Cette interview du docteur Louis Fouché a été réalisée par Robert Martin pour l’émission Envie à Béziers sur Radio Pays d’Hérault le 21 avril 2021 et retranscrite par Khan Did. Louis Fouché est médecin réanimateur à l'hôpital de la Conception à Marseille et porte-parole du collectif Reinfocovid. 

RM : Bonjour, docteur Louis Fouché, vous êtes anesthésiste à Marseille et vous avez fondé le site Réinfocovid pour fournir des informations indépendantes et scientifiques sur l’épidémie de Covid. Pouvez-vous vous présenter ?

LF : Bonjour Robert Martin, merci de me recevoir sur radio Béziers. Je suis réanimateur à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille.
Je n’ai aucun conflit d’intérêts par rapport à l’industrie, comme on peut le vérifier sur le site Transparence Santé. À titre de comparaison, le directeur du Conseil scientifique britannique a reçu 400 000£ du laboratoire Glaxo-Smith-Kline, et, entre 2012 et 2018, 2.5 millions de livres de dividendes de ce laboratoire.
Il faut faire très attention car, suite à une loi du 22 décembre 2020 modifiant le Code de Déontologie médicale, le Conseil de l’Ordre des médecins est mandaté pour contrôler les pratiques et les discours officiels des médecins. Plusieurs ont été inquiétés.

RM : C’est un peu le rôle des différents Ordres, de contrôler les professionnels.

LF : oui, mais pas le petit doigt sur la couture du pantalon. Je ne parle pas contre mon CHU avec lequel j’ai d’excellents rapports, et où tous ont admirablement géré la crise.
Je suis diplomate, c’est-à-dire porte-parole national de Réinfocovid. Nous ne sommes pas là pour achever un système qui s’effondre de lui-même, mais pour ouvrir des portes. Nous sommes des médecins, chercheurs, universitaires, sociologues, psychologues, soignants, auxquels se joignent des citoyens et des artistes pour donner une information globale, scientifique, nécessaire devant cette crise sociale, de l’emploi, de l’école. Les gens sont désarçonnés par les avalanches de courbes, de chiffres, ils finissent par n’y rien comprendre. Il faut les aider à sortir de cette peur polyvalente, et leur proposer de transformer la peur en prudence et la colère en courage pour retrouver le chemin d’une société désirable. Il faut soigner correctement, changer de politique sanitaire, décoder l’info, non en « fast-checkers » ni à la manière des Agences de presse. Il faut lutter contre la corruption systémique, que dénonce le rédacteur en chef du British Medical Journal qui veut déverrouiller le débat scientifique, et il faut éloigner toute politisation.

RM : Ne faut-il pas regarder un peu le passé, afin de savoir où sont les erreurs commises ?

LF : Ce sont plutôt les réitérations des erreurs qui font mal : « errare humanum est, perseverare diabolicum ».
On a promis des baguettes magiques pour sortir de la crise : anticorps monoclonaux, vaccination. Mais les virus à ARN mutent énormément, ce qui pose de gros problèmes dans les deux cas.
On évoque un « pass vaccinal », sorte de sésame qui ouvrirait larges les portes. Mais c’est inacceptable, comme perte de libertés de base. On ne l’a pas fait pour le VIH. Cela n’a aucun impact sur la santé. Le totalitarisme commence comme ça.
Les tests ne doivent être proposés que pour confirmer une impression clinique. Pas de test systématique. À ce titre, la HAS, les ARS et la DGS n’ont pas toujours dit vrai. C’est une maladie nouvelle. Il faut prendre en charge le patient dans un parcours de soins. Le patient était isolé sous paracétamol et hospitalisé en réanimation quand l'état du patient s’aggravait. Rien entre test et réanimation.
Mais le système hospitalier a été mis à l’os, suppression de 78 000 lits en 15 ans. Il faut maitriser les flux de malades entrants et sortants, ces derniers ayant des difficultés à sortir. Il faut donc que le médecin traitant évalue son patient, a-t-il des comorbidités faisant redouter des formes graves (Hypertension, Obésité, diabète, immunodépression, âge supérieur à 65 ans) ? Et il faut traiter. Tous s’accordent sur une triade : corticothérapie si les symptômes sont prononcés, anticoagulants dirigés, Oxygénothérapie qui peut être administrée à fort débit à domicile sous surveillance infirmière et médicale, hospitalisation si la saturation oxygénée du sang, mesurée à l’aide d’un petit appareil au bout du doigt, est inférieure à 95 %, ce qui évite qu’arrivent à l’hôpital des patients graves qu’on ne pourra pas toujours sauver. Et qui embolisent les services, en particulier de réanimation et soins critiques.
D’autres traitements initiaux ou préventifs existent mais se heurtent aux intérêts financiers.

RM : Vous voulez parler de la fameuse Hydroxychloroquine ?

LF : Effectivement, elle n’est pas chère. 170 études scientifiques indépendantes en ont montré l’efficacité en phase initiale, mais elle a été interdite et retirée des pharmacies. Au lieu de quoi on a donné une autorisation pour un anticorps monoclonal, le Benralizumab, perfusion hospitalière à 1800€ le flacon, après le Remdesivir, même prix.
L’hydroxychloroquine a fait l’objet d’une publication frelatée dans le Lancet qui a fait scandale, en prétendant qu’elle présentait une mortalité de 10 %. Elle est donnée à des millions de gens. Elle peut ralentir le coeur, et le médecin traitant évaluera cet aspect.

RM : Il y a eu des excuses du journal pour ce « Lancetgate ».

LF : Mais les gouvernants n’ont pas bougé. Et, de ces décisions irresponsables, devant la justice, ils auront à rendre des comptes.
Il existe aussi une prévention, une culture de la santé. Certains sujets âgés ne sont pas sortis de chez eux depuis un an. L’homme est un être social, il doit échanger avec les autres. On a vu depuis un an s’aggraver les maladies chroniques. Il faut faire du sport, bien s’alimenter, se nourrir de beauté et d’art.
Des vitamines D et C sont indispensables. Les français sont carencés en vitamine D, ce qui affaiblit l’immunité. L’Académie de Médecine l’a publié début 2020. Pas d’écho au Conseil de l’Ordre des médecins. Le zinc est également un stimulant immunitaire.
Les traitements précoces, abaissant la charge virale, Hydroxychloroquine, Ivermectine, un anti-gale largement prescrit par ailleurs sans effets secondaires excepté une surveillance des personnes souffrant d’une maladie du foie.
L’Azithromycine, antibiotique utilisé depuis longtemps dans les pneumonies intersticielles, telle celle de la Covid 19, n’a pas été conseillée.
Beaucoup de formes graves dans les EHPAD auraient pu être évitées.

RM : Qu’est-ce qui a poussé le gouvernement à ces fautes ?

LF : La corruption systémique. Nous sommes face à un déferlement totalisant constaté par les sociologues, les psychologues, les psychiatres. Le pouvoir se raidit comme dans les années 30. Le Conseil d’État retoque tous les recours. On va jusqu’à nous dire comment manger la bûche de Noël ou chercher les œufs de Pâques…
Anna Harendt et Michel Foucault avaient dénoncé ce bio-pouvoir qui entre dans les corps. On confine, on ferme les restaurants, les théâtres. Aucune évaluation d’un éventuel bénéfice mais on met à genoux les petits commerces. D’où perte de chance en santé pour les cancers, les hémopathies, les revascularisations de thrombose coronaire…
La pression s’exerce sur les enfants, les étudiants, d’où dépressions, idées suicidaires et passages à l’acte.

RM : Et pourtant, la population accepte ces contraintes. Où commence et finit la servitude volontaire ?

LF : Plus encore, des personnes se posent en surveillants, comme pendant le nazisme, pour redresser les torts de ceux qui failliraient aux directives générales. Ils sont les agents du bien. Anna Harendt a élaboré au cours du procès Eichmann la notion d’« extraordinaire banalité du mal ». Les ARS, les écoles veulent que « les trains arrivent à l’heure ».
Il faut retrouver ensemble le chemin du désirable, savoir que le masque est inutile dans la rue,prendre soin de soi, des malades, des personnes tristes ou traumatisées, que les patients se réapproprient leur santé, comme pour le VIH, où ils ont fait avancer la lutte et stimulé la recherche et ses applications en assiégeant les médecins et les laboratoires. Ils doivent refuser de continuer à être les cobayes de l’industrie pharmaceutique et retrouver la démocratie, la liberté, la beauté, dépasser la notion de dette, de manque, de peur pour lui substituer la notion de gratitude. Qu’ils arrêtent télé, portables hors messages indispensables, refusent les big data et les algorithmes.
On meurt peu du Covid : 0,05 % quand on le prend correctement en charge. Il faut renouer avec la vie, la réalité, faire la paix en soi.

RM : Merci, docteur Fouché.

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