Environnement

« Que faire ? » C’est la question que l'on peut rapidement se poser dans ce contexte de réchauffement climatique et de destruction du vivant. Le constat est sombre, l'inaction des responsables politiques et économiques, flagrante! On est face au mur ! Le déroulé des différentes COP et celui de l'actuelle COP 26 ne peuvent malheureusement que le confirmer. Se résigner se serait perdre cette volonté de vivre. Alors ! Que faire ?

Un jugement récent de la Cour d’Appel de Toulouse (1) vient, pour la première fois en France, de reconnaître qu’un parc éolien industriel apporte un trouble de voisinage qui doit être indemnisé. Le jugement intègre même une reconnaissance de ce que l’on appelle le syndrome éolien : une atteinte à la santé causée par la présence de ces éoliennes.

Pour tous ceux qui se battent pour faire reconnaître les nuisances de ces installations industrielles pour les humains et non seulement pour les chauves-souris et les oiseaux, c’est une victoire importante dont on peut penser qu’elle aura des conséquences pour les combats futurs.

Cependant cette affaire pose d’autres questions : d’une part quant à la responsabilité des promoteurs vis-à-vis de leurs filiales, d’autre part sur la légitimité de certains d’entre eux en particulier les Sociétés d’Économie Mixte (SEM) contrôlées par des villes ou des départements qui investissent hors de leur aire de compétence territoriale.

Qui est responsable de quoi ?

Les requérants, vivant dans le Tarn, avaient mis en cause les deux sociétés exploitantes - Sasu Margnès et Sasu Singladou – (Société par actions simplifiée unipersonnelle) ainsi que leur maison mère qui les possède à 100%, la SA d’économie mixte 3D Énergie, créée par le syndicat intercommunal d’énergie des Deux Sèvres.

Or le juge écarte la responsabilité de 3D Énergie par une pirouette étonnante et ne condamne que les deux coquilles vides que sont Margnès et Singladou. Cette décision est d’autant plus intrigante que le tribunal reconnaît que 3D Énergie a été autorisée par le SIE des Deux Sèvres à acheter ces deux sociétés, qu’elle les dirige et que sur son site Internet elles sont bien répertoriées comme faisant partie de ses réalisations. Tout cela ne semble pas suffire pour prouver la responsabilité de la maison mère.

Pour comprendre sa portée, il faut savoir que les promoteurs n’exploitent jamais directement leur parc. Ils créent systématiquement des filiales à 100%, au capital dérisoire et sans personnel. Pour échapper aux procédures d’appel d’offre, ils scindent les parcs comme dans le Tarn. Ils bénéficient ainsi d’un prix d’achat de l’électricité garanti supérieur à ce qu’ils auraient obtenu dans le cadre d’un appel d’offre.

Les éoliennes sont conçues pour fonctionner une vingtaine d’années au-delà desquelles il faudra les démonter et remettre le terrain en l’état. Ceci coûte très cher et bien sûr les promoteurs essaieront de s’en exonérer (les provisions légales pour démantèlement sont de l’avis de tous largement insuffisantes). Si les deux microsociétés propriétaires et exploitantes de ce parc éolien font défaut, 3D Énergie sera-t-elle responsable du démantèlement ?
A lire les attendus de ce jugement il semble que non, puisqu’elle n’est pas jugée responsable des nuisances. La commune de Fontrieu se retrouvera-t-elle avec une friche industrielle sans possibilité de recours ?

Les SEM sont-elles des promoteurs comme les autres ?

Bien que la ministre de la Transition Écologique ait rappelé, suite à la question d’un sénateur, que les syndicats d'énergie accompagnent la mise en œuvre de projets sur le territoire départemental, en proximité et en relation directe avec les populations, cette mission de proximité semble avoir été oubliée par le SIE des Deux Sèvres. Lorsqu’il crée 3D Énergie c’est avec comme premier objectif une capacité de production de 32 Mw. Aujourd’hui cette société possède en France 8 parcs éoliens dont ceux de Margnès et du Singladou qu’elle a racheté à Valeco (lui-même racheté depuis par le géant allemand EnBW). Nous sommes bien loin des Deux Sèvres et de projets construits en relation avec la population !

 On trouve un cas de figure similaire avec Gaz électricité Grenoble (GEG), qui n’est pas un SIE mais une Société d’Économie Mixte dont la ville de Grenoble est actionnaire majoritaire en association avec GDF Suez et qui se présente, sur son site, comme une société locale de distribution d’énergie. Dans le domaine de l’électricité elle contrôle à ce jour 11 centrales hydro-électriques, 24 parcs photovoltaïques et se lance dans l’éolien avec le repowering d’un parc à Rivesaltes (66) et 12 autres sites en devenir. Elle envisage aussi le rachat de 35% du capital d’un projet dit citoyen près de Millau.

A travers ces deux exemples parmi d’autres on ne peut que s’étonner d’une dérive de structures en principe destinées à œuvrer sur leur territoire qui se lancent dans la course aux profits engendrés par les énergies renouvelables un peu partout en France au gré des opportunités économiques. La tendance est forte et se traduit souvent d’abord par des prises de participation dans de petits projets existants sur leur territoire pour se développer ensuite dans des stratégies qui n’ont rien à envier à celles des promoteurs privés. Tout ceci se faisant au nom de la participation à la transition énergétique et sous un label citoyen.

Il est dit sur leur site que « les agents de 3D Énergie interviennent dans les établissements scolaires du département afin de sensibiliser les élèves sur les enjeux énergétiques et l’intérêt des énergies renouvelables pour notre planète. »

Les établissements scolaires en question pourraient inviter les riverains des éoliennes du Margnès pour que leurs élèves aient une vue globale du problème !


(1) Pour obtenir le communiqué et la décision de justice, contacter :
Jean Pougnet – 04 67 97 51 27 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Christel et Luc Fockaert avaient choisi ce coin de paradis, habitation et gîte rural rénovés dans un environnement préservé au coeur du Parc naturel du Haut Languedoc en zone ZNIEFF ( Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) et Natura 2000, avant qu'il ne devienne un enfer suite à l'implantation d'une centrale de 6 éoliennes industrielles.

La préfecture de l’Aude a récemment publié un texte censé orienter les futures implantations de parcs éoliens industriels dans le respect des paysages et de ce patrimoine commun qu’ils constituent. Le projet peut faire sourire quand on songe au massacre qui a déjà eu lieu dans les Corbières par exemple. 270 éoliennes ont été installées dans l’Aude dans le cadre d’un premier plan de gestion des paysages sans qu’on comprenne en quoi ce plan a protégé quoi que ce soit. Mais si on pouvait avoir encore des doutes il suffit de lire le texte en question pour en apprécier la perversion (1).

Je tenais à vous remercier pour le beau compteur Linky tout vert que vous m’avez offert. Pourtant je vous avais écrit à plusieurs reprises pour vous dire que je n’en avais pas besoin, que le compteur tout noir que j’avais, marchait très bien depuis plus de quarante ans et qu’il n’y avait pas de raison que cela cesse.

Dans La Dépêche, quotidien toulousain du groupe Baylet qui possède toute la presse grand public d’Occitanie, quand on fait un dossier sur l’éolien industriel il faut obligatoirement que l’on ait au moins une interview d’Agnès Langevine, vice-présidente de la Région en charge de la transition énergétique, au point qu’on pourrait se demander si elle ne fait par partie de la rédaction.

En juin 2021, la revue S!lence a publié son 500ème numéro. Créée en 1982, c’est la plus ancienne revue écologiste française encore en activité. La revue explore les alternatives concrètes et cherche à aborder tout sujet non seulement sous l’angle écologique et décroissant, mais aussi au regard du féminisme et de la non-violence. S!lence cherche à porter la parole de celles et ceux qui en France et partout ailleurs dans le monde mettent en place des alternatives: de l’agroécologie à l’habitat partagé, des éducations alternatives aux transports doux, des mobilisations féministes aux ZAD, en passant par les lieux de solidarité avec les personnes migrantes. C'est à Béziers, à La Cosmopolithèque, que S!lence a souhaité fêter son 500ème numéro.
Entretien avec Pierre Lucarelli, bénévole au sein de cette revue libre et participative.
 Propos recueillis le 26 juin 2021 par Robert Martin

Tout récemment à Béziers une grande affiche étalait son ventre nu et rond caressé amoureusement par une future maman. Le commentaire était : « son avenir est entre vos mains. Pour lui, nous planterons 5 000 arbres. » Rien à dire ; effectivement, une partie de la résilience au changement climatique qui est en cours et nous menace à court terme est dans le respect des arbres, des forêts dont l’étendue a grandement varié au cours des siècles, mais dont l’importance écologique était connue dès le XIXème siècle, avec reforestation.

Ne changez rien, continuez à consommer, à rouler, voler, regarder des films en streaming, tout va bien, l’électricité est là.

"Rien n'est impossible" : ce slogan est celui de l’agence Saatchi&Saatchi qu’Enercoop a choisi pour reprendre « sa vraie place, celle de leader culturel de l’électricité verte en France ». Hormis le fait que l’on ignorait qu’il y avait des leaders culturels de l’électricité verte et qu’Enercoop avait les moyens financiers de se payer une telle agence ayant pignon sur rue dans de nombreux pays et acheter des spots sur France Inter, France Info, Les Indés radio et Radio Nova, le message choisi pour reconquérir cette place laisse rêveur.

Novembre 2020 : la justice a acquitté Xavier – militant écologiste de L’Amassada contre les éoliennes industrielles et le méga transformateur de RTE à Saint Victor-et-Melvieu (12) - du délit de « jet de feuilles d’origine végétale sur personne dépositaire de l’autorité publique » lors de la manif à Rodez en 2017 (une vidéo prouve son innocence), mais le juge a cru bon de le condamner à une amende de 300 € pour port d’arme, à savoir un Opinel !

« À la demande du ministère de la Transition écologique, la Dreal Occitanie organise sur le territoire de la région une large consultation des acteurs de la biodiversité, dans le but d’alimenter la réflexion du gouvernement en vue de l’élaboration de la Stratégie nationale de la biodiversité 2021-2030. » Ainsi commence un texte de la Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement (Dreal), texte qui sur 12 pages tente de dresser un état des lieux des risques pour la biodiversité en Occitanie.(1)

Envie à Béziers commence une collaboration avec Jean Pougnet, dont les biterrois ont bien connu la plume dans Olé magazine. Membre du collectif TNE-OE – toutesnosenergies.fr, il produira une série d'articles consacrés aux politiques liées aux énergies renouvelables.

En décidant ces derniers jours de maintenir l’enfouissement de 44 000 tonnes de déchets dangereux en Alsace la soi-disant ministre de la transition écologique en rajoute côté incompétence gouvernementale. 44 000 tonnes de cyanure, arsenic, amiante, mercure . . . vont donc rester dans une ancienne mine de potasse à 500 mètres sous terre en Alsace dans la commune de Wittelsheim près de Mulhouse.

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