Ainsi donc not’bon maire se vautre dans la soue du plus vulgaire populisme : un bon vieux refrain régionaliste (restreint à SA ville, faut pas exagérer!) alors que monsieur parade toute la semaine dans les studios parisiens où il a son rond de serviette ; un petit couplet sur les femmes qu’ON aime (Moi je suis un mec, un vrai, et je parle aux mecs, aux vrais!), un autre sur la religion, au risque d’être hors la loi, puisqu’il n’a pas le droit de porter l’écharpe tricolore dans une manifestation religieuse, et puis, bien sûr, sur sa dernière affiche, l’immanquable référence culturelle (et quelle culture !) à Sardou, auteur des inoubliables chansons Je suis pour (la peine de mort), Le temps [béni] des colonies, J’habite en France etc.
C’est un jeu tellement facile de faire appel à la sensiblerie de la part de quelqu’un qui, en bon petit chef, maîtrise le discours, la parole, en use, en abuse et en arrive à dire n’importe quoi : « Oui, ici, nous continuerons à aimer les femmes, le corps et le regard des femmes, à notre façon ». Sardou n’est encore pas loin : « J’ai envie de violer des femmes, De les forcer à m’admirer… »
Tout ça pour vanter « l’identité biterroise » (devant plus d’un million de visiteurs « étrangers » cette année, soit 30000 de moins que l’an dernier quand même!).
L’identité biterroise ! C’est un peu comme « l’identité nationale » ! Tocqueville disait « chaque génération est un peuple nouveau » Gaétan Gorce écrit : « L’identité nationale n’est en effet pas une donnée de l’histoire ou de la tradition, mais une invention, une construction permanente. » (ici)
Mais, ça, ça a du mal à passer chez celui qui, chaque jour un peu plus aveuglé par la nostalgie de SON passé et la hantise du « grand remplacement », se permet de profiter de sa position de maire pour clamer son « refus de disparaître ». Sans compter qu’il utilise, en plus, des deniers publics pour faire sa minable propagande.
À se pavaner à longueur de temps dans les studios de désinformation, le petit chef a parfaitement assimilé les leçons de l’emprise sur les foules : flatter l’émotion, cajoler la fierté, câliner l’orgueil (Nous sommes un peuple fort, un peuple libre!), prétendre faire corps avec le peuple en parlant « peuple » « tant pis, si ça emmerde les bureaucrates, les Parisiens, les Montpelliérains. » Et surtout, surtout, ne pas faire appel à la raison, à l’analyse en parlant de diversité, de tolérance, de vivre ensemble.
Décidément, les définitions du petit Robert sont bien éloignées de celles que certains donnaient il y a 90 ans : « L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes… Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité… » Charlie Chaplin, extraits du discours final du Dictateur.


























