Édito – Les villes ont leurs morts

le 25 octobre, 2026


Le 8 avril 2020 un citoyen de Béziers, Mohamed Gabsi, est interpellé pour non-respect du confinement par la police municipale, dont le rôle et les effectifs se sont accrus depuis l’élection de Robert Ménard. Le jeune homme de 33 ans sous cocaïne et présentant des troubles psychiatriques, fait une crise. Il est longuement plaqué au sol sur le ventre, puis transporté avec un des policiers assis sur lui. Il était mort à son arrivée au commissariat.

Mais ces morts invoquent d’autres morts dans le monde.
Le 25 mai 2020 Georges Floyd, un homme afro-américain, meurt dans des circonstances similaires à Minneapolis.
La mort de Mohamed Gabsi comme celle de Georges Floyd sont provoquées par un système.
En 2021 un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a mis en évidence un fonctionnement systémique dans le monde de violences policières sur des personnes afro-américaines dans 3 situations récurrentes : en cas de délits mineurs et perquisitions et fouilles de véhicules ; de crises mentales ; et d’opérations de lutte contre les stupéfiants et les gangs.


Un rapport d’Amnesty International de 2011 condamne la pratique par la France de plaquage ventral, identifiée comme « hautement dangereuse pour la vie. La liste est longue de décès impliquant un plaquage ventral dans l’Hexagone. En juin 2007, Lamine Dieng. En octobre 2007 Mohamed Saoud. En 2008, Hakim Ajimi. En 2009 Mohamed Boukrourou. En septembre 2011 Serge Patouche. En septembre 2014 Abdelhak Goradia. En mars 2015 Amadou Koumé. En 2016 Adama Traoré. En 2020 Cédric Chouviat. En 2021 Saïd M’Haïdi.
Plusieurs de ces victimes présentaient un handicap, des troubles mentaux ou du neurodéveloppement, d’autres présentaient des addictions. Ils ont pu traverser une crise aiguë au moment de leur arrestation.

Ces morts se produisent dans le cadre de sociétés où s’exercent racisme et validisme, les violences policières n’étant que le reflet de ces oppressions, mais n’en régulant pas les effets -bien au contraire-, ce qui devrait être fondamentalement l’un de ses rôles. Ce racisme dont on a pu voir ses effets meurtriers à Trappes vendredi ou ce validisme lors de la mort en direct de Raphaël Graven. L’arrestation d’une personne racisée et/ou porteuse de handicap comporte statiquement des risques accrus de décès.


Concernant l’affaire Mohammed Gabsi, le jeudi 7 mai 2026, la cour d’appel de Montpellier a décidé d’envoyer en correctionnelle, et pas au pénal, un seul des trois policiers incriminés lors de cette arrestation violente, celui qui a posé son genou sur la victime.
C’est ce vendredi 30 octobre à 9h au tribunal judiciaire de Béziers que se tiendra son procès. Le comité de soutien de la famille invite les citoyens et les citoyennes à assister à l’audience et se rassembler devant le tribunal.


C’est un policier qui sera à la barre. Mais la question de la systémie des violences policières se pose, de la systémie des violences racistes et validistes de toute notre société.

En Bref

Brèvinfo du 26 octobre – Alliance de la police et des fascistes à Montpellier

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