Les plus grands mouvements fascistes des années 1930 sont fondamentalement conservateurs dans leurs objectifs sociaux et économiques. Pourtant il a existé dans cette décennie des mouvements fascistes issu de la gauche du moins à leurs débuts. Du côté des socialistes le dirigeant le plus importants de cette « dérive fasciste » fut M. Déat. Cette dérive à l’extrême droite n’est pas sans rappeler celle, actuelle, d’un ex-cadre du CERES et du PS comme F. Philippot.
(8). Marcel Déat
Déat s’efforce d’obtenir dès le début des années 1930 un soutien plus important des classes moyennes en incorporant dans sa propagande quelques thèmes fascistes comme : l’appel au nationalisme, à l’autoritarisme et à l’irrationnel.
Il défendait une entente de classes avec le nationalisme.
Ce faisant, il rentre en conflit avec les socialistes qui défendent les principes internationalistes, démocratiques et rationalistes.
Dans les années 1930 il présente sa démarche comme un moyen de vaincre le fascisme et non de le soutenir. Ils défend sa ligne politique en pronostiquant qu’ils fera passer les classes moyennes à gauche.
De fait à partir des années 1940 c’est lui qui collabore avec Pétain.
Déat subit l’influence du socialiste belge Henri de Man qui pense que la force du fascisme réside dans l’utilisation de thèmes irrationnels véhiculés par des leaders.
En juillet 1933, Déat est encore un cadre dirigeant de la SFIO il y défend son « néosocialisme ». En plein congrès il demande que le parti adopte un nouveau slogan : « Ordre, autorité, nation ».
En novembre 1933 il est exclu de la SFIO. Vingt-huit députés et sept sénateurs le suivent pour fonder un nouveau mouvement : le Parti socialiste de France.
Au lieu de prôner une politique étrangère qui viendrait en aide à la gauche en Allemagne, en Italie et en Espagne, il approuve une politique de non-résistance à Hitler, Mussolini et Franco au nom de la bourgeoisie française qui, dit-il, veut la paix.
Dès 1934, il commence à appeler de ses vœux une alliance avec l’Allemagne et l’Italie.
Pendant la crise de Munich en 1938, il publie un pamphlet : « Mourir pour Dantzig ? ».
En 1939, il est élu à la chambre des députés sur une liste intitulée « Rassemblement anticommuniste ».
En 1940, Déat soutient le régime de Vichy et fait alliance avec ceux qu’il avait combattu auparavant.
En 1941, il fonde le Rassemblement national populaire RNP qui prône la constitution d’un seul parti pour tous les Français et une collaboration plus étroite avec l’Allemagne en écrasant les ennemis de la révolution nationale Pétainiste. Le RNP compte au plus fort de son histoire quelques milliers d’adhérents (3000) il compte avant tout comme caution de gauche dans le cadre d’une union nationale.
Pendant l’automne 1944, Déat quitte la France pour Sigmaringen, en Allemagne dans les valises de Pétain.
En 1945, il parvient à gagner l’Italie, où aidé par des prêtres, il vit dans la clandestinité sous le nom de Leroux jusqu’à sa mort, en 1955.
La dérive fasciste de Déat est totale, elle montre comment l’abandon de points d’ancrage idéologiques cumulé avec une situation exceptionnelle peut entraîner une dynamique de non-retour.
Cette dérive n’est pas sans rappeler la dérive actuelle d’ex dirigeants socialistes comme Valls et Buisson qui finirent eux aussi dans les poubelles de l’histoire.
( Les données présentes dans cet article sont extraites du livre de l'historien Robert Soucy intitulé " Fascismes français ? 1933 - 1939 " dans la collection "mémoires" des éditions "Autrement", i la été édité en 2004 )












