À Béziers, la ville dont Ménard est – hélas ! – le maire, des haut-parleurs rappellent la loi aux contrevenants : la police municipale utilise les caméras de surveillance pour traquer les incivilités et des haut-parleurs apostrophent, en temps réel, leurs auteurs. 

Les agents de police en patrouille sur le terrain, informés par radio de la commission d'une infraction, se rendent sur les lieux et interpellent le ou les contrevenants.

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                                                                             affichage ville de Béziers

La voix de son maître (chien)

Les personnes ayant commis une infraction, ayant par exemple laissé sur place une déjection canine, sont filmées sans le savoir et entendent une voix, dont elles ignorent la source, qui dit : "Madame (ou monsieur), la police municipale de Béziers vous informe que vous devez ramasser les déjections de votre chien."

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                                                                            JDB / n° 7 / 15 janvier 2021

Les dangereux contrevenants, ainsi interpellés, sont, au moins, surpris par cette voix venue d'ailleurs, sinon sidérées. Et aujourd'hui, la police municipale dispose de 260 caméras et d'une douzaine de haut-parleurs reliés au centre opérationnel de surveillance…

Les personnes sont vues sans voir qui les voit. Elles sont vues sans le savoir et dans l'ignorance de qui les voit. C'est le système du panoptisme.

Un système inspiré de l'architecture carcérale

Le panoptisme est une architecture carcérale (imaginée par Bentham au XVIII° siècle) qui permet à un gardien, logé dans une tour centrale, d'observer tous les prisonniers, enfermés dans des cellules individuelles autour de la tour, sans que ceux-ci puissent savoir s'ils sont observés. Michel Foucault (dans surveiller et punir, 1975), en fait le modèle abstrait d'une société disciplinaire, axée sur le contrôle social.

Ce dispositif rend perceptible un renversement essentiel : alors qu'à travers la sanction le pouvoir était visible et se mettait en scène, vu par le plus grand nombre, la problématique s'inverse ; c'est la population qui est surveillée par un pouvoir invisible. Foucault introduit une problématique autour de la police et d'un quadrillage de la population : par un fort maillage social, ce n'est plus le pouvoir qui est sur scène, mais bien l'individu.

Rappelons qu'à terme la ville de Béziers comptera 400 caméras de vidéo-protection...

Ménard peut ainsi affirmer : "Je vois tout, je suis partout".

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