Comment des collectifs locaux font capoter des projets écocidaires, Gaëlle RONSIN, socio-anthropologue, Gabrielle REY et Juliette PIKETTI-MOINE, chercheuses en sociologie
Partout en France, depuis des décennies, des gens se lèvent pour défendre leurs lieux de vie, une forêt promise à un contournement routier, une rivière sacrifiée à la production hydroélectrique… Des dizaines d’hectares de terres agricoles, des bois ou des cours d’eau ont ainsi été sauvés du béton grâce à la détermination de collectifs. Une bonne partie de ces résistances sont tombées dans l’oubli, éclipsées par les victoires symboliques et médiatiques du Larzac ou de Notre-Dame-des-Landes.
Ces oublis mènent à des écueils récurrents :
D’une part, chaque génération se croit la première à agir contre les destructions environnementales, de l’autre chacune croit qu’il ne s’est rien passé avant, et les moyens mis en œuvre dans le passé restent ignorés.
Dans les luttes recensées ici, tous les groupes ne se réclamaient pas de l’écologie, certains se battaient pour conserver leur travail, pour ne pas être expulsés de chez eux, pour avoir un mot à dire sur le futur de leur territoire.
Une partie de ces actions s’est appuyée sur la base de données de la revue SILENCE, conservée depuis 40 ans. Ses journalistes militants ont accompagné et documenté les camps climat, les ZAD, les résistances aux petits et grands projets inutiles en France et dans les « Outremer » (ainsi qu’on nomme les anciennes colonies françaises).
Dans la dernière partie de l’ouvrage, après une analyse des stratégies déployées, une réflexion est menée sur l’après-victoire, car la victoire n’est jamais assurée dans le temps, il faut continuer à veiller sur les lieux sauvegardés et vérifier si les mêmes nuisances ne se sont pas déplacées ailleurs.
Édition SILENCE/PAYOT 2026. 205 p. 18 €
Au cours des prochaines semaines, nous vous proposerons les récits de luttes oubliées ou restées méconnues, hors de leur région et qui ont réussi durablement.










