La VIGIE N°10 et son tract supplément du Collectif contre l’extreme droite Sète

le 31 octobre, 2026

Collectif de lutte contre l’extrême droite, Sète et bassin de Thau


Des réactions dans l’Hérault Une grande partie des maires du département ont
organisé dès le 19 octobre des rassemblements pour
soutenir les commerçants et la police. La droite puis
l’extrême droite en ont profité pour avancer leur vision
du monde. Ainsi, à Sète, Hervé Marquès a été dans les
tout premiers à prononcer un discours dès midi, pour
appeler à tenir «
une ligne claire », celle d’une
«
intransigeante fermeté face aux violences ». Plus tard
les maires de Mèze, Balaruc-les-Bains, Loupian,
Montferrier, Frontignan et bien entendu de Béziers ont
enchainé les soutiens aux commerçants et aux
policiers, sans aucun soutien aux revendications
légitimes portées par la majorité de leurs administré.es
et sans dénoncer bien sûr les violences policières.
Le manque de moyens pour l’éducation ou le coût de la
vie ne semblent pas les intéresser. Ce même soir,
Robert Ménard réunissait de nombreux partisans ;
évoquant les appels à de nouveaux rassemblements, il
a estimé «
qu’il fallait désormais mettre un holà ».
Aurélien Lopez-Liguori a lui aussi organisé un
rassemblement à Agde avant de retrouver Robert
Ménard à Béziers pour dénoncer le caractère ciblé des
agissements qui chercheraient à instaurer un «
État des
caïds ».


Les mobilisations citoyennes
Le samedi 17 octobre 2026 restera comme une journée
exceptionnelle par l’intensité des mobilisations citoyennes,
déterminées et pacifiques, guidées par des revendications
légitimes pour l’éducation et la lutte contre la vie chère ;
gravissime en raison des violences disproportionnées
commises par les agents chargés du maintien de l’ordre :
des mâchoires défoncées ou des mains arrachées,
plusieurs jeunes éborgnés par des LBD… ; inquiétante du
fait des destructions d’édifices publics et des pillages de
commerces par des personnes éloignées de l’esprit des
mobilisations. Malgré tout et en dépit des interdictions de
manifester et des vacances scolaires, le 24 octobre a
confirmé cette très forte mobilisation, notamment de la
jeunesse.
De son côté, exploitant les scènes de violences tournant
en boucle sur les chaînes d’information en continu, le RN
voit passer au second plan les propos antisémites de
Jordan Bardella (voir
La Vigie n°10). Il se permet de se
présenter dans sa propagande comme le parti à même de
«
remettre la France en ordre » et d’en faire une nation
«
apaisée ». Tout comme Emmanuel Macron, Marine Le Pen
s’en prend à «
la violence de l’extrême-gauche », aux
«
activistes de l’insurrection », tout en accusant le
gouvernement d’être le «
parti du chaos » !


David Lisnard et l’AMF : une dérive

Ces rassemblements ont eu lieu alors qu’il n’y a eu
aucune dégradation dans les villes du département,
excepté à Montpellier. En réalité, ils ont été initiés suite
à l’appel, au contenu très sécuritaire, de l’association
des maires de France (AMF).
Cette organisation est actuellement dirigée par David
Lisnard, candidat ex-LR aux présidentielles et
représentant de la droite extrême. Il est venu à
Montpellier, avec l’ancien ministre de l’intérieur Bruno
Retailleau, témoigner en faveur de Robert Ménard lors
de son procès pour avoir enfreint la loi en refusant le
mariage d’Elsa et de Mustapha parce que ce dernier
avait reçu une OQTF (voir article dans La Vigie n°10).
On est en droit de se demander si le parti LR dirigé par
Retailleau n’attend plus qu’une petite pichenette pour
définitivement basculer dans l’extrême ou s’il pense
vraiment que copier le RN est une stratégie gagnante ?
On peut aussi se demander comment les maires
réellement attaché.es à la République peuvent accepter
les dérives du Président d’une Association dont ils.elles
sont membres ?!
Ces appels à « remettre de l’ordre en France »
incitent à la haine raciale
C’est dans ce contexte qu’un homme de 39 ans, Kevin T.,
a voulu selon ses propos rapportés par la Presse
«
venger les commerçants pillés le 17 octobre » et
«
s’en prendre aux Noirs et aux Arabes ». Vendredi 23
octobre, à Trappes dans les Yvelines, il tire en rafale dans
les rues : M. Pengo Bossio Wangi, un homme de 26 ans,
est tué, et 5 autres personnes sont blessées dont une
jeune fille de 12 ans.
Pour le maire de Trappes, «
les discours racistes
médiatisés portent une part de responsabilité ».
Aujourd’hui dans cette ville comme ailleurs, un
sentiment d’insécurité prédomine et l’angoisse s’installe
au quotidien.
Nous refusons de nous taire ! La banalisation du racisme
dans notre pays est insupportable ! Les discours sur le
«
grand remplacement », sur «
les hordes sauvages »,
ne sont jamais anodins. Ils nourrissent les préjugés,
légitiment les discriminations et finalement arment les
bras de la violence.
Contre le racisme et pour le droit de manifester octobre

Comité de lutte contre l'extrême droite Sète

seteluttecontrelextremedroite@gmail.com

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