Les générations précédentes brillaient par leur masculinisme, la nouvelle vague du web et de la télé facho est en partie féminine. Au-delà de cette différence, les thématiques et la façon de faire reste la même : pilonner par tous les canaux possibles une galaxie d’ennemis.
(7). La nouvelle vague du web et de la télé facho : Thaïs d’Escuffon.
Née en 1999, Anne-Thaïs de Tertre, alias Thaïs d’Escuffon, a débarqué dans l’espace public dans le sillage de l’organisation dont elle fut la porte-parole : Génération identitaire (GI).
Cette nouvelle appellation d’un même groupe suprémaciste blanc successivement appelé Jeunesses identitaire, Bloc identitaire et Génération identitaire (au gré des interdictions ou des fâcheries internes), s’est distingué par son sens aigu de la communication et de l’agitation-propagande.
C’est d’ailleurs à l’occasion de l’une de ces communications d'agitation-propagande que d’Escuffon se fait remarquer.
Militante dans la section toulousaine de GI, elle participe en 2020 à un « happening » d’extrême droite, en marge d’une manifestation contre les violences policières à Paris.
En plein émoi international après la mort de George Floyd aux États-Unis et la naissance du mouvement « Black live Matter », le groupuscule GI déploie une banderole affichant « Justice pour les victimes du racisme anti-blanc, White Lives Matter ».
Hués par la foule, exfiltré par la police qui leur évite la garde à vue le groupe GI s’en sort avec une tape sur les doigts et une grosse notoriété dans le milieu identitaire.
D’Escuffon est la première à en bénéficier. Photographiée trônant au-dessus de la banderole, fumigène à la main, elles devient volontairement la nouvelle star de la fachosphère.
La jeune femme met rapidement à profit cette nouvelle notoriété, sur les réseaux sociaux et en intégrant l’empire médiatique de Vincent Bolloré.
En janvier 2021 elle intègre l’émission politique « Balance ton post ! », animée sur C8 par Cyril Hanouna.
La génération d’ultradroite des années 2020 met un pied dans les médias grand public. Elle sera bientôt comme chez elle sur les chaînes du groupe Bolloré, et notamment chez Hanouna.
Les nouveaux visages de l’ultradroite y ont pignon sur rue au titre d’un argument qui va faire tache d’huile : « Ici on donne la parole à tout le monde ». En 2024, d’Escuffon est toutefois mise à l’écart de la radio « Europe 1 » où elle était chroniqueuse.
Il faut dire que le pedigree de l’égérie fasciste n’est pas allé en s’adoucissant.
Elle se réinvente en influenceuse masculiniste et antiféministe qui commente sur BFMTV le viol d’une jeune femme par un homme frappé d’une OQTF le 18 décembre 2023.
Cette tragique histoire lui permet d’affirmer en direct que « le principal danger pour les femmes vient des hommes immigrés africains, noirs et arabes ».
Une position refusée à Europe 1 mais qui a droit de cité dans l’univers Bolloré.
Univers très complaisant puisque l’influenceuse bénéficie, pour tourner ses vidéos, des services de la société de production « Progressif Media », dont Bolloré est actionnaire
Cet article est une recension du livre de Thomas Rozec « La mytho des fachos » paru aux éditions Binge en mai 2026. Je vous en recommande vivement la lecture intégrale et l’achat.









