Une délégation du collectif Toutes Nos Énergies 34-81 était conviée le 4 août 2026 pour exposer les différentes critiques qu’elle porte concernant la future charte du Parc naturel régional du Haut Languedoc en présence de la présidente, des deux vices-président-es ainsi que de la responsable de la commission énergie et du directeur du Parc. Et c’est là que l’on a pu évaluer la notion que ces « décideurs » ont de la démocratie. Deux points suffisent à la résumer.
Récemment la Région a imposé le fait que, au sein du conseil syndical qui gère le Parc, les communes perdent la majorité au profit de la Région et des départements. Comme les citoyen-nes ont posé la question de cette dépossession des élu-es et habitant-es du territoire, la réponse vint : « celui qui paye commande ».
Mais comme c’était un peu violent (façon Bolloré), l’élu édulcora sa réponse expliquant que de toutes façons dans les votes il ne se souvenait pas avoir vu une opposition entre communes et Région ou département et que toutes les décisions étaient acquises à l’unanimité à l’exception, rare, d’une ou deux abstentions ou vote contre.
Donc on avait changé les règles mais ça ne changeait rien !
L’idée que la démocratie repose sur l’unanimisme avait disparu depuis les Républiques populaires du défunt bloc soviétique. Elle semble survivre en haut Languedoc. Porter ce consensus plein de non-dits et de rancœurs comme un gage de bonne santé démocratique relève soit de l’aveuglement soit de la mauvaise foi.
Autre fait significatif : devant la demande insistante du collectif de voir enfin advenir une assemblée (ou association) des usagers et des habitants du Parc avec de réels pouvoirs de proposition et de débat, les élu-es présent-es dirent y réfléchir (ils n’en avaient visiblement pas eu le temps au cours des 25 années précédentes d’existence !).
Ils avouèrent que la problématique était compliquée. Qui ferait partie de cette espèce de parlement du Parc ? des associations, des particuliers ? Et surtout, aveu d’une peur du citoyen, comment faire pour que ce parlement soit constructif ?
Dans l’idée d’un élu, un avis constructif c’est celui qui va dans son sens, avec une possibilité d’aménagements à la marge de son projet qui sentent bon la démocratie participative.
Donc nos élu-es et nos technicien-nes vont réfléchir aux filtres à mettre en place pour créer une assemblée qui surtout ne perturbe pas la belle harmonie qui règne dans ses instances.
On comprend que c’est difficile car les candidats ne seront ni la majorité silencieuse qui n’a que faire de la politique du Parc, ni, s’ils existent, ses supporters : il risque d’y avoir nombre de mouches du coche.
A de nombreuses questions sur l’eau, l’énergie, les forêts, les carrières, les mines, les paysages… les instances dirigeantes du PNR ont répondu qu’ils, elles, étaient « d’accord avec vous mais on ne peut rien, on ne peut pas contraindre » etc.
Effectivement la loi ne leur offre que peu de marge de manœuvre.
Leur seul levier pour eux serait de mobiliser la population pour créer un rapport de force et faire bouger les lignes mais visiblement ils ne veulent pas. Le peu de publicité autour des réunions publiques lors de la préparation de la nouvelle Charte en était un indice. Ils se demandent maintenant s’ils présenteront aux habitant-es la deuxième version avant l’enquête publique qui devrait avoir lieu au premier trimestre 2027.
Les associations ont deux solutions : soit jeter l’éponge devant tant d’inertie, soit faire à leur place ce travail d’information et de mobilisation sans attendre l’enquête publique.


























