Alors que le pouvoir d’achat constitue la priorité numéro un des Français (bien avant les questions sécuritaires), que propose réellement le RN au-delà de son auto-proclamée fibre sociale ?
1 : Le RN tient un double discours systématique
Depuis le début de la seconde mandature Macron, le RN dit s’opposer au gouvernement au nom de la justice sociale. Pour un parti traditionnellement ultralibéral cette posture interroge.
Dans la réalité, si on compile les déclarations et votes du RN depuis 4 ans cela donne :
- Un RSA conditionné à la réalisation d’un volant d’heures d’activité qui ne cesse d’évoluer,
- Une dénonciation frontale de « l’assistanat » des plus pauvres,
- La fin de l’abrogation de la réforme des retraites,
- Moins d’impôts sur la succession pour les plus riches,
- Un vote contre la fin des déserts médicaux,
- Un vote pour la suppression du repos dominical pendant les JO de Paris,
- Un vote pour la privatisation de la RATP et l’audiovisuel public . . .
On cherche la fibre sociale.
2 : une instrumentalisation du social à des fins xénophobes
Pour le RN, l’assisté et l’immigré ne font qu’un, ils sont catalogués comme fraudeurs.
La « préférence nationale » interdite par la constitution Française a été rebaptisée « priorité nationale » elle vise dans leur programme :
- À réserver les aides sociales aux « Français » tout en maintenant une ambiguïté sur ce qu’est « être Français »,
- À conditionner à 5 années de travail les prestations de solidarité,
- À appliquer la préférence nationale à l’accès à l’emploi et au logement social.
Le tout dans un contexte de surenchère avec le parti de Zemmour sur les conditions pour être Français qui prépare de fait une logique d’apartheid.
3 : une augmentation des inégalités sociales
Dès le début de la seconde mandature Macron, les députés RN ont voté :
- Contre l’augmentation du SMIC,
- Contre l’indexation des salaires sur l’inflation,
- Contre le gel des loyers,
- Contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF),
- Ils se sont abstenus sur la garantie d’autonomie pour les étudiants, sur la revalorisation des salaires des fonctionnaires.
On cherche toujours la fibre sociale.
Conclusion :
Le RN est plus anti-social, qu’anti-système. Il laisse le champ libre à une union des droites qu’il piloterait.
Cette union vise à s’appuyer sur des divisions et fractures de la société française. Elle vise à les exploiter plutôt qu’à les résoudre.
Mensonger sur ses intentions et bâti sur des tensions, le programme « social » du RN ne peut que se retourner à terme contre les classes populaires et les classes moyennes.
C’est cette réalité qu’il faut expliquer à ceux et celles qui hésitent à voter RN pour les en détourner.
(Intervention à la journée contre l'extrême droite du samedi 10 octobre à Vendres)









