Le 18 février 1975, voilà exactement 46 ans, Coluche donne avec succès son premier spectacle en vedette à l'Olympia. Michel Colucci, dit Coluche, est né le 28 octobre 1944 à Paris d'un père peintre en bâtiment d'origine italienne et de Simone sa mère, fleuriste.

Les études ne le passionnent pas, et ne le mènent guère plus loin que le Certificat d'études qu'il décroche pourtant en juin 1958 . Il niera même l'avoir obtenu.
Tour à tour télégraphiste, céramiste, garçon de café, livreur, apprenti-photographe, sous-préparateur en pharmacie, aide-pompiste, assistant de marchand de fruits et légumes ou encore fleuriste, il alterne les petits boulots qu'il n'arrive pas à garder bien longtemps.
Décidé à se lancer dans la musique, il se rapproche du monde des cabarets. Avec Romain Bouteille, il est à l'origine du Café de la Gare en 1969. Ce lieu symbole du café-théâtre réunit une bande de jeunes comédiens d'horizons différents, dont beaucoup deviendront célèbres, tels que Patrick Dewaere, Miou-Miou ou encore Martin Lamotte.
Il s'essaiera à la télévision quelques rôles dans des séries télévisées. Il se lance ensuite dans une carrière solo. Son premier sketch, "C'est l'histoire d'un mec", tourne en dérision la difficulté de raconter une histoire drôle. Ses sketches suivants lui valent rapidement un succès populaire qui ne se démentira plus : « Il inventait pour les années 1970 une image de pauvre urbain, bonne pâte mais à court d'idées, empêtré dans les mots, raciste faute de mieux, ballotté par la publicité et les jeux radiophoniques. Il revendique sa grossièreté : « Toujours grossier, jamais vulgaire » dit-il. L'humoriste donne très tôt un style nouveau et sarcastique par sa liberté d'expression, en s’attaquant notamment aux tabous, puis aux valeurs morales et politiques de la société contemporaine.
C'est bien l'histoire de Coluche que je vous raconte, un sacré mec. Le 18 février 1975, il se produit en vedette à l'Olympia, avec sa célèbre salopette à rayures bleues et son tee-shirt jaune. Il y met en scène ses personnages favoris, des beaufs grossiers, incapables de s'exprimer correctement, haineux.
La radio deviendra pour lui une nouvel espace d'expression et de liberté. Sur Europe 1 d'abord mais son ton provocateur le fera renvoyer. Sur RMC ensuite où il se fait également renvoyer après seulement quinze jours pour après avoir pris l'antenne par un "Bonjour, nous sommes en direct du rocher aux putes !"
La libéralisation des ondes en 1981 lui permettra sur RFM de s'exprimer en toute liberté pendant 3 mois malgré le brouillage de la station qui dérange le pouvoir par son impertinence.
On gardera aussi de lui sa dérision du monde politique avec sa candidature à l'élection présidentielle de 1981. En 1965, un autre humoriste Pierre Dac, artiste que Coluche admire, s'est déjà porté candidat mais a dû renoncer, sous la pression de l'Élysée (Général de Gaulle). Certains voient dans la candidature de Coluche comme une sorte de blague. Pourtant un sondage le crédite de 16 % d'intentions de vote et il devient une menace potentielle pour François Mitterand. Il finira par se retirer !
Après une période noire et quelques films , la consécration revient avec le film "Tchao Pantin" dans lequel il joue le rôle dramatique d'un pompiste meurtri par un passé personnel douloureux, confronté à l'alcool et à la drogue, pas si différent de la vie que mène alors Coluche, lui-même. Il obtient le César du meilleur acteur en 1984.
Il s'engage contre la famine en Ethiopie et participe à la création de SOS racisme. Devant la montée de la misère, il prend conscience des grosses défaillances en France pour l'entraide envers les plus démunis.
En 1985, il conçoit et lance le projet des Restos du Cœur sur Europe 1 en déclarant : « J'ai une petite idée comme ça, si des fois y a des marques qui m'entendent, je ferai un peu de pub tous les jours. Si y a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu'on pourrait commencer par faire à Paris." Et cela quelques mois avant de mourir dans un accident de moto....Putain de camion !
Ces Restos du Coeur, provisoires dans son esprit, sont toujours d'actualité et malheureusement un véritable succès populaire. Aujourd'hui au nombre de près de 2000, ils ont entamé leur 35 ème campagne et assistent, grâce aux 69000 bénévoles, plus d'1 million de personnes inscrites.
Le monde politique continue pourtant à supporter une dégradation de la situation des plus pauvres qui devient une urgence sociale mais ...
« C’est pas compliqué, en politique, disait Coluche il suffit d’avoir une bonne conscience, et pour ça il faut avoir une mauvaise mémoire ! "
mais c'est une autre histoire !

 

 

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