Le 26 avril prochain, nous "fêterons" façon de parler le 35ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl ! Nous sommes en 1986 et ce jour-là, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire explose et crache un nuage radioactif pendant 10 jours. Dans les jours qui ont suivi la catastrophe, les autorités françaises ont confirmé que la France était épargnée vu la distance. La réalité était tout autre !

Pour recouvrir les 200 tonnes de magma hautement radioactif, un premier sarcophage de béton a été construit à la va-vite. Le cœur de la centrale a été enfoui sous des tonnes de sable, d’argile et de bore -pour stopper la réaction en chaîne. Mais il reste chaud et aujourd'hui, le cœur du réacteur brûle toujours.
En 2016, certains experts ont annoncé que le réacteur risquait de s’enfoncer dans le sol et d’atteindre les nappes phréatiques. C’est aujourd’hui exclu par les spécialistes soviétiques qui ont fait savoir qu’ils avaient creusé un tunnel sous le réacteur pour y injecter du béton.
Enfin, d’importantes fissures sont rapidement apparues sur ce premier sarcophage. Lors de pluies, l’eau a pénétré à l’intérieur de l’abri et dissout des substances radioactives dans les nappes phréatiques. Le risque d’effondrement s’est aggravé d’année en année.tchernobyl 2
La zone contaminée s’étend à 150 km de Tchernobyl jusqu’en Biélorussie. Ce sont 5% du territoire ukrainien et 23% de la Biélorussie qui ont été contaminés. Les conséquences sanitaires diffèrent grandement suivant les sources. Selon les différentes estimations, le bilan se situe entre 40 000 et 560 000 victimes par cancers, sans compter les cancers non mortels !
L’analyse de l’impact sanitaire de l’accident de Tchernobyl est encore insuffisante. La désinformation des experts du nucléaire et des responsables politiques locaux ont conduit à reloger des gens dans des zones contaminées. Aujourd’hui, 5 millions de personnes vivent toujours dans des régions reconnues contaminées. Un désastre sanitaire impressionnant !
Sur les 143 réacteurs de l’Union européenne, dont les 58 français, qui peut garantir qu’aucun accident ne les touchera et qu'aucun réacteur ne brûlera pas un jour ? Les sites de Bugey et de Fessenheim ne sont pas à l’abri des risques sismiques. Il y a également les risques d’inondations comme l’accident majeur frôlé de très près à la centrale du Blayais lors de la tempête de 1999. Enfin, nos centrales vieillissent et notre gouvernement n’a aucun problème à prolonger leur durée de vie sans doute en raison du retard de l’EPR de Flamanville. Aujourd’hui, les réacteurs français ont une ancienneté moyenne de 32 ans et quinze réacteurs ont déjà dépassé les 35 ans, alors que leur durée initialement prévue était de 30 ans.
En 1997 Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature, publie La Supplication, un livre qui a permis de prendre conscience intimement de l’horreur de cette catastrophe technologique et humaine sans retour. Ce texte commence par le récit poignant d’une femme dont le mari, pompier intervenu dès le début de l’accident, décèdera après une irradiation aigüe.les liquidateurs premic3a8res victimes
Extrait : « Nous vivions au foyer de la caserne des sapeurs-pompiers où il travaillait. Au premier étage. Avec trois autres jeunes familles. Nous partagions une cuisine commune. Et les véhicules étaient garés en bas, au rez-de- chaussée. Les véhicules rouges des pompiers. C'était son travail. Je savais toujours où il était, ce qui lui arrivait. Au milieu de la nuit, j'ai entendu un bruit. J'ai regardé par la fenêtre. Il m'a aperçue : « Ferme les lucarnes et recouche-toi. Il y a un incendie à la centrale. Je serai vite de retour. »
Et plus loin:"Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé, qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire.!"
Cette année, à l'occasion des 10 ans de Fukushima et les 35 ans de Tchernobyl, la dénonciation des dangers du nucléaire civil comme militaire s'est amplifiée.
Un rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours: les signataires de l'appel du 26 avril organisent un peu partout en France des lectures publiques du prologue de La Supplication du 25 avril à 18h jusqu'au 26 avril à minuit.
Renseignez-vous !

 

 

Photographies : Le sarcophage
En hommage aux liquidateurs de Tchernobyl

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