Enseignement, éducation, soins… Comment faire entrer les questions gênantes dans le débat ? Le cas alarmant de l’aide sociale à l’enfance 

le 8 novembre, 2026

On s’entend sur un constat général : l’éducation et l’enseignement sont de plus en plus défaillants en France. Et ce n’est pas qu’une question de bâtiments non entretenus ou de profs non remplacés qui font la une ces jours-ci. 

Comment parler de la santé des plus jeunes dont on soigne le mal-être ou la « turbulence » (facilement diagnostiquée TDAH, trouble de l’attention, hyperactivité) à grands coups de psychotropes, voire de Rétaline ? 

Quels sont les droits des parents au sujet du programme de 13 vaccins obligatoires dès la naissance ? (Certains d’entre eux et certains médecins estiment que ce programme lourd et précoce a pour effet de fragiliser les bébés en réduisant leur immunité.) 

Les parents ou les médecins ont-ils le droit de soustraire un enfant à certains traitements qu’ils jugeraient inadéquats ? Lesquels et jusqu’où ?

Quand des parents ont été soupçonnés de maltraitance, ou de déviances, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) est appelée à intervenir. La décision peut être déclenchée par des éducateurs, des enseignants, des tribunaux ou par une plainte des enfants. Rapidement, l’autorité et la responsabilité des parents et de la famille sont supplantées par ces dispositifs imposés par l’État, et ses institutions.

Sur le principe, « protéger des enfants de mauvais traitements qu’ils endureraient dans leur famille est salutaire ». Pourtant le dispositif de l’Aide sociale à l’enfance est considéré comme contre-productif dans de trop nombreux cas.

Le rapport de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance résume la situation en une phrase : 

« On navigue à vue et on est dans le mur ». 8 avril 2025.

D’une intention irréprochable, elle produit exactement ce qu’elle prétend éviter : une violence à l’égard de gosses qu’elle a souvent retirés de manière abusive, voire illégale à leurs parents, et qu’elle laisse dans la plus grande détresse. 

Révélée par plusieurs rapports parlementaires et institutionnels, l’ASE est jugée inefficace en raison de défaillances structurelles majeures. Bien que le système dispose d’un budget colossal de plus de 11 milliards d’euros par an, la prise en charge des enfants stagne et la chaîne de protection est saturée à tous les niveaux.

  •  Le secteur souffre d’un manque criant d’attractivité à cause des conditions de travail dégradées. Les travailleurs sociaux sont débordés.  
  • Pour pallier la pénurie, des personnes non formées sont parfois engagées. 
  • Le nombre de familles d’accueil chute. Cela conduit à l’hébergement de mineurs dans des structures non adaptées. 
  • La gestion de la protection de l’enfance est répartie entre l’État, les départements et des associations sous-traitantes. (Manque de coordination.)
  • La parole et les souhaits profonds des enfants placés sont rarement pris en compte au cours de leur parcours.
  • À 18 ans (ou à la fin des contrats jeunes majeurs), l’accompagnement s’arrête de manière abrupte.

Conséquences sociales lourdes : Environ 70 % des enfants placés quittent l’école sans diplôme, et près d’un sans-abri (SDF) sur deux en France est un ancien enfant de l’ASE. 

De nombreux jeunes basculent vers la délinquance par manque de repères et de suivi éducatif. 

50 % des jeunes placés en dehors de leur famille légitime subissent des agressions sexuelles à longueur de placement. 

80 % des prostituées mineures viennent de l’ASE. 

Le problème n’est pas exclusivement français. Le film primé au Festival de Cannes 2026 (palme d’or) traitant de l’aide sociale à l’enfance et du placement d’enfants en Norvège intitulé « FJORD » et réalisé par le cinéaste roumain Cristian Mungiu pose très bien le problème des divergences qui émergent entre institution toute puissante et famille sous l’angle idéologique et civilisationnel. Ce film a obtenu en France des critiques contradictoires en raison précisément de l’adhésion à une pensée unique et irréfutable. 

Repenser la protection de l’enfance

Les comparaisons européennes invitent à investir davantage dans la prévention et à privilégier, quand le placement s’impose, l’accueil chez un proche ou au sein d’une famille, plutôt qu’en établissement. En Belgique ou aux Pays-Bas notamment, l’accueil familial est le premier choix. Dans notre pays, la tendance est inverse, les chiffres de la Drees le montrent : les enfants confiés directement à un « tiers digne de confiance » (grands-parents, oncle, tante, ami de la famille…) sont une minorité, 17 900 mineurs sur 206 800 mineurs et jeunes majeurs. Il serait temps d’ouvrir davantage le système à des solutions alternatives, de responsabiliser les acteurs et de s’inspirer de modèles étrangers qui privilégient la prévention.

Derrière tous ces cas, enseignement, éducation, soins, la question de la démocratie se pose.

En Bref

Brèvinfo du 8 novembre – Ouverture de l’A69 : retour sur 4 années d’une lutte farouche et inventive

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel & Militant

Lettre d'informations

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Cycle de conférences géopolitiques « 3 jours pour comprendre le monde »

À jeudi 12 novembre pour la cantine !

Lumir Lapray détaille les recettes de la victoire contre Trump, transposables en France

Troisième chantier de pédagogie sociale les 13 et 14 novembre à Béziers

Ouverture de l’A69 : retour sur 4 années d’une lutte farouche et inventive

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

1 604 962 visites

8 novembre 2026 20:14