des frontières de sa ville sur les plateaux de télévisions parisiens.

Un démiurge omniscient :

La volonté de gigantisme du maire se double d’une omniscience quasi divine. Il lit dans nos pensées et use sans modération de verbes qui expriment nos désirs, pensées, craintes et émotions.

"Les gens" sont invités à s’exprimer, mais le maire parle à leur place !

Des accents prophétiques :

Notre enchanteur local à le pouvoir de faire parler <<les gens>> par sa voix, mais il restitue aussi leurs intonations.

Les tournures familières et le tutoiement généralisé donnent des accents populaires et produisent un effet de parler vrai. Cet habile stratagème tente de réduire toute distance entre lui et le peuple. Ils ne font qu’un, ils partagent la même bouche le même cerveau.

La mise en scène d’une parole prophétique qui touche au mystique est un trait saillant de la rhétorique employée par R. Ménard.

C’est une parole totalisante et totalitaire qui place le dissident en position marginale.

Par une simple formule langagière, le contradicteur se retrouve exclu de la majorité imaginaire et écrasante qu’incarne le porte-parole charismatique.

Un bouclier humain :

L’ogre a besoin d’une forteresse pour se défendre des attaques ennemies.

Une ruse d’illusionniste, permet de faire "des gens" un rempart.

Il suffit de créer une solidarité illusoire entre les intérêts "des gens" et ceux de l’extrême droite. Pour parvenir à ce résultat, il faut donner l’impression qu’attaquer l’extrême droite équivaut à nier l’évidence, à attaquer "les gens".

Nier le constat de départ serait nier celui qui l’énonce et celui qui l’éprouve. 

Ainsi formalisée, cette "communauté d’intérêt" agit comme un bouclier humain.

Des lapins blancs contre l’analyse :

Dans Béziers comme ailleurs, l’insécurité existe mais elle est multiple. Le maire parle lui d’un sentiment d’insécurité dans un populisme revendiqué.

Le maire assume publiquement son populisme.

Mais le peuple convoqué par le maire de Béziers est une communauté imaginaire crée de toute pièce. A partir d’un ressenti initial (le peuple à peur, il n’est pas en sécurité, il est incompris) aucune idée de changement structurel n’est défendue.

En jouant avec les sentiments le maire sort des lapins blancs de son chapeau d’illusionniste.

Une / Des attaques ad hominem :

Agresser personnellement l’interlocuteur qui ose mettre en doute la parole du maire de Béziers est devenu un classique du genre.

En même temps le maire refuse souvent de vouvoyer, interrompt, suggère, invective, insinue, peut même être grossier.

Cette violence verbale constitue l’armement et les munitions de la communication municipale.

L’agressivité jette le discrédit sur l’interlocuteur dès la première salve. C’est le principe de l’attaque ad hominem.

Un Don Quichotte contre les moulins à vent :

Cette attaque ad hominem est systématique quand la démarche d’analyse met en difficulté le discours d’extrême droite.

Décortiquer, chercher à comprendre la peur sans la juger est une chose. L’alimenter en est une autre.

Contrairement à ce que dit le maire, expliquer la peur c’est la reconnaître pour mieux la combattre : ce n’est pas faire acte de censure ou de mépris.

Un art du raccourci :

La meilleure façon de soustraire la pensée d’extrême droite à la contradiction, c’est de passer sous silence les raisonnements qui la fondent.

Ainsi, les "problèmes" soulevés par le maire de Béziers sont des constats (ce qu’on ressent et ce que l’on voit).

Définir un problème nécessite pourtant une analyse pour imaginer une solution.

Dans le champ du démagogique on passe directement du constat à la solution.

Finalement les problèmes <<des gens>> sont largement exploités pour faire passer des idées éloignées de leurs préoccupations initiales.

Dans ce terrain vague, les sous-entendus prospèrent dans la bulle de l’informulé.

Prenons le sous-entendu suivant : les français musulmans seraient ils moins français que les autres français ?

L’idée est sous entendue dans les discours de maire de Béziers mais elle n’est pas formulée. 

Elle devient implicite.

Non seulement le procédé évite la confrontation d’idée, mais fait de la xénophobie et de l’islamophobie un non-dit qui ne peut être dénoncé puisqu’il n’est ni énoncé, ni assumé.

En maniant cet art du raccourci le maire de Béziers ne propose pas de solutions, mais il alimente les peurs qui renforcent le vote d’extrême droite.

Comme tous les rentiers de l’insécurité, le maire de Béziers vise à augmenter son capital pour rivaliser avec les autres rentiers de l’extrême droite.

Dans cette fuite en avant les Biterrois(es) ne servent que de valeur ajoutée, ils renforcent le capital d’un maire qui ne produit rien pour sa ville. 

Il se contente de construire un bunker sur du vide.

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