Quelle place pour les femmes dans la religion catholique ? Après le film de François Ozon « Grâce à Dieu », c’est un Théma d’Arte, qui m’a secoué. Un documentaire de Marie-Pierre Raimbault et Eric Quintin sur le viol de religieuses par des prêtres.

Par Clo

Le sujet des abus sexuels dans l’Église ne date pas d'aujourd’hui, mais il s’agissait jusque là surtout de pédophilie et à ce sujet, l’application de la parole du Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants » a toujours été largement respectée. Là il s’agit d’autre chose. Des femmes, jeunes, croyant en Dieu au point de vouloir se retirer du monde, afin de préserver la pureté de leurs sentiments, de leur pensée et de leur corps.

Des jeunes femmes peu au fait sinon parfois totalement ignorantes de la sexualité et de ses méandres, qui se sont mariées à Dieu en prononçant leurs vœux, soumises à des directeurs de conscience, qui se définissent comme les représentants de Dieu, et qui abusent d’elles. C’est donc en quelque sorte un mariage par procuration. Certains de ces prêtres sont de véritables prédateurs. Le documentaire parle même de deux frères, prêtres tous les deux, qui s’envoyaient, dans tous les sens du terme, une jeune religieuse, d’une congrégation à l’autre. Vous l’aurez compris, les voies de Dieu ne sont pas aussi impénétrables que ça, et comme dirait Zazie, le vœu de chasteté, mon cul !

Le viol est un crime, puni par la loi, mais pas par la justice du Vatican, qui est un état indépendant, qui a ses lois et ses tribunaux, ses instances et ses enquêteurs, sa police et ses prisons, mais son chef, le pape, et tout ce joli monde sont bien d’accord pour faire régner l’omerta, à l’exception, c’est ce que montre aussi ce reportage, de quelques prêtres et mères supérieures engagés pour lutter contre ces actes. C’est un crime où le silence fait encore plus de victimes que le viol lui-même. Les victimes sont dans un désarroi psychologique total, trahies par les représentants de leur Foi, dans un rapport de sidération qui demande presque une vie entière, et beaucoup de soutien, pour qu’émerge enfin le sentiment que l’acte subi est répréhensible et doit être puni.

Et que dire du blocage psychologique qui les empêche de porter plainte ? Ce serait porter plainte contre l’Église, c’est à dire contre leur vocation, bafouer leur foi, agir contre ce monde de prières dédié à Dieu.  Un vrai cercle vicieux, et là, pardonnez l’expression, mais dans l’Église catholique, on se mord la queue. 

L’Église se contentant d’excuses, de messes de pardon ultra confidentielles, exigeant l’oubli, et continuant à contenir autant que possible le silence.  Les victimes sont dans une confusion profonde au moment des faits. Le représentant de Dieu, qu’elles appellent mon Père, qui les appelle ma sœur, ou mon fils si ce sont des enfants, ou mon frère quand ça se passe entre curé, au séminaire ou à la curie de Rome. On est carrément dans l’inceste là ! Et cette impunité garantie par la hiérarchie : on court seulement le risque d’être muté dans une autre paroisse, où on peut recommencer. Ce qui conduit à des attitudes totalement déconnectées de la réalité : c’est par exemple l’évêque Luigi Ventura ambassadeur du Vatican en France qui met la main aux fesses d’un jeune assistant de la Mairie de Paris en pleine cérémonie officielle, et avec le sourire s’il vous plaît.  Les couvents africains en particulier sont pris d’assaut par ces hordes de prédateurs. Rendez-vous compte, des jeunes filles vierges, soumises, et exemptes de sida, qui dit mieux ?  Lorsque ces jeunes femmes tombent enceintes, on leur demande d’avorter, ou on les exclue. Et pour maintenir le droit de cuissage, celles qui subissent et se taisent sont rapidement nommées Mère supérieure dans une autre congrégation. Pour les avortements, l’Église doit certainement employer des tueurs à gages comme le disait le Pape François dernièrement.  Bref, la légion étrangère du Vatican, c’est l’ordre des missionnaires : engagez-vous, rengagez-vous, vous verrez du pays qu’ils disaient.

Ce documentaire était suivi par un autre film sur les esclaves sexuelles de Daech. Et là, mis à part la barbarie et la brutalité de la soldatesque, la situation est la même. Moins d’onctuosité dans le ton, moins de finasserie dans les propos, mais c’est pareil. On capture les femmes, on les échange, on les revend. Ceci dit, je pense que les djihadistes de Daech ont fait le mauvais choix. Pour les curés, l’accès au couvent est offert, c’est beaucoup moins risqué qu’à Falloujah ou à Mossoul, et il y a beaucoup plus de 72 vierges qu’on peut sauter, là maintenant, sans avoir besoin de se faire sauter soi-même.

Tout ça en dit long sur la place des femmes dans l’Église catholique. Cette Église qui prône le culte de la Vierge, et qui sanctifie Marie-Madeleine repentie d’une vie de débauche. La place de la femme ? Maman ou putain, comme disait Jean Eustache. Alors voilà, on est en Mars. Bon d’accord, c’était le Dieu de la guerre dans la Rome antique. Mais peut-être qu’il faut effectivement se battre, pour empêcher que certains tordus confondent le mois de la femme avec le mois des soldes.

 

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