Notre dernière émission radio étant consacré au prosélytisme de l’école traditionnaliste catholique, on en a profité pour faire un point sur la politique municipale de Béziers en matière scolaire.

Robert et Emmanuelle Ménard appartiennent à la mouvance politique qui défend une école traditionnaliste catholique. Ils partagent sans aucun doute l’opinion d’Isabelle Marié en charge du cours Gustave Fayet privé hors contrat qui n’a pas tenu 2 ans régi par l’association La tour Espérance : « L’Éducation nationale semble plus occupée à façonner [les élèves] idéologiquement qu’à leur enseigner les tables de multiplication et la grammaire, ou même qu'à instaurer des règles de base comme la discipline et le respect de l'autre. » Tout le monde sait, bien sûr, qu’une école catholique ne cherche pas à façonner les esprits.

Mais le maire qui sait très bien jouer avec les limites de ce qu’il est possible de dire ou ne pas dire peut déplorer sur les plateaux télé décomplexés la présence de x pourcentage de musulmans dans les classes de Béziers, mais perdrait du terrain s’il défendait ouvertement les écoles privées catholiques alors qu’il est maire. On est en terre occitane, pas en Bretagne. Robert Ménard n’est pas insensible non plus aux arguments de l’opposition qui pourraient porter atteinte à son image. Et l’école pendant sa première mandature a été son talon d’Achille. Il s’est senti obligé de répondre aux critiques qui lui étaient faite de maltraiter les Atsem ou de privilégier les travaux d’embellissement du centre-ville alors que les écoles anciennes biterroises étaient dans un état de très grand délabrement. Sur la liste Ménard aux dernières élections municipales figuraient non sans malice l’enseignante sur qui un plafond d’école était tombée et une Atsem.  

Mais alors qu’en est-il concrètement de la politique municipale en matière scolaire ?

Côté investissement le budget municipal a augmenté en 2019. Il faut dire qu’après la mandature de l’ancien maire Raymond Couderc l’état des écoles était tel qu’il ne pouvait que s’améliorer. Reste que nous sommes encore loin du compte et que les écoles les plus anciennes de Béziers restent très vétustes et connaissent de nombreux problèmes d’insonorisation, d’isolation ou d’infiltration d’eau. C’est pourquoi le choix a été fait de détruire et reconstruire l’école des Oliviers. À noter que ces travaux à hauteur de plus de 7 millions d’euros sont financés essentiellement par l’État, via le plan de rénovation du quartier de la Devèze. Sur le plan des investissements à mettre au compte de la mairie il faut inclure la reconstruction de l’école des Tamaris incendiée de manière criminelle en novembre 2019 avec un co-financement de la mairie, de l’agglomération, des autres collectivités et de l’État.  On compte également l’extension de la cantine Marie Curie dont la mairie a financé une large part (150 000 sur 250 000 euros). Des travaux de désamiantage sont également en cours dans des écoles.

Le conseil municipal pourra s’interroger en revanche sur la pertinence en matière de sécurité sanitaire d’effectuer des travaux de désamiantage à l’école maternelle des Arbousiers cet automne sur le temps scolaire en présence des élèves et des personnels.

Les dépenses de fonctionnement qui n’étaient pas déjà mirobolantes, elles, sont en baisse pour la même année 2019.

Côté travaux d’entretien et de réparation on peut noter une amélioration certaine. Même si on constate une lenteur certaine à intervenir, probablement par sous effectifs, y compris sur des questions comme la dératisation ou le nettoyage de la fiente de pigeons dans les cours d’école. 

Mais on peut dire en gros que depuis Couderc et les années 2000 le budget de la mairie pour les frais de fournitures scolaires ou le matériel pédagogique et pour les équipements est resté le même. L’accès au numérique est quasi inexistant pour les élèves comme pour les personnels, les directeurs et directrices d’école sont obligés d’utiliser leur propre matériel informatique et leur forfait téléphonique. L’installation d’un simple visiophone ou l’achat d’un tableau est un véritable parcours du combattant.

Robert Ménard, plus obsédé par le sécuritaire que le pédagogique, a en revanche, installé des caméras de surveillance pour chaque école et la police municipale intervient rapidement en cas de nécessité. Il semblerait qu’on puisse désormais appeler de nouveau directement les médiateurs scolaires qui avaient été réaffectés sur la police municipale lors du 1er mandat et que des recrutements sont prévus. La réalité a certainement rattrapé l’équipe municipale. De même qu’il serait peut-être question de réintroduire les études surveillées qui avaient été remplacées par des coins jeux payants inaccessibles aux familles défavorisées. À suivre. 

Sur la question des personnels il n’y a toujours pas une Atsem par classe de maternelle et leurs conditions de travail restent très pénibles : 10 heures par jour avec seulement 30 minutes de pause, des missions variées et complexes pour un salaire qui n’est pas à la hauteur de leur utilité et de leurs compétences.  En revanche en bon libéral le maire actuel, cherchant toujours à supprimer des postes à la mairie, tente d’externaliser l’entretien et le ménage vers une entreprise privée sur 3 écoles pour commencer. 

En conclusion on peut dire que Robert Ménard, s’il n’attaque pas ouvertement l’école publique, pratique une sorte de service minimum, sans véritable ambition, tout comme l’État qu’il ne cesse de critiquer. Il est vrai que les deux partagent la même idéologie libérale et sécuritaire. Pour développer l’enseignement privé, comme pour le ferroviaire, l‘hôpital ou l’électricité, on commence par laisser s’effriter l’institution publique. Acheter un buste de Marianne pour chaque école comme l’a fait Robert Ménard n’en fait pas pour autant un républicain qui a le souci de l’égalité des citoyens.

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