À la fois familières et distantes, les œuvres d’Alexandra Roussopoulos et de Laure Tiberghien interrogent le monde sensible à travers la couleur et la lumière. L’exposition s’inscrit dans le prolongement d’une première rencontre, à Paris, lors de l’exposition Prologue, en septembre 2023, sur une invitation de Christian Aubert. Les dessins, peintures, carnets, livres et photographies des deux artistes se répondent alors de manière intuitive. Cette première confrontation laisse place aujourd’hui à un dialogue plus profond, nourri par le temps, l’écoute et l’observation mutuelle.
(…) Entre leurs œuvres, un dialogue réengagé à l’endroit de leur désir commun, celui de saisir le monde sensible, le monde perçu, sans la volonté définitive d’en donner une représentation, une illustration. Non, plutôt un mouvement, un souffle, une sédimentation, captés, dans un instant qui dure, par le geste de l’artiste, qu’elle soit peintre ou photographe. Il n’y a pas non plus d’abstraction, ni chez l’une ni chez l’autre, le rapport au monde est concret, physique, mais le réel, en quelque sorte, échappe. Il se reconfigure par des sensations : celles d’un paysage mouillé, brouillé ou celles d’un éclatement diaphane et vibratile(…). Sally Bonn, Traversées (extrait),2026.
Illustration : Alexandra Roussopoulos et Laure Tiberghien (visuel créé pour l’exposition)