C’est une véritable lame de fond qui a emporté mardi 8 décembre au soir les rapports très complaisants du foot au racisme.Longtemps les joueurs de foot professionnels ont supporté l’insupportable racisme. Combien de matchs se sont déroulés avec des jets de bananes, des cris de singes, en direction des joueurs de couleur ? Des centaines, sûrement des milliers.

Les kops de supporteurs ouvertement racistes avaient pignon sur rue dans les tribunes des stades et les insultes fusaient même sur les terrains. Mardi 8 décembre c’est un arbitre qui a prononcé une insulte raciste envers un entraineur. Et là brusquement sans que rien ne le laisse supposer, tout a basculé. Une fois de plus, les entraineurs, les joueurs, les dirigeants, les instances européennes du foot auraient pu ne rien dire. Mais ce soir-là au Parc des princes à Paris lors du PSG / Istanbul Basaksehir l’histoire s’est invitée. L’histoire retiendra cette grève médiatique, un joueur qui défend et soutien son entraineur, d’autres joueurs de l’équipe adverse qui soutiennent le même entraineur. Des dirigeants obligés de soutenir leurs joueurs, une fédération européenne obligée de soutenir cette mutinerie. Dans sa première version le match s’est joué 13 minutes, 9 minutes plus tard les deux équipes rejoignaient les vestiaires. Le lendemain mercredi 9 décembre le match a été rejoué sans l’arbitre incriminé. Une grande banderole trônait dans les tribunes, elle disait « NO TO RACISM, RESPECT ». Avant le match la totalité des joueurs ont mis un genou à terre, levé le poing et ont marqué une minute de silence. Ce 9 décembre les joueurs de foot professionnels européens ont rejoint leurs homologues du rugby américain et du basket outre-atlantique, sensibilisés par le meurtre raciste de George FLOYD. Personne en France ne se trompe sur la signification de cette grève médiatique, sauf (mais est-ce étonnant ?) Robert Ménard qui, suite à un commentaire d’Erdogan sur le match condamnant les propos racistes, déclare dans un tweet du 9 décembre : « Il condamne aussi le génocide arménien ? ». Ce tweet nous apprend deux choses :

- qu’un apprenti chef d’état autoritaire peut donner des leçons de démocratie à un véritable chef d’état autoritaire,

- qu’un apprenti chef d’état autoritaire ne voit pas le racisme comme il ne voit pas les violences policières. Pourtant comme disent les gilets jaunes, mercredi 9 décembre l’antiracisme ça crevait les yeux !

 

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