Territoires en résistance (suite) – Gardarem le plateau de la Ménude 2006-2021 (3)

le 1 novembre, 2026

Construire un centre commercial à l’américaine, tel était le projet du maire de Plaisance-du-Touch dans la région toulousaine. Il suffisait pour ce faire de détruire 44 hectares de terres agricoles, dont un sous-bois de 2 ha, et de bétonner 115 000 m2 de locaux + 90 000 m2 de commerces et de construire4200 places de parking. En 2006, une première enquête publique est favorable. Dès l’année suivante, le permis de construire est accordé.

Sauf qu’un grain de sable vient enrayer la machine. Un collectif de riverain se monte « NON à VAL TOLOSA » et fait appel à l’avocate Alice Terrasse qui vient d’intégrer le barreau de Toulouse. Le permis de construire est rapidement annulé. Les promoteurs découvrent qu’on ne construit pas sur des habitats d’espèces protégées. C’est le début d’une longue saga judiciaire et d’une lutte pour obtenir l’annulation définitive du projet.

18 ans d’entêtement écocidaire

L’annulation ne décourage pas la mairie, un nouveau promoteur prend le relai.

Il s’agit d’Unibaïl, coté au CAC40 qui promet d’y investir 350 millions. Le préfet de région relance le projet en autorisant la destruction d’espèces protégées. En mars 2015, les protestataires bloquentles engins de chantier qui commencent à défricher le plateau de la Ménude. Le projet se teinte alors grossièrement de vert. Apparaissent une centrale photovoltaïque pour allumer des boutiques bio aux produits emballés de plastique et des parcours écopédagogiques destinés à amener les enfants dans ce temple de la consommation.

Début 2016,le second permis de construire est annulé par le tribunal administratif, mais rebelote, la mairie obtient un 3e permis pendant l’été.

Élus, préfecture et aménageurs n’attendent pas la fin du contentieux pour entamer les travaux et détruire les espaces concernés.

Le collectif de citoyens ne faiblit pas et gagne le soutien d’associations environnementales comme FNE (France Nature Environnement) et Alternatiba puis des élu·es de la France insoumise. En juillet 2019 tombe la première décision du Conseil d’État qui annule la dérogation préfectorale de destruction d’espèces protégées.

Entre juillet 2019 et décembre 2023, il faut 5 décisions du Conseil d’       État pour assurer la victoire à l’opposition.

Au 1er septembre 2024, sur le plateau de la Ménude, dans le cadre d’une grande fête avec du théâtre et de la danse, des concertations ont débuté pour en déterminer les usages futurs.

En 2013, « Val Tolosa » avait été cité par Le Monde parmi 25 cas « de grands projets inutiles et imposés ».

En Bref

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