Quand on aime, on ne compte pas et quand on aime, comme nos gouvernants, en particulier la sécurité (sécurité contre la covid-19, contre le terrorisme, contre tous ces dangers de la rue qui nous guettent et qui font peur) alors on n'hésite pas, on durcit la loi. Cela me fait penser à ce slogan : « Pour votre sécurité, toutes les libertés seront supprimées ». On y est presque ! Dernière mouture de cette stratégie liberticide la proposition de loi dite de « sécurité globale ». La sécurité, c'est glo...bal ! Jusqu'à maintenant, c'était par thème ! Là, c'est la touche finale, le top ! On ne joue plus petit bras, plus de retenues, plus de doutes, pas de quartier, pas de détails, on fonce ! "sécurité globale" ! Moi je suis globalement contre ! Et même la Défenseure des droits en a souligné les dangers dans un avis publié le 5 novembre dernier.

De quoi s'agit-il ?

D'une loi proposée le 20 octobre dernier par le groupe LREM qui est débattue par l'Assemblée Nationale actuellement dans une urgence inouïe, donc suspecte et que rien ne justifie ! Je vous parlerai en particulier de 3 articles de cette loi,

L'article 21 autoriserait la transmission en temps réel des vidéos enregistrées par caméras individuelles de chaque brigade de police et de gendarmerie.
Depuis 2016, les policiers et les gendarmes sont autorisés à filmer leurs interventions par des « caméra mobiles ». Une condition était toutefois posée : que l’agent portant la caméra ne puisse pas accéder aux images, celles-ci ne pouvant être exploitées qu’ensuite, si l’intervention le justifiait. Cette condition, constituait une des « garanties essentielles » capables de rendre le dispositif acceptable.
L’article 21 propose de supprimer cette garantie et du coup ces images pourront aussi être « transmises en temps réel au poste de commandement ».
Pendant une manifestation, cette véritable reconnaissance faciale automatisée permettra de renseigner en direct les agents de terrain sur l’identité des nombreux militantes et militants qu’ils croiseront. Dans quel but ?

L'article 22, lui, autoriserait la surveillance de masse de nos rues par drones, ce qui n'augmentera pas la protection de la population mais servira surtout à renforcer des stratégies violentes du maintien de l'ordre.
Une telle surveillance aérienne est parfaitement inutile : les drones ne sont pas des outils de dialogue ou d’apaisement mais, au contraire, distancient certains policiers et gendarmes des manifestants, qui ne peuvent même plus les voir.
Pire, avec une vision si haute et lointaine, les ordres ne peuvent qu’être déconnectés des considérations humaines les plus élémentaires. Les conditions idéales sont réunies pour éviter que les donneurs d’ordre ne soient distraits par quelque empathie ou considération morale, pour que plus rien ne retienne la violence illégitime qui dissuadera les manifestants de revenir exercer leurs droits.

L'article 24 enfin, le plus symbolique, peut-être, vise à empêcher toute captation d'images de policiers et de gendarmes et à interdire la diffusion des images de violences policières, en violation totale de la liberté fondamentale de la population d'être informée des pratiques et dérives des institutions publiques.
Ne soyons pas dupes : la police empêche déjà très régulièrement des personnes de la filmer alors qu’elles en ont parfaitement le droit. Cette disposition sera à coup sûr instrumentalisée par la police pour exiger que les réseaux sociaux censurent toute image d’abus policiers, d’autant que le droit français rend ces plateformes responsables des images « manifestement illicites » qu’elles ne censureraient pas après signalement.
Il faut bien comprendre, ici encore, que si le maintien de l’ordre se faisait dans une approche de protection et d’apaisement, cette mesure serait parfaitement inutile. Le seul objectif est de permettre à la violence policière de perdurer tout en la rendant pratiquement incontestable.


Aucune de ces trois mesures ne serait utile dans une approche non-violente du maintien de l’ordre, au contraire, ces mesures donneraient de nouveaux pouvoirs à la police, dans un contexte où la contestation contre les violences policières grandit et où se fait criant le besoin de mécanismes démocratiques de contre-pouvoirs et de régulation du maintien de l’ordre.
S'ils étaient adoptés, ces articles porteraient une atteinte disproportionnée à plusieurs de nos libertés, dont notre liberté d'expression et de manifestation.
Sécurité globale ou surveillance globale ?
Si on rajoute, port obligatoire du masque, confinement, couvre-feu, autorisations pour se déplacer et tous les contrôles qui vont avec, on peut se demander vers quel régime on se dirige !
Et tout ça, je vous le rappelle pour assurer notre sé.cu.ri.té ! Vous avez dit démocratie ?

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