Robert Ménard a signé un arrêté autorisant "les commerces non-alimentaires de la ville de Béziers à rouvrir à compter du 31 octobre"… qui met en danger les commerçants et les clients. Ce coup de com' est particulièrement grave venant de la part d'un maire qui est chargé de faire appliquer la loi sur le territoire communal :

1 / les règles sanitaires ne relèvent pas de la compétence du maire

2 / dans un État de droit, il existe une hiérarchie des textes ; les arrêtés ne peuvent aller à l'encontre de la loi ou d'un règlement

3 / cet arrêté instrumentalise les commerçants qui, s'ils devaient ouvrir leur commerce en s'appuyant sur les dispositions de l'arrêté, malgré l'interdiction, risquent amendes et fermeture administrative

4 / une telle incitation à maintenir l'ouverture fait encourir aux clients éventuels le risque d'une amende car l'interdiction qui leur est faite de se déplacer en direction de ces commerces est maintenue

5 / cet arrêté, manifestement illégal et de nature à créer un trouble à l'ordre public, est déféré par le préfet devant le juge des référés (audience du mardi 3 novembre 2020) ; la défense de la ville sera assurée…aux frais du contribuable !

L'arrêté, contrairement aux dires de Ménard, ne s'applique pas. Le sous-préfet de Béziers assure, avec raison, que les commerçants qui auront décidé d'ouvrir leurs portes s'exposent à être verbalisés. Dès le samedi 31 octobre, des contrôles ont été effectués et cinq commerçants ont été verbalisés à hauteur de 135.00 euros : deux coiffeurs, deux magasins de prêt-à-porter et une boutique de, décoration ils ne manqueront pas de remercier Ménard !

Ménard persiste et s'enfonce. Le maire de Béziers a déclaré publiquement (Midi-Libre, 1er novembre 2020) que si les commerçants devaient être verbalisés et condamnés au paiement d'amendes, "la ville les paiera". Il faut rappeler à ce maire, qui fait fi de la loi et méconnaît les règles de droit, que les amendes sont mises à la charge du seul contrevenant et que la commune ne saurait mandater une dépense illégale : le comptable public et le représentant de l'Etat ne pourraient que s'y opposer. Il est facile de faire de la com' depuis un bureau de l'hôtel de ville sans mesurer la conséquence de ses actes ! On ne joue pas avec ça…

 

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