Nous sommes féministes. Et aujourd’hui, nous sommes en colère.
Entendre un maire parler des femmes, de leur corps et de leur regard « à notre façon », puis conclure par un méprisant « tant pis pour les féministes à deux balles », ce n’est pas de l’humour. Ce n’est pas une simple provocation de féria. C’est un discours profondément réactionnaire.
Parce que derrière ces quelques phrases, il y a une vieille idée : celle selon laquelle les femmes devraient être respectées, désirées, habillées, regardées et finalement considérées… selon la façon dont les hommes le décident.
Eh bien non.
Nous ne sommes pas des objets de désir.
Nous ne sommes pas des silhouettes à regarder.
Nous ne sommes pas des femmes « comme il faut ».
Et surtout, nous ne sommes pas des féministes « à deux balles ».
Les femmes se sont battues pour voter. Pour travailler. Pour disposer de leur corps. Pour choisir leur contraception. Pour avoir le droit d’avorter. Pour vivre libres.
Ces droits ne sont pas tombés du ciel. Ils ont été conquis par des femmes qui, elles aussi, ont été méprisées, ridiculisées et traitées d’exagérées.
Alors oui, Monsieur le Maire, les féministes sont toujours là.
Et nous continuerons à parler, à nous indigner, à nous battre et à prendre toute notre place.
Parce que nos droits ne sont pas une tradition dont on peut disposer à sa guise.
Parce que la laïcité n’est pas une insulte.
Parce que l’émancipation des femmes n’est pas négociable.
Et parce que les femmes n’ont pas besoin qu’on les aime « à votre façon ». Elles ont besoin qu’on respecte leur liberté, leur dignité et leurs droits.
Nous ne lâcherons rien.
» Lettre ouverte au maire de Béziers, en réaction aux odieuses dernières affiches municipales »
« Monsieur le maire, vous affirmez partout que vous aimez les femmes. Mais que cache cette affirmation que vous répétez avec insistance ?
De quelle manière aimez-vous les femmes ?
Si l’on s’attarde sur les représentations de la femme que vous aimez mettre en avant sur vos affiches et dans le magazine de la ville, vous les aimez lorsqu’elles sont ligotées, attachées sur les rails d’un train. Vous aimez les femmes lorsqu’elles subissent la fessée, lorsqu’elles sont hypersexualisées, jambes écartées comme un poulet ou au décolleté plongeant !!! Vous aimez les femmes lorsqu’elles peuvent être l’objet des fantasmes des hommes ! Objet et pas sujet ! Vous aimez l’image d’une femme lisse, propre, belle, sans aspérités…
Vous aimez les femmes lorsqu’elles sont sages, innocentes, inoffensives, lorsqu’elles se taisent… En un mot lorsqu’elles sont soumises !!
Et si l’on pousse le parallèle avec la corrida, vous aimez les femmes comme vous « aimez » les taureaux, c’est-à-dire comme un morceau de viande qui vous fait saliver et que vous aimeriez bien vous mettre sous la dent !! Vous aimez les femmes comme un prédateur !!
Ceci n’est pas de l’amour, c’est de la prédation, du mépris ! Vous êtes un danger pour les femmes comme pour les animaux dont le sort ne vous préoccupe guère !!
Votre discours transpire de misogynie !!
Laissez nous vous remettre à votre place, nous, les féministes à deux balles qui refusons d’être soumises ! Nous, qui ne cherchons pas à être regardées mais à être entendues !! «
Les Rosies de Béziers




















