La jeunesse est l'objet d'une violente attaque de la part d'une société qui la laisse payer en priorité ses propres dérives. Et le système scolaire prend de plein fouet ces problématiques. Alors, c'est pas simple pour les éducateurs, les enseignants, les établissements scolaires car un certain nombre de jeunes sont en décrochage voire à la dérive !

Et pas seulement à cause de la pandémie pour lequel on a mis en place "l'enseignement distanciel" qui reste un procédé discriminatoire socialement et pas convaincant pédagogiquement.
Un certain nombre de jeunes n'acceptent plus les filières sans avenir, les cours inutiles, les sanctions d'un autre âge, le manque de perspectives, l'absence d'une véritable mobilisation des adultes pour leur donner des chances de réussir leurs vies. On peut se demander quel avenir le gouvernement réserve à la jeunesse.
Et on se retrouve avec des élèves en rupture, indisciplinés, ne comprenant plus le sens de leur présence dans un système scolaire qui les ignore qui, lui, a pourtant l'impression d'avoir tout fait en multipliant avertissements, exclusions et convocation des parents. Un gâchis pour tout le monde !

Et le problème reste entier : comment récupérer ces jeunes scolaires en perdition ? Comment aider la jeunesse en décrochage et à la dérive ?

Un enseignant pourrait imaginer, dans ses rêves les plus fous, que des postes de professeurs, de psychologues scolaires allaient être créés. On pourrait penser également ouvrir des filières plus attractives, plus ciblées, repenser le système scolaire car c'est lui qui est à la dérive et recréer des services publics là où se concentrent tous les problèmes.
Vous n'y êtes pas du tout !
Le Directeur Académique de l'Hérault a bien mieux dans sa besace : en cas de menace d’exclusion, le jeune du collège ou du lycée sera reçu et encadré par… la police nationale ! Il ne manquait plus qu'eux pour donner le moral à la jeunesse !!

L'Éducation Nationale veut envoyer "un signe fort et faire prendre conscience à l'enfant et à sa famille la responsabilité de ses actes". Une convention a donc été signée, officiellement, pour que ces jeunes soient reçus par une structure de la police nationale pour un « rappel des valeurs et un diagnostic des problématiques du jeune » pour ensuite effectuer un stage de 3 jours au sein d'une structure d'intérêt général.

Mais que vient faire la police là-dedans ? Je croyais qu'ils étaient déjà débordés par les adultes, de plus en plus en colère eux aussi ! Depuis quand un fonctionnaire de police a-t-il pour mission de transmettre des valeurs ou diagnostiquer les problèmes d'un jeune ?
Et « quelles valeurs » la police nationale peut-elle transmettre ? La valeur exemplaire du coup de matraque, la valeur éducative du tir de LBD, la valeur pédagogique des violences policières ou bien peut-être la valeur morale des ripoux de la BAC du XVIIIème arrondissement ? Vu les exploits récents du gouvernement en matière de répression (gilets jaunes entre autres), on peut se demander quel sera le résultat.
Comme l’indique la responsable départementale de la CGT Éduc’action, qui a réagi à cette annonce : « cette méthode de résolution des problèmes des jeunes est inquiétante et nous fait craindre de nombreuses dérives. »
Ceci n’est bien entendu pas un acte isolé, puisque le SNU (Service National Universel) est dans cette même veine.
Le Service national universel (SNU) est un « projet d’émancipation de la jeunesse, dixit le site gouvernemental qui rajoute qu'il permet « le développement d’une culture de l’engagement »… de l'engagement dans l'armée, on a compris !!!
À une époque, on avait créé les maisons de redressement gérées par le Ministère de la Justice pour « rééduquer » les jeunes déviants. Aujourd'hui exit la Justice, on fait appel à l'armée pour le SNU ou à la Police pour les jeunes jugés trop remuants !
Embrigadement ou militarisation de la jeunesse ? Vous avez vraiment mauvais esprit !
L'objectif de notre société à travers l'Éducation Nationale est de former des citoyens libres et responsables mais pas à l’ombre du sabre (et je ne parle pas du goupillon). La vraie dérive est là ! Redonnons donc les moyens à l'école pour lui permettre d'accomplir cette tâche éducative essentielle qui fait le lien entre les générations.

 

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