Par Clo et M.R.V.,

Envie à Béziers, Evab pour nos lecteurs, fidèle à son engagement, vous propose sur son site internet durant les semaines qui nous séparent de l’élection municipale 25 raisons de ne plus voter Robert Ménard comme maire de Béziers, sous forme de dessins légendés. Vous pourrez découvrir et partager un nouveau dessin chaque dimanche au fur et à mesure des semaines qui nous séparent des élections municipales sur notre site internet. En voici un échantillon pour notre journal papier.

Grands Travaux Inutiles6

1ème raison : Quel est le point commun entre le réseau de bus de Stockholm, des trains de banlieue de Boston, du métro de Shangaï et du parc de stationnement de Béziers ? D’être géré par le groupe privé Kéolis dont fait partie la société Effia, à qui Robert Ménard a confié pour 10 ans la gestion du stationnement par délégation de service depuis le 1er janvier 2018 sur la voirie et sur les parkings. On se souvient d’un temps où on pouvait se garer à Béziers à la gare, au Champs de Mars, dans de nombreuses rues du centre-ville gratuitement. Sous la mandature de Raymond Couderc les choses s’étaient progressivement dégradées. Un pas de plus important a été franchi. Et l’indulgence relative des préposés municipaux a été remplacée par la logique implacable des parcmètres d’Effia. Il faut compter 1 euro par heure de stationnement en zone bleue. L’abonnement de 30 euros mensuel n’est accessible qu’à des catégories sociales favorisées. L’amende a été majorée à 17 euros. Et les 30 minutes offertes en cœur de ville ne permettent pas de s’attarder pour du lèche-vitrine. Résultat : les biterrois sont contraints de trouver des systèmes D pour garer leur voiture. On le voit aux nombreuses places vides du centre-ville. Du jamais vu à Béziers. Pour autant aucune politique ambitieuse de circulation écologique n’est mise en place : parkings aux portes de la ville, navettes gratuites, pistes cyclables. La ville est donc à la fois cernée par un réseau routier de plus en plus dense et saturée de voitures à l’intérieur... Qui ne peuvent pas se garer.

L’absurdité de cette politique à contre-courant a atteint son acmé avec la présentation au conseil municipal du 23 septembre 2019 du projet de parking silo de 300 emplacements sur la place de Gaulle, censée permettre de desservir le cœur de ville, unique sujet d’intérêt pour Robert Ménard. Sa nécessité est d’ailleurs très contestable et la création d’un pôle entrepreneurial ne suffit pas à justifier les 4 850 000 HT que coûterait cette construction. On peut s’interroger d’emblée à qui profiterait ces Grands Travaux Inutiles ? Si la gestion de ce parking revenait à Effia, on pourrait dire que l’argent public a contribué à financer le privé. On ne parle pas de la question écologique et urbanistique. Le déplacement de la gare routière vers la gare largement saturée par la circulation du carrefour de l’Hours peut inquiéter. Et sans verser dans la nostalgie des vignes qui recouvrèrent cette place avant de devenir un pôle administratif (préfecture, collège, commissariat, ancienne cpam) et malheureusement la gare routière, on aurait pu imaginer un projet plus verdoyant et esthétique que cette verrue.

Horreur2

2ème raison : tout est dans le dessin. Robert Ménard a basé sa politique municipale sur le pari du tourisme. Pas sûr qu’elle soit compatible avec la campagne idéologique que le maire actuel mène à coup d’affiches, de journal de la ville, de conférences, de tweets, de procès aux frais des contribuables. Les charmes de Béziers sont bien édulcorés par ce musée des horreurs, où le touriste ne risque pas de se précipiter.

Avons-nous vraiment envie que Béziers soit marquée du sceau de l’extrême-droite ?

Cest dCgueulasse4

3ème raison : Tout est dans le dessin. Mardi 29 mai 2018, le plafond d’une école de Béziers, l’école Pellisson, s’effondre, faisant 14 blessés légers. Cet accident est à l’image de l'état des écoles de la ville, parfois tout à fait indigne pour les plus anciennes. S’il n’en était pas responsable au début de sa mandature, le maire actuel a fait le choix de privilégier d’autres investissements et de ne pas procéder à un gros effort de rénovation des écoles existantes et de construction de nouvelles écoles ou d’espaces de cantine. Il suffit de comparer les orientations budgétaires consacrées à l’embellissement du coeur de ville (26 millions) à celui prévu pour les écoles (4,5 millions) sur la période 2015-2020 pour s’en rendre compte. Pourtant il n’est pas sûr que le retour sur investissement n’aurait pas été plus profitable. Autre responsabilité de la municipalité actuelle, c’est le budget alloué par enfant pour le matériel ou à l’équipement informatique qui est loin d’être à la hauteur : il y a des écoles qui fonctionnent avec un seul ordinateur en tout et pour tout. L’accès aux complexes sportifs ou le financement des transports pour y accéder a été réduit à peau de chagrin. Le financement des classes vertes a été supprimé. Beaucoup d’écoles fonctionnent donc à minima, contredisant le principe de l’égalité. Tout ceci est à l’image du mépris social du maire pour les classes populaires souvent défavorisées de Béziers et une préférence certaine pour les écoles privées si possible de confession catholique et les classes sociales plus nanties. Les rodomontades de Robert Ménard sur son compte tweeter le 5 novembre 2019 contre le gouvernement suite à l’incendie criminel de l’école des Tamaris le 31 octobre 2019 ne doivent pas masquer ses propres choix « dégueulasses » pour reprendre son expression faussement indignée.

Facadisme8

4ème raison : L’une des plus grosses illusions qu’ait donné le maire actuel est d’avoir été à l’origine de la rénovation des façades à Béziers. En réalité ce plan d’action national qui concerne de nombreux cœurs de ville a démarré pendant la dernière mandature de Raymond Couderc et s’est poursuivi avec celle de Robert Ménard et l’élection d’Emmanuel Macron. Les principaux pourvoyeurs de fonds sont l’Etat et Action logement (1% patronal) auxquels s’ajoutent pour une moindre part les collectivités territoriales et différents organismes. Il en est de même pour les quartiers dits populaires comme celui de la Devèze. Ces rénovations auraient eu lieu quel que fût le maire en place. Il y a derrière ces plans une volonté de gentrifier les cœurs de ville (habitants aisés) et d’installer les classes moyennes dans les quartiers populaires en les vidant des classes sociales les plus pauvres, pour qui il n’est pas sûr que soient construits assez de logements sociaux. 

Mais la recette n’est pas si aisée. Et on voit que de nombreux commerces ferment ou ont une durée de vie éphémère, le problème majeur restant l’emploi à Béziers. Proposer aux propriétaires de remplacer les commerces par des garages est un tour de passe-passe qui permet de réduire le nombre de commerces, mais relève tout autant du façadisme. 

Lutter contre la paupérisation ne peut se faire en excluant les plus pauvres. Question de valeur, mais aussi de pragmatisme. 

« M’en voudrez beaucoup si je vous dis un monde / Où l’on n’est pas toujours du côté du plus fort/ Ce soir j’aime la marine / Potemkine » (Extrait de « Potemkine » Jean Ferrat)

Moins on en a plus12

5ème raison : Le moins qu’on puisse dire c’est que la vie culturelle n’est pas le fort du maire actuel. Pourtant c’est souvent le marqueur d’une ville dynamique, celle qui donne envie d’y revenir ou d’y rester, celle qui fait se rencontrer les habitants de tout horizon ou de tout âge. Le théâtre municipal à travers ses différents lieux présente grâce au travail des équipes des spectacles intéressants. Mais l’offre reste très limitée, sans parler d’une politique peu démocratique en termes de tarifs ou d’activités proposées. Et d’autres choix parmi les manifestations de la ville relèvent de la nostalgie, voire d’un rejet revendiqué de formes modernes de la culture. On est davantage dans le divertissement anesthésiant que dans un vrai projet culturel qui fait ressentir de profondes émotions et donne à penser. Plus inquiétant encore est la diminution ou disparition de l’accès à certains espaces culturels comme les Musées de Béziers, la restriction de l’offre en direction des scolaires en matière d’ateliers, alors même qu’un travail formidable était accompli depuis de nombreuses années. Sans parler du sauvetage in extremis par l'opposition de ces lieux de mémoire que sont la maison de Jean Moulin ou le Palais épiscopal. Ce mépris de Robert Ménard pour la culture moderne comme pour le monde enseignant, une certaine approche peu favorable à la vie associative qui a pu transparaître à travers sa mandature, dessine bien le portrait d’un homme d’extrême droite. Qu’on ne s’y trompe pas.

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6ème raison : La rénovation de la place Jean Jaurès, dite place de la Citadelle, à Béziers est l’un des sujets de satisfaction des biterrois. La première étude commandée à l’agence valencienne APS par la municipalité d’alors date de 2 000. Elle ressemble à s’y méprendre au réaménagement qui a été réalisé. N’empêche, un peu de verdure n’est pas pour déplaire comme la disparition du parking en surface. Des allées la traversent et facilitent la circulation piétonnière. On sera sensible ou non à la fontaine musicale et au design minéral qui nous éloigne du charme méditerranéen biterrois. On  toussera sur le budget alloué de plus de 20 millions d'euros pour ce réaménagement.

On comprendra encore moins pourquoi les pelouses ont été interdites d’accès, les enfants privés de patauger dans les plans d’eau même sous 40 degrés, les bancs retirés. À l’inverse de ce qu’ont pu faire des villes comme Bordeaux ou Marseille. 

Si ce n’est en se référant à cette obsession du maire actuel de faire disparaître de la ville toute marque de culture méditerranéenne, comme on a pu le voir avec l’interdiction de faire sécher son linge aux fenêtres à la napolitaine, sa volonté de limiter les kebabs ou la fermeture du marché de plein air de la Devèze qui sentait bon les épices. Aux États-Unis on parlerait d’une volonté de faire régner la culture wasp (white anglo-saxon protestant). Ici on pourrait inventer l’acronyme bfc (blanc français catholique). 

L’extrême droite se glisse parfois dans des choix apparemment anodins mais qui peuvent préparer les esprits à de plus graves atteintes au droit, si on n’y prend garde. L’histoire nous l’a appris.

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7ème raison : On ne peut pas dire le contraire : Robert Ménard a vraiment cherché à redynamiser le cœur de ville. Cela a même été sa préoccupation principale. Il a mis en place une équipe municipale efficace et avenante pour favoriser l’ouverture de nouveaux commerces et tisser des liens avec les commerçants et leurs associations. Il est parti en bataille pour sauver les Galeries Lafayette et a guerroyé contre l’enseigne Orchestra. Il a installé un parking sur la place du Champ de Mars. Il a tenté d’appliquer toutes les bonnes vieilles recettes : installation d’une grande roue, animations de rue, musique dans les hauts parleurs, sons et lumières, décorations et parterres de fleurs. Il a rebaptisé la ville en « capitale mondiale du vin » et autres florilèges. Mais au bout de 6 ans de mandat, le cœur de ville de Béziers a un pouls toujours très bas. De vieilles enseignes bien connues des Biterrois, dont le restaurant étoilé, ont fermé leurs portes, d’autres ont déménagé pour le Polygone ou les zones commerciales de la périphérie. Des boutiques éphémères se succèdent. Il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir. Et on ne peut nier la difficulté de la problématique. Néanmoins il est fort à parier qu’en visant des populations plus diverses et variées en âges et en catégories socio-culturelles, la ville aurait tout à gagner. La campagne de revitalisation un tantinet désuète menée par la mairie actuelle cible un public touriste ou pas trop restreint pour que la vie s’installe à Béziers. L’entre-soi a toujours signé la décrépitude des villes. Goldoni et son théâtre vénitien aurait bien à nous en apprendre là-dessus.

LCon fait le paon 7

8ème raison : Ce n’est pas tant l’égo de Robert Ménard qui nous vaut ce dessin de notre caricaturiste que le manque d’inventivité du maire. À l’étroit dans son costume de maire d’une ville moyenne, il ne peut rêver Béziers qu’à l’image des grandes villes. Aussi lui applique-t-il toutes les recettes éculées des métropoles pour attirer le touriste. C’est ainsi que les biterrois ont pu voir apparaître cette grande roue en bas des allées centrales réaménagées à cette occasion pour la modique somme de 800 00 euros. Il n’y avait pas plus urgent à Béziers en termes d’investissement ni plus efficace en termes d’attractivité ni plus fidèle à son charme occitan. La grande roue a ça de bon qu’elle fait parler et bouillaquer. C’est qu’on n’y voit quasi jamais personne et qu’elle tourne le plus souvent à vide. De là à en faire un symbole de la politique municipale ménardienne... Léon léon léon... Crie le paon incompris tout en faisant la roue.

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